dimanche 12 février 2012

Vu sur le net / Le parfait manifestant

Depuis le temps que des générations de militants cherchent un manuel de bonne conduite en manif, on ne peut que saluer le texte de cette anonyme du Val de Suse, publié très récemment dans le journal italien "Invece".
En 20 points, tous les fondamentaux sont abordés, de l'habillement (fleuri, de préférence) aux slogans (sympathiques, c'est mieux). Une Bible, pas moins...
Rédigé par une dame italienne très respectable et nullement excitée, le texte qui suit est une réaction aux délires politico-médiatiques qui accompagnent la répression du mouvement « No-Tav », en lutte contre l'entreprise politico-mafieuse qui vise à détruire un peu plus le Val de Suse (TAV est l'acronyme italien de « train à grande vitesse »). 21 personnes sont encore en prison à la suite de la rafle opérée le 26 janvier en liaison avec les bagarres du 3 juillet (une manif avait marché jusqu'aux grillages protégeant le fortin de la police édifié là où devrait commencer le chantier).

Lire l'article : Le parfait manifestant

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Cet hiver-là...

Cet hiver-là fut terrible.
Certains s'en souviennent encore, ils étaient dedans, d'autres s'en rappellent peut-être, ça avait fait jaser.
Nous étions en 1997, et l'hiver avait cogné dur. Pendant des heures, quelques uns furent bloqués sur les routes.
Pour nous, qui habitions à l'époque dans le Berry, cet hiver-là fut une expérience, de celles qui sont indélébiles.
Nous avions passé les fêtes de fin d'année en Lorraine et à notre retour, nous découvrîmes une maison privée d'eau et d'électricité.
Tout avait gelé dans la jolie maison de location qui s'avéra être cyclothermique, si je puis dire : géniale l'été, une plaie l'hiver.
Cette année-là, les plombiers étaient débordés et nous eûmes quelques peines à être dépannés. Il se passa quelques temps, disons, où les douches durent être prises à la piscine municipale du coin, et où nous installâmes notre couche dans le salon, près de la cheminée.
L'expérience n'était cependant pas là.
Elle était dans le bail que nous avions signé pour louer la masure.
Un bail signé sans vraiment regarder ce que nous signions et qui nous réserva une surprise de taille : rédigé par un ami notaire de nos propriétaires, il était tellement ficelé, ce bail, que tout était de la responsabilité du locataire. Quoi qu'il se passât. Et en l'occurrence, si les canalisations avaient sauté, si l'installation avait pété, c'était pas parce qu'elle était vieille, usagée ou je ne sais quoi d'autre, non, c'était parce que ce fumier de locataire n'avait pas assez isolé la chose.
Nous tentâmes l'amiable, puis le contentieux.
Mais rien n'y fit. Et nous sortîmes de notre poche des deniers qui n'avaient pas spécialement été prévus pour rembourser.
Oui, cet hiver-là fut terrible. Après le dégel était venu le froid. Après le dégel était venu cette frustration citoyenne qui tue le bon sens face à l'expertise glaciale des hommes de loi.
Longtemps je me suis demandé si cette arnaque légale donnait bonheur à celles et ceux qui en étaient à l'origine.
Nous avons du coup gardé ce bail chef d'oeuvre, si habilement rédigé.
Comme un trophée.
Comme quoi on peut perdre et garder sa médaille.

Le marché du dimanche

Dans la série D'un dimanche l'autre, que dire de la semaine [06] comme c'est indiqué sur nos agendas.

Côté internet, quelques liens à vous soumettre. Et une phrase, notée en ce qu'elle en dit long sur l'état mental de nos "dirigeants". Signée Nora Berra, ministre, qui demande aux sans abris parce qu'il fait froid, d'éviter de sortir. Sinon, un article sur les imaginaires politiques en train de s'installer dans la campagne présidentielle. C'est là. Egalement un article sur le ensemble, que construire. Une jolie plume.
Côté initiatives, voyages, fuite ou au contraire retrouvailles, bien aimé dans sciences humaines l'article "la tentation du sac à dos". L'herbe est-elle plus verte ailleurs ? C'est ici.
Enfin, sur le site mieux-être, cette jolie déclaration, que j'aurais aimé écrire : Depuis de nombreuses années, j’écoute les musiciens, les cinéastes, les comédiens, les danseurs, les peintres, les sculpteurs et les romanciers. Chaque fois, je me rends compte que les artistes parlent bien mieux des êtres humains, avec leurs mots à eux, leurs mots simples, leurs mots de tous les jours, que les « psychistes » qui ont un vocabulaire spécialisé devenu langue morte. On peut lire l'article ici.

Sinon ? Quelques notes.

Sur mon lieu de travail, cette étrange sensation que les "gens" sont bien nerveux, ces temps-ci.
On sent que ça se bagarre sous les crânes. Ou plutôt que ça se bagarre mal. Les corps morflent. Et ils sont nombreux à déverser sur Pierre ce qui devrait être dit à Jacques. Mais comme ce n'est pas dit à Jacques...

Côté maison, dans le genre la suite, c'est évènement dans le quartier. Presque toutes les maisons, comme la nôtre, ont donc été visitées la nuit par un ou deux types en quête d'argent liquide. Du coup, entre voisins, à l'école, dans la rue, ça cause et ça commente. Je suis pour ma part estomaqué par la "méthode" des voleurs, qui ne lâchent aucune baraque, qui viennent quand les gens dorment et qui passent au peigne fin les maisons de quelques rues les unes après les autres. Avons appris qu'avant les fêtes, un autre quartier de la ville avait ainsi été ratissé.

Côté loisirs, c'était le cadeau anniversaire de gars de quatorze ans, avons passé notre samedi ici. Les enfants ont adoré. Les parents moins... !!! Je me suis mué du coup mué en observateur attentif à ces "temples" construits de toutes pièces et où rien ne manque pour, et c'est le mot, "créer une bulle".
De fait, on est placé sous cloche les pieds dans l'eau, entouré de palmiers, dans une chaleur toute tropicale. Ambiance très famille, on est ici à quatre, à six, à dix. On sent que le mot d'ordre est sourires entre soi, bon temps, etc. Je m'attendais à un univers très friqué. J'ai plutôt rencontré des gens qui, pour certains, ont économisé pour s'offrir ce séjour. Et souffler.

samedi 11 février 2012

Aujourd'hui, c'est chez Denez

Il est des voix et des musiques qui fascinent.
Parmi elles, Denez Prigent.
Un gaillard que je vous invite à découvrir si vous ne le connaissez pas.
Tendez l'oreille... Ecoutez cette voix qui s'élève et semble parler aux nuages... Et à la terre... Aux rochers... A l'océan...
Fermez les yeux...
Vous me direz si, comme moi, vous avez l'impression d'être connecté directement à l'univers. A l'humanité.
Voilà un artiste qui nous conte des histoires, celles de nos ancêtres, celles des générations futures.
Voilà un phare Breton.
Denez Prigent est du pur made in Finistère. Il chante en langue bretonne. Ses genres de prédilection sont le kan ha diskan, chant et contre-chant à danser, et la gwerz, chant dramatique racontant un fait historique ou un conte emprunté à la mythologie celtique.
Il s'est fait connaître en interprétant des chants traditionnels a cappella, puis en renouvelant la musique bretonne par des textes originaux accompagnés d'une musique mêlant instruments acoustiques et échantillons électroniques.
Pour en savoir, vous pouvez aller sur son site internet. Mais aussi cliquer ici. Et là.
Un joli portrait sur le site de Mondomix.
Ci-dessous quelques vidéos.
Bon voyage !

jeudi 9 février 2012

Pots de faire

L’un dit Indignez-vous
Et l’autre Taisez-vous
Mais dites qu’entendez-vous
A la fin, faire de nous ?

Pots de poussière broyés par pots de fer
Pots d’airain qu’en ont jamais rien à faire
Des pauvres de terre côtoyant galère
Des débris d’argile qu’on doit faire taire
L’un dit Indignez-vous
Et l’autre Taisez-vous
Mais dites qu’entendez-vous
A la fin, faire de nous ?

Les recherches de paix qui préparent les guerres
Sont des stratégies du monde d’avant-hier
Combats partisans et croyances sectaires
On ne tient debout que par nos guéguerres
L’un dit Indignez-vous
Et l’autre Taisez-vous
Mais dites qu’entendez-vous
A la fin, faire de nous ?

Que l’on crève la dalle ou qu’on grève de faim
On se croit pion d’échiquier divin
Marqué au fer rouge de Monsieur Destin
On courbe l’échine et attend la fin
L’un dit Indignez-vous
Et l’autre Taisez-vous
Mais dites qu’entendez-vous
A la fin, faire de nous ?

On s’fait croire que c’est l’Etat qui nous blouse
Mais ce n’est que notre état qui nous loose
On peut croyez-moi sans aucune picouse
Faire feu de tout bois, oublier son blues
Tous seuls indignez-vous
Nous serons Nous sans vous
Peut-être entendrez-vous
Ce qu’on va faire de Nous ?
Vos pouvoirs on s’en fout
Nous serons Nous sans vous
Notre vouloir c’est nous
Pots de Faire et c’est tout
Pots de Faire…
Et c’est tout !

Les uns, les autres, la route

Le trajet ordinaire, c'est une demi-heure. Là, neige oblige, les flocons sont tombés pile l'autre soir à l'heure de la sortie, ça m'a pris un peu plus de deux heures.
Bien au chaud dans mon cockpit, j'en ai profité pour écouter de le musique. Grignoter un Snickers. Et aussi... écouter la radio.
Cela m'arrive rarement.
Là, c'était le France Bleu local. Mandaté pour "faire la route ensemble". Idéal en cas de bouchon. On écoute l'animateur nous dire les dernières prévisions et nous expliquer ce que nous sommes en train de vivre. Surtout, le susdit donne régulièrement la parole à des comme moi, bloqués sur la route, qui témoignent. Josiane est à tel endroit et signale ceci. Marc est là. Il raconte. Et chacun d'inviter à la patience, à la prudence, non sans saluer les "gars du déneigement" qui se déploient.
Certains m'épatent. Ils sont à fond dedans. Doivent prendre des notes, c'est pas possible autrement.
Un grand moment de fraternité.
Devant moi, une voiture. Normal, on est dans un bouchon. Elle colle la voiture qui la précède. La colle tellement qu'elle ne permet pas aux autres à sa droite de tourner à leur gauche. N'y a pas l'espace. Une longue file se créé face à nous. Il eut suffit qu'elle ne bouge pas le coup précédent, qu'elle laisse passer. Ca n'aurait pas changé grand chose à son statut.
Toutes sortes de citoyens...
Ceci dit, on peut aussi lire ceci.

lundi 6 février 2012

Merci Arte

Vol dans le nid

Vraisemblablement, nous avons été "cambriolés" cette nuit.
Mais là n'est pas l'objet de ce billet, il ne s'agit pas de pousser des cries d'orfraie, tout ça.
Je me punis tout seul : la porte n'était pas à clé fermée (cette erreur, ce défaut de vigilance sera nonobstant rectifié dés ce soir).
Non, ce qui m'invite à griffonner ce petit mot en passant, c'est l'aplomb du ou des gars qui sont passés nous rendre une visite nocturne alors que tout le monde dormait dans la casa.
Un aplomb qui est allé jusqu'à laisser derrière le mur les porte-monnaie vides de leur contenu. Et même une montre. Et même un enregistreur mp3. Genre on veut que de la thune.
Aplomb, disais-je.
Car quand même, faut des nerfs pour aller chez les gens la nuit lorsque ces gens-là sont chez eux.
Il faut être sacrément sûr de soi (ou totalement inconscient) pour ensuite, sur place, prendre le le temps de  regarder le "butin" et de  laisser sur place ensuite ce qui n'intéresse pas.
Un reproche, quand même. A l'intention de le ou les gars.
Z'auriez quand même pu refermer la porte à repartant. Avec le froid de ces temps-ci, ça caillait ce matin quand je me suis levé.
Et puis une info, le ou les mecs : la thune, c'était celle des enfants. Leur argent de poche.
Et merde !

Vu sur le net / La tentation du sac à dos

Ils ont 18 ou 35 ans, s’offrent des billets 
sans retour pour l’étranger, et vont chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas en France : cursus, job, amour ou liberté. Qui sont-ils ? 
Que gagnent-ils à larguer les amarres ?
A lire sur le site de sciences humaines.
S'évader. La tentation du sac à dos - Anne-Laure Pommery

Question du fils

Maman, demande ce matin gars de 9 ans, je ne serai plus là, en 2158 ?
Vos réponses ?

Vu sur le net / La musique de l’amour

Depuis de nombreuses années, j’écoute les musiciens, les cinéastes, les comédiens, les danseurs, les peintres, les sculpteurs et les romanciers. Chaque fois, je me rends compte que les artistes parlent bien mieux des êtres humains, avec leurs mots à eux, leurs mots simples, leurs mots de tous les jours, que les « psychistes » qui ont un vocabulaire spécialisé devenu langue morte.

La musique de l’amour - Tomasella Saverio

dimanche 5 février 2012

Né un cinq février

Je me suis retrouvé dans les rues endormies parfaitement éveillé la paupière étrange, à gambader, à me dire, ça y est. Ca y est. Ca y est !
C'était au terme d'une nuit improbable, attendue, redoutée, finalement passée muscles endoloris entre un fauteuil amer et du mauvais café, de ceux qui tombent dans des gobelets après qu'on ait inséré des pièces. Madame était pour sa part entrée dans une sixième dimension, la peur jouant avec la douleur, l'inquiétude comme tatouée d'un embryon d'espoir, d'envie de voir enfin sa bouille et crainte qu'elle ne fut pas... Disons-le : elle fut.
C'était une nuit passée à tenter de se décontracter dans l'attente des contractions, l'oreille parfois collée au portable, échangeant avec les uns, prévenant les autres, les loins surtout. De ces nuits qui s'écoulent comme les gouttes d'une perfusion,  lentement s'étirent, aiguilles de l'horloge comme figées. Temps suspendu.
Alors aussi on arpente des couloirs médicalisés pendant que se mêlent des relents de soupe et d'éther, parfois quelques grincements, portes qui se ferment, bip bip, ronflements. Il en va ainsi des silences à plusieurs. De ces nuits navette, où l'on va jeter oeil interrogatif à la chambre, scruter, demander, deviner, aller, venir, s'étirer, s'époumoner.
De ces nuits où l'on ne trouve pas le sommeil parce qu'on ne le cherche pas. Il est inutile.Il n'est pas de saison.Envahi par l'événement qui est là, à fleur de peaux, à portée de ventre.
Niché, encore, et petit à petit enclin à sortir la tête.
Je me souviens que des heures durant, il se passa cette attente qui échappait à toute échelle rationnelle du temps et soudain, tout s'accéléra; comme on bascule dans une septième, huitième, dixième dimension. Je fus devant, je fus derrière, j'étais nulle part, j'étais partout. La vie s'invitait. Nous avions rendez-vous avec elle. Nous l'attendions comme un soleil à venir.
N'en louper pas une miette. Je notai tout et ne retint rien. Tout fixer dans la bobine, imprimer que dalle. Langage du coeur au pays des corps.
L'enfant né, je m'étais retrouvé plus tard dans les rues, hurlant ma joie, brandissant ma fierté, hagard, totalement ailleurs, bien dans cet ailleurs.
Je sautillais d'un pied sur l'autre, je ne me souviens même plus du temps qu'il faisait, la cinquième saison s'était installée. J'esquissais juste une danse improbable, connue seulement de moi-même, issue des siècles précédents sans doute.
J'étais ici, j'étais ailleurs, j'étais la terre, l'enfant était venu, il était là, tout s'était "bien" passé.
Il faisait doux, évidemment. Né un cinq février. Fier comme artaban.

Le marché du dimanche

D'un dimanche l'autre. Que dire de cette semaine qui vient de s'écouler à travers quelques liens internet notés ça et là. Que ressort-il de cette semaine ?

D'abord le froid qui a donc déboulé au dernières lueurs de janvier, d'un coup, et comme toujours, voilà que la société et moi avons pensées pour celles et ceux qui n'ont pas demeure, pas chauffage. Côté présidentielle, on évoque largement le logement, c'est à qui se précipitera pour clamer son désir de changer les choses dans ce domaine.
Un domaine, rappelons-le, qui met hors la loi en toute impunité un certain nombre d'élus de la république, dont on se demande si à la longue, ils ne finissent pas par être des gestionnaires et c'est tout. Pas toujours de très bon gestionnaires, donc.
J'ai aussi lu que d'autres alibis rigoureux pointaient le bout de leur nez et que si le prisme ne changeait pas, on n'allait pas sortir aussi facilement que cela de l'auberge. On peut en tout cas affronter le frimas en chansons.

Ensuite noter que la Saint-Valentin approche, maintenant que les fêtes, les soldes, la frangipane et les crêpes sont (déjà) derrière nous. Et que c'est occasion non de se précipiter dans les échoppes pour l'annuel cadeau à la dulcinée, mais pour se pencher quelques instants sur un dossier qui évoque l'amour courtois.
Au menu : une évolution sociale à travers l’idéalisation de l’amour est surtout le besoin d’une élévation morale et du dépassement de soi. L’homme médiéval cherchait à transcender la matière afin de hisser son esprit dans les sphères d’un plaisir hors du commun, un plaisir qui lui permettait de cultiver patience, maîtrise de soi, humilité, fidélité, savoir-vivre. Les troubadours, hérauts d’une façon de vivre plus civilisée, plus policée, tentaient d’extirper leurs semblables de la brutalité et de la grossièreté propres à la société féodale. Or si le projet d’un amour idéal a échoué sur un long terme, il semble qu’il ait néanmoins permis à l’homme du Moyen-Âge d’adoucir ses mœurs et d’envisager doucement le raffinement de la Renaissance.

Côté environnement, j'ai noté, lard ou cochon ?, que l'idée d'une ONU de l'environnement fait son chemin. Et que côté nucléaire, si on ne nous dit pas tout, on nous en dit davantage progressivement. Du coup, rêvons à la Lune. Sans rapport avec la semoule, un article sur ce qui a changé cinq ans après la loi anti-tabac. Quelques surprises. Toujours sans rapport, mais cette fois parlons bouffe, et malbouffe, et tant qu'à faire, bonne bouffe.En découvrant ce site et en lisant ce site. J'aime en tout cas cette idée : Contrairement aux idées reçues, il est possible de nourrir tous les habitants de la planète sans nuire ni à notre environnement ni à notre santé.

Enfin, noté ici ceci : le radicalisme rigoureux peut conforter la pensée, il peut tuer l’activisme. Il y a des compromis qu’il ne faut surement pas faire pour ne pas basculer dans la réversibilité de l’action ou du programme, reste à savoir lesquels, mais il en est qui pourraient bien devoir être nécessairement faits pour rester en masse progressiste et progressive, reste à savoir lesquels.

samedi 4 février 2012

Aujourd'hui, c'est chez Gabriel

Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous un des chanteurs que je prends de plus en plus de plaisir à écouter.
Il y a une voix, unique, dont j'aime comme elle se charge d'émotions et sait nous les transmettre.
Il y a des paroles, qui disent le temps, les saisons, la Loire même.
Et il y a des sons, qui font une ambiance, mieux qu'habiller ces paroles et cette voix.
Ce chanteur, c'est Gabriel Yacoub. Pas le plus connu de tous.
Il a eu une vie avant, c'était avec le groupe Malicorne notamment.
Il conduit une carrière solo. Et parallèlement, accompagne, guide, fait découvrir d'autres artistes.
J'aime ces chanteurs qui portent un univers, l'ouvrent sans cesse, et surtout le partagent. Avec une douceur qui n'empêche pas gravité. Et une gravité qui n'obère pas sourire.
En 2008, 7 ans après son précédent disque (un délai qui paraît-il s'explique par la perte des maquettes de ses nouvelles chansons dans l'incendie de sa maison qu'il évoque dans Souvenirs oubliés"), il  publie De la nature des choses. De la belle ouvrage.
Sa bio sur wikipedia est ici. Egalement un très belle interview là. Et enfin le site d'un adepte.

Si vous avez envie d'écouter, ci-dessous quelques vidéos.

Sudbury Valley School

Une école Sudbury ça ressemble à ça. Il y en a partout dans le monde (2 en Belgique, en Allemagne, au Japon, etc) mais pas encore en France. Si vous connaissez Summerhill en Angleterre, c"'est le même genre, ou le Lycée auto-géré de Paris.

vendredi 3 février 2012

Les chaussures italiennes




C’est le roman que j’ai aimé lire en 2011. Loin, (très loin) devant les autres.
Je n’ai pu en fin d’année passée écrire le billet que j’aurais aimé partager avec vous.
Aussi, je vous en livre les premières lignes.
En cliquant sur votre moteur de recherche, vous pourriez en savoir plus, mais cela serait dommage. Partir, dans ce roman d’Henning Mankell, ce n’est pas seulement pour les Baltiques mais pénétré page après page les thèmes qui font (où ne font pas) la vie d’un  être.
J’y ai personnellement retrouvé  les thèmes qui me sont chers dans ma démarche de résilience et si j’ajoute que l’écriture est à la fois simple et très belle, je vous aurais peut-être donné envie de lire Les chaussures italiennes

Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.
Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui
qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des
deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la
solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace
chaque matin. Si quelqu’un, posté sur les eaux gelées
avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour
un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme
nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train
de creuser un trou ?!
Au fond je l'espère peut être, ce quelqu'un, ombre
noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et
se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il ne
soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver, en tout cas,
c'est inutile. Je n'ai pas de projet de suicide.

Henning Mankell, Les chaussures italiennes. En poche dans la collection POINTS.


Ce cher modèle allemand

Ça cause pas mal du modèle allemand, ces temps-ci du côté de notre douce France.
C'est à qui nous expliquera comme c'est génial ce pays en phase avec l'arsenal du parfait candidat à la présidentielle.
Je veux dire celles et ceux qui causent règles d'or, rigueur, économie, déficits, tout ça.
Revers de la médaille ?
Il est peut-être à découvrir en lisant ceci :
L'industrieuse Allemagne menacée d'une épidémie de "burnout"?
On peut aussi bifurquer là, variation sur le même thème (la dépression, pas l'Allemagne) ?
"Et sur les indications du diable, on créa l'école.
L'enfant aime la nature : on le parqua dans les salles closes.
L'enfant aime bouger : on l'obligea à se tenir immobile.
Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées (...)
Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser.
Il voudrait s'enthousiasmer : on inventa les punitions"

Adolphe Ferrière, début du XXème siècle
Pédagogue

Le ruisseau

Ô que je m'en souviens, de ce petit ruisseau. Que je l'aimais, quelles que soient les saisons.
Comme on s'y glaçait les os, et les mains, et les pieds, à mesure qu'on s'acharnait à le faire chemin, où a en détourner le cours, avec de frêles constructions de bois, quelques branches, un peu de mousse, quelques cailloux.
Ô oui, comme il faisait froid les pieds dans l'eau, et que nous cheminions, aventuriers arrachant tant bien que mal feuillages et ronces, à l'abri des poissons et des limaces, nous écorchant la peau, gouttes de sang qui suintaient et que nous ramenions trophées.
C'était derrière le champ qui était de l'autre côté de la route qui était devant la maison.
Nous n'avions pas encore toutes ces années derrière nous, pas encore ces cicatrices à venir.
Un dimanche après-midi suffisait, c'était tout l'univers, qu'il fasse soleil d'été ou ciel bas d'automne.
Les champs riaient. Ils étaient remplis de rigoles dans lesquelles parfois nos chevilles vrillaient au détour d'un match de foot qui n'avait de foot que le ballon, tant il fallait dompter les éléments, herbes folles, boues tactiles, poteaux carrés et pieds hésitants.
La terre était rouge quand elle n'était pas boue. Il y avait de la mousse le long des arbres.

Source d'inspiration

 
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