samedi 10 mars 2012

Emprunt d'empreintes



De Philippe Djian

Et un / comprendre le monde

"Comprendre le monde d’aujourd’hui, c’est comme si tu cherchais une station de radio. Où est ce monde ? A partir de quel moment as-tu des chances de l’entendre et de le comprendre ? Tu prends le bouton du synthoniseur, ça crashe avant, ça crashe après, mais, au bout d’un moment, tu vas régler ça. C’est ça le travail d’un écrivain, c’est ça la langue : à un moment, tu atteins une espèce de pureté et d’exactitude par rapport au monde dans lequel tu vis. Et quand tu as trouvé ça, tu as peut-être des chances d’apporter quelque chose aux autres. Tu peux leur faire comprendre dans quel monde ils vivent."

Et deux / Vivre avec quelqu'un

"Vivre quarante ans avec une personne, ce n’est pas vivre quarante ans enfermé dans un truc, c’est vivre avec quelqu’un qui va avoir des périodes dans sa vie. J’ai vécu avec une femme de 16 ans, de 20 ans, de 30 ans… C’est la même, mais je comprends comment elle est passée d’un stade à l’autre et je comprends comment, moi, j’ai dû m’adapter à ces changements. C’est comme ça qu’on construit une vie avec quelqu’un."

Plus sur le net ici.

A voir sur le net / Neuf semaines avant l’élection

Neuf semaines avant l’élection

vendredi 9 mars 2012

Tu feras quoi quand tu seras grand ?

Si Léon a bien compris le raisonnement du candidat UMP à la présidentielle, l'idée est la suivante : une personne au chômage, on l'oblige à se former. Puis, formée, on l'oblige à bosser. Au passage, on l'obliger aussi à se former à ceci car c'est là que sera le boulot.
Léon trouve ce projet flippant.
Il s'étonne même que de tels propos passent ainsi comme une lettre à la Poste.
Et il se demande si après l'école obligatoire jusque 16 ans, des "esprits penseurs" ne seraient pas en train d'imaginer un pendant jusqu'à 62 ans.
Léon n'aime pas les gens qui n'aiment pas les gens et ne les voient qu'avec des allures de dossier qu'il faut ranger.Léon n'aime pas cette idée que le peuple fait chier les démocrates.
Il se souvient qu'enfant, on lui demandait souvent ce qu'il aurait envie de faire quand il serait grand.
Il se demande ce qu'on demandera dans quelques années aux enfants.
Mais Léon est bête. Sûrement que l'on ne demandera rien aux enfants, alors.

Vu sur le net / Comment le sexisme vient aux enfants ?

Consacrer une journée par an aux Femmes avec un F majuscule, c'est bien. S'interroger sur les racines d'inégalités persistantes, c'est mieux.
Lire l'article ici :
Comment le sexisme vient aux enfants ? - L'info buissonnière

Cinq ans, cinq semaines

Finalement, peu importent les moyens ?
Léon se dit en tout cas que c'est quand même bien, une période électorale en France.
Ici une entreprise sauvée.
Là une autre qui en fait ne fermera pas.
Plus loin une française emprisonnée au Mexique qui devrait miraculeusement être tirée d'affaires.
Le petit doigt de Léon lui dit que ça doit y aller, en ce moment, les "pressions" de toutes sortes.
Paroles d'un côté, actes de l'autres.
Et cette curieuse sensation, cette question, à la cantonade : mais que ne faites-vous tout cela tout le temps, les gens ?

Homo Politicus

Léon a décidément beaucoup apprécié la série télévisée Borgen, diffusée sur Arte.
Il a noté l'évolution du personnage principal, la manière dont la femme politique, la maman, la conjointe est peu à peu bouffée par sa fonction et devient une authentique femme de pouvoir, avec décisions, sacrifices et tout le toutim.
Il a trouvé les derniers épisodes de la première saison rudement bien faits. Pas loin de la tragédie.
Où l'on découvre les ravages de ces métiers du pouvoir, qui n'épargnent rien à commencer par soi-même.
Léon n'aimerait pas faire ces carrières-là.

jeudi 8 mars 2012

Mesdames

Léon a bien noté que le 8 mars, c'est la journée de la femme.
Il s'est renseigné. Cette journée a été créée il y a 102 ans.
A l'époque, c'était pour militer en faveur du droit de vote (des femmes). A l'époque toujours, un pays seulement le permettait : la Nouvelle-Zélande. Par la suite, une soixantaine s'y sont mis. Le dernier en date, ce sont les Emirats Arabe Unis, en 2006.
Léon est sur son séant et se dit que finalement, ces journées ont vraiment le mérite d'exister. Et de permettre 1) de sensibiliser encore et toujours, 2) de triompher pour qui le veut bien des idées reçues.
C'est qu'avant de se rendre sur ce site dédié, Léon trouvait que ça datait un peu, cette journée. Que la roue avait tourné, tout ça.
Oui. Mais non.

Vu sur le net / Etre femme aujourd'hui

Quels sont les modèles contemporains de la femme ? Peut-on parler d'identité féminine ? Où en sont les rapports hommes-femmes, que ce soit au travail, à la maison, dans la vie quotidienne ? La sexualité féminine s'est-elle vraiment libérée ? Quels sont les nouveaux combats à mener ? Les références théoriques à mobiliser quand on aborde ces questions ? A l'occasion de la journée internationale de la femme 2012, Sciences Humaines vous propose ce dossier web sur la femme au XXIème siècle.
Lire ici : Etre femme aujourd'hui, dossier web, Femmes, le choix des armes

mercredi 7 mars 2012

15 contacts

Léon baguenaudait sur le net, l'autre jour, et il est tombé sur cette "info" : des études démontrent qu'un enfant a parfois besoin de 15 contacts avec un aliment avant d'accepter d'y goûter. Elle suggère donc aux parents de persévérer et de faire preuve de patience.
Léon s'est demandé, en pensant à la courgette, par exemple, ou au poireau, si ce n'est pas le fait d'avoir justement trop insisté que papa et maman l'ont privé du goût de ces choses-là. Car sûr, ils ont été persévérants et ont fait preuve de patience.
Mais Léon n'est pas rancunier.
Il ne parlera pas, ici, de la morue aux câpres, des côtes de bettes ou des endives en gratin. Pas même il n'évoquera les tripes, rognons et autres abats qui ne lui donnaient qu'une seule envie : être morts puisque abattus.

Vu sur le net / La répartition des tâches domestiques

Lire tout l'article ici : La répartition des tâches domestiques:

En moyenne, les femmes consacrent 3h52 par jour aux tâches domestiques contre 2h24 pour les hommes, indique l'enquête Emploi du temps 2009-2010 de l'Insee.
A la maison, les hommes s'adonnent volontiers au bricolage (25 minutes quotidiennes contre 4 pour les femmes), au jardinage et aux soins aux animaux (22 minutes et 14 pour madame). Mais les femmes passent trois fois plus de temps que les hommes à faire le ménage, la cuisine, les courses ou s'occuper du linge et deux fois plus à s'occuper des enfants ou d'un adulte à charge à la maison. Cette dernière tâche tendant à être essentiellement prise en charge par les femmes, qui travaillent ou non. En schématisant, les femmes s'occupent, au quotidien, des tâches les moins valorisées et les hommes de ce qui se voit et ce qui dure. L'égalité dans la sphère domestique est beaucoup plus lointaine que dans l'univers professionnel. Les inégalités au sein du foyer ont des répercussions dans bien d'autres domaines pour les femmes, où elles sont freinées, de la vie professionnelle à l'engagement politique ou associatif notamment. C'est l'une des raisons qui explique l'essor du temps partiel féminin, mais aussi leur faible représentation en politique ou dans les instances dirigeantes d'associations. On retrouve ces écarts également dans les loisirs (temps consacré à la télévision, à la lecture, au sport...) : les femmes y consacrent en moyenne 3h46 par jour contre 4h24 pour les hommes.
- Pour en savoir plus : Depuis 11 ans, moins de tâches ménagères, plus d'Internet - Insee Première n°1377, novembre 2011.
- A lire sur notre site : Inégalité homme-femme : pourquoi ils ne passent toujours pas l'aspirateur ? Extrait du magazine Marie-Claire - janvier 2011.

Foot et présidentielle, deux matches en un

Léon a regardé en alternance le match de foot Arsenal - Milan AC, surtout la première mi-temps, et le match de Sarkozy sur France 2, surtout la seconde période.
Il a trouvé similitudes et trajectoires croisées entre les protagonistes. L'un est parti vite, l'autre diesel. L'un s'est cramé avant la fin, l'autre en est sorti plutôt requinqué.
Léon pense que Sarko va remonter la pente, il est lancé, cette fois.
Malmené au match aller, Arsenal a sauté sur tout ce qui bougeait et réussit en une mi-temps à remonter trois buts aux Italiens. Ce n'est pas rien. L'exploit était proche : il ne fallait alors plus qu'un seul but pour "égaliser" suite au match aller, les prolongations, tout ça. Mais après les citrons, épuisés, les anglais n'ont pas réussi et les italiens ont tenu le ballon. Et le score. C'est eux qui passent ce tour.
Pour le président candidat, la pugnacité n'était pas de la partie au début et Léon l'a trouvé un peu chiant dans le genre cocker limite malheureux. Chiant aussi lorsqu'il dit que les autres ceci, que les autres cela. Plus convaincant lorsqu'il est parle de son projet, de sa vision.
En fait, lui, il a été plutôt deuxième mi-temps, montant en puissance. Léon l'a alors trouvé sacrément costaud sur ses bases, comprenant que des gens puissent être embarqués par ce type.
Le débat avec Laurent Fabius fut d'ailleurs d'assez haute tenue. Dommage que le PC (président candidat) ait cru bon devoir mettre des coups sur les socialistes et DSK. Il n'en avait pas besoin.
Moralité : quand on joue son jeu, on est souvent meilleur que quand on met des tacles à hauteur de caniveau.
Moralité bis se dit Léon : quand ces types nous parlent de la France, de l'Europe, du Monde, c'est intéressant. Quand ils se piquent entre eux, ils nous ennuient.

mardi 6 mars 2012

Si près si loin et vice versa

Si Léon aime les polars et les thrillers, c'est la lecture, c'est du loisir, c'est de la fiction.
Il n'est d'ailleurs pas du genre à se vautrer dans les faits divers qui alimentent les gazettes locales. Pas sa tasse de thé.
Aujourd'hui, pourtant, il a plongé dans l'un d'eux. Et pour cause : il a appris qu'un des procès actuellement aux assises du coin concernait de plus que près une de ses collègues.
Dont la soeur a été assassinée il y a de cela trois ans maintenant. Un crime particulièrement odieux qui plus est.
Lisant tout cela, Léon en est tout retourné.
Il ose à peine imaginer le cauchemar traversé par la famille. Ce qui semble loin, parfois, c'est tout proche quand même.

Paint ball



Léon est parfois épaté par le choc des infos. Où l'on nage en pleines contradictions.
Ainsi le paintball. Non que Léon soit fan, après tout, il a joué en son temps aux cowboys et aux indiens. Et il aurait sûrement aimé dégommer des ballons de baudruche à la fête foraine avec une carabine qui fait bang.
Il peut comprendre. Mais d'un côté, il lit ceci. Et dans la foulée, prend connaissance de cela. Se demandant si... Et seulement si ?


Fragilité de l'ère

Prenant connaissance de l'épisode neigeux qui a frappé le Nord de la France, voyant ces images de routes coupées, de bouchons, de transports bloqués, Léon se dit que notre société si organisée, si fiable telle qu'affichée, n'est en fait qu'un colosse aux pieds d'argile, guère formaté pour le grain de sable.
La faille devient très vite précipice, qui se fracture dés qu'une anicroche se produit.
Le flocon pour rappeler l'effet papillon.
Pouf.
Tout cela, se dit Léon, voyant et lisant ces témoignages de gens vivant finalement une aventure, qui en ne pouvant rentrer chez lui, qui en restant coincé sur la route, montre comme nous ne tenons qu'à un fil avec nos organisations.
Une fragilité dans l'ère qui devrait inviter à plus d'humilité, finalement. Léon trouve que le confort a un effet chlorophormant.

Twit ô mon twit

Léon a soupiré ce matin. En prenant connaissance de cette « information » qui lui rappelle si besoin était qu’en toutes choses, il est nécessaire de relativiser.
20 132 562 personnes "suivent" la chanteuse Lady Gaga sur le réseau social Twitter.
Un record pour Twitter et l'extravagante star, néanmoins concurrencée par le redoutable Justin Bieber et ses 18 millions d'abonnés.
On a les priorités qu'on peut. Léon va se remettre au biniou.

Questions existentielles

Le père de Léon a une question qui a toujours interpellé Léon.
Cette question est : Tu es vraiment né à quel âge ?
Léon trouve que l'air de rien, c'est une incroyablement bonne question, pas si simple que cela en vérité.
Léon en effet a remarqué que l'on avait deux manières de répondre, avec pas le même résultat.
La première, c'est instantanément. Question, clac, réponse.
La seconde, c'est en prenant le temps de la réflexion. Question, réflexion, réponse.
Et alors c'est loin d'être évident.
Léon a pour sa part prolongé la démarche, en s'inventant une autre question, tout aussi pas si simple :-)
Cette question est : Là, maintenant, tu as quel âge  ?
Léon vous invite bien sûr à jouer.

Vu sur le net / L'Odyssée de Cartier

C'est de la pub mais fichtre, c'est de l'art aussi !



Beau film qui raconte l'histoire de la marque : la rue de la Paix et la place Vendôme, la panthère, emblème de Jeanne Toussaint, la grande dame de l'histoire de la maison Cartier, l'avion d'Alberto Santos-Dumont pour qui fut créée la première montre-bracelet, la triple alliance conçue par Jean Cocteau, et l'expansion en Chine, en Inde...

lundi 5 mars 2012

Détritus abrutitus

C'est un petit coin de verdure situé non loin de la départementale. Prairies, arbres, haies jouxtent le canal. Léon y passe, certains matins et aujourd'hui, juste avant le pont, son œil a été attiré par des taches blanches.
Quelques jours plus tôt, des malotrus sont venus se délester de leurs sacs poubelles divers et variés.
Léon n'aime pas quand la nature est ainsi souillée.
Pour lui, c'est loin d'être un détail. C'est même très révélateur d'un état d'esprit. On se débarrasse. On laisse derrière soi ses merdes. Et basta. Insupportable. Dans la foulée, on trouvera normal sans doute d'envoyer des scolaires nettoyer les berges afin d'être citoyens. Ou l'on paiera des agents de la mairie pour ramasser. Puis l'on râlera, de payer trop d'impôts.

1.jpg
 (c) Photos Libres

Ce n'est pas simple de nager

Le fils de Léon a un gros problème, le lundi.
Il a piscine. Avec l'école. Les enfants ont été répartis en plusieurs groupes. Le fils est dans le premier, il en est fier. Mais il n'arrive pas à suivre, il en est malheureux. Il n'ose pas demander à changer de groupe. Léon trouve cela d'autant plus fascinant que rien ne dit que la trouille soit de choper l'enseignant. C'est peut-être lié au regard des autres élèves, ceux du groupe un, la crainte d'être moqué, par exemple. En attendant, c'est appréhension le dimanche matin, crainte le dimanche soir, mal au ventre le lundi au réveil.
Ce n'est pas facile, de grandir, se dit Léon. Qui note la métaphore. Nager dans ce vaste monde...

43.jpg
(c)Photos Libres

Vu sur le net / Indignés : les nouvelles formes de protestation

Quatre années après la crise financière de 2007-2008, nous vivons une autre crise : celle de l’endettement, entamée avec la crise grecque, crise monétaire et donc politique. Dans une économie sans croissance, dans des pays européens à la dette souveraine écrasante, la population prend conscience qu’il faut s’attendre à des événements graves. Souvent dans une situation économique dramatique – le taux de chômage des jeunes en Espagne dépasse 40 % –, cette population retire sa confiance aux gouvernements. Or, dans ce contexte, il n’y a pas eu de soulèvement syndical ni de réponse politique.

Lire l'article ici : Indignés : les nouvelles formes de protestation - Justine Canonne

Citation


Le timide a peur avant le danger le lâche au milieu du danger le courageux après le danger
Johann Paul Friedrich Richter
(Mieux connu sous le pseudonyme de Jean Paul Richter)

dimanche 4 mars 2012

Neuf semaine avant...

 Léon a acheté par curiosité, et aussi par militance parce qu'il aime bien accompagner les initiatives lorsqu'elles créent de nouveaux médias, le journal "Neuf semaines avant les élections". Qui, cette semaine, deviendra "Huit semaines" et ainsi de suite. Coût : 1,50 €. Le journal se pose comme celui "qui ne parle pas des candidats".
Léon a bien aimé ce canard dont la une clame que la France s'impatiente. Il y a pas mal de choses à lire parfois dans des formats qui dépassent l'entendement en ces temps de brèves à outrance. C'est dit de manière décalée.
Le milieu du journal est un dessin assez impressionnant et tout aussi impressionniste. Un homme sur sa croix, qui fonce vers une muraille, il est entouré de murs...
Dans le prochain numéro, il sera question de l'ogre administratif.
Bigre !
En savoir plus ? Léon vous propose ce lien : cliquez ici. Et celui-là.

PNG - 266.1 ko

Le ruisseau

Ô que je m'en souviens, de ce petit ruisseau. Que je l'aimais, quelles que soient les saisons.
Comme on s'y glaçait les os, et les mains, et les pieds, à mesure qu'on s'acharnait à le faire chemin, où a en détourner le cours, avec de frêles constructions de bois, quelques branches, un peu de mousse, quelques cailloux.
Ô oui, comme il faisait froid les pieds dans l'eau, et que nous cheminions, aventuriers arrachant tant bien que mal feuillages et ronces, à l'abri des poissons et des limaces, nous écorchant la peau, gouttes de sang qui suintaient et que nous ramenions trophées.
C'était derrière le champ qui était de l'autre côté de la route qui était devant la maison.
Nous n'avions pas encore toutes ces années derrière nous, pas encore ces cicatrices à venir.
Un dimanche après-midi suffisait, c'était tout l'univers, qu'il fasse soleil d'été ou ciel bas d'automne.
Les champs riaient. Ils étaient remplis de rigoles dans lesquelles parfois nos chevilles vrillaient au détour d'un match de foot qui n'avait de foot que le ballon, tant il fallait dompter les éléments, herbes folles, boues tactiles, poteaux carrés et pieds hésitants.
La terre était rouge quand elle n'était pas boue. Il y avait de la mousse le long des arbres.

Source d'inspiration

 

Hubert-Felix Thiéfaine

Léon est content, ce matin. "SON" Hubert-Félix Thiéfaine a remporté deux victoires de la musique.
Si Léon était monté sur une scène pour lire une lettre ouverte qu'il aurait adressé à cet artiste, il aurait lu ceci :

Mon cher Hubert-Félix
Je suis très heureux que tu aies gagné.
Mais tu sais comme moi que si c'est cerise sur le gâteau, ces victoires, ni toi ni moi ni tous ceux qui t'accompagnent dans ta route depuis tant d'années autant que tu nous accompagnes dans la nôtre, la valeur n'a pas attendu le nombre des années.
Tu as mis de l'eau dans ton vin, et c'est rien de le dire.
Tu as rallié à toi de nouveaux suffrages. Nous savons que la vérité est ailleurs. Elle est plus profonde que cela et c'est tant mieux. Prenons les paillettes. N'en faisons pas tout un plat. Réjouissons-nous. Simplement.
Cher Hubert-Félix, puisque tribune enfin s'offre et que micros se tendent, je sais d'ailleurs que tu n'aimes guère ce registre parce qu'il ne dit pas les bois, les montagnes et les saignements, permets-moi simplement de te confier que si beaucoup t'ont et depuis longtemps catalogué chanteur morbide, et si, permets-moi également de te le confier, quelques unes des miennes relations m'ont parfois rallié dans ma fidélité indéfectible à tes productions, y compris les moins probantes, me disant, ah tiens, il bouge encore celui-ci, pour moi, tu es tout simplement l'ami qui susurre à mes oreilles, le compagnon de longue date qui sait dans un langage à nul autre pareil ouvrir des brèches dans les tamis, creuser des sillons dans la chair. M'expliquer le monde. Me montrer la vie. Un guide. Tu incarnes pour moi l'artiste, qui branche ses radars pour tout capter.
Au fil des années, je me suis aperçu que lorsque je t'écoutais, faisant tourner en boucle quelques uns de mes best of à moi de tes chansons à toi, c'est et c'était dans des moments de ma vie où je me sens et me sentais bien.
C'était comme le désir de partager ces moments avec un ami dont j'étais sûr de l'oreille, sûr de la parole.
Tu es de ceux qui m'ont donné envie de lire. Envie d'écrire. Qui m'ont fait aimer la musique, la chanson, le rock.
Je me suis souvent rêvé parolier, rien que pour t'arriver à la cheville. J'ai assumé grâce à toi une part de poésie que sinon je cacherais honteusement dans mon manteau.
Je pense que tu as tout compris et depuis longtemps des hommes, des femmes, de la société, du monde. Et tu le dis sans relâche, trouvailles de mots en bandoulière. Je pourrais rien que dans cette lettre multiplier les formules empruntées à tes chansons. A quelques uns de tes brûlots. Mais je n'en ferai rien. Cela reste entre nous.
J'ai souvent rêvé te rencontrer, te parler, poursuivre l'échange par-delà la scène et les disques, par-delà les chansons, poser mes yeux là où tu poses les tiens, regarder la forêt, sentir l'humus, croquer des champignons. Mais je ne bois pas. Je ne fume pas. J'ai toujours eu crainte de ne tenir pas la distance. Je suis épaté de te savoir aller si bien.
Je suis heureux que tu sois salué parce que tout simplement tu le mérites.
Tu nous a donné ta vie. Tu l'as offerte en partage. Et si tu te réclames souvent en Ferré, pour moi, tu es voisin de Brel. Ce n'est pas rien !
Je t'embrasse et te dis encore !
Bien à toi
Léon.

Déclaration d'impôt



Léon, en lisant quelques articles évoquant les présidentielles, se disait en ce dimanche matin qu'à tout choisir, il préférait être considéré comme un contribuable que comme un usager. Comme un participant de la grande affaire commune qu'est la collectivité que comme un consommateur de services publics.
Comme un citoyen, autrement dit.
Membre du peuple.
Il s'en sent honoré.
S'il n'y pense pas tous les matins en se rasant, déjà parce qu'il ne se rase pas tous les matins, n'en déplaise parfois à quelques uns de ses collègues qui ne peuvent s'empêcher la remarque, Léon aime assez ce qui est écrit dans la constitution française. Cette idée que l'impôt n'est pas un gros mot puisqu'il permet à chacun, en fonction de ses capacités contributives, de participer à la vie de la nation. Si c'est aussi compliqué que cela, c'est aussi simple que cela, pense Léon, qui n'a du reste jamais vraiment compris pourquoi peu à peu la TVA est devenue la machine à recettes de l'état et pourquoi l'impôt sur le revenu, lui, a été baissé tout au long de ces dix dernières années. Pour Léon, cette histoire d'impôt, c'est l'un des grands malentendus de l'époque. Il entend souvent des gens évoquer cela, dire je paie mes impôts. Comme si c'était un dû. Comme si cela derechef mettait l'autre en situation de devoir quelque chose. Mais tout le monde paie ses impôts. Même ceux qui n'ont pas de revenus. Ou pas assez. Léon se demande pourquoi ce malentendu est tellement entretenu. A qui profite le crime ?

V !!!



HFT.

Un portrait ici.

Une réaction de fan depuis toujours là. Une autre ici.

L'interview récemment publiée par Télérama, sur l'air du "Je suis un chanteur engagé mais je n'engage que moi" et du "Je suis l'ado qui ne veut pas mourir idiot". C'est là. Quelques moceaux choisis ci-dessous.

samedi 3 mars 2012

Notes de l'hebdomadairité (3)

[écrire un fragment de trois à cinq lignes pour les sept jours passés]


Samedi
Et soudain, se costumer. Pour certains changer de peau. Pour d'autres en rajouter une. 
Dimanche
Et alors, se lever. Soulever la carcasse. Croire la tignasse. Chercher ses godasses. Gorges âpres. Tempes nouées. Lendemain. Ôtez les costumes et sortez à poil. 
Lundi
Et alors, la route reprendre. Même chemin. Noter des différences tout de même. L'hiver se voit nettement dans le rétroviseur.
Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi
Bénir le temps de midi, faire la pause, prendre la pause.
Et alors, se poser. Bien au nid. La sieste fait comme des clins d'oeil aux nuits. Fait passerelle. Entre deux rives.



Notes de l'hebdomadairité (3)

[écrire un fragment de trois à cinq lignes pour les sept jours passés]


Samedi
Et soudain, se costumer. Pour certains changer de peau. Pour d'autres en rajouter une. 
Dimanche
Et alors, se lever. Soulever la carcasse. Croire la tignasse. Chercher ses godasses. Gorges âpres. Tempes nouées. Lendemain. Ôtez les costumes et sortez à poil. 
Lundi
Et alors, la route reprendre. Même chemin. Noter des différences tout de même. L'hiver se voit nettement dans le rétroviseur.
Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi
Bénir le temps de midi, faire la pause, prendre la pause.
Et alors, se poser. Bien au nid. La sieste fait comme des clins d'oeil aux nuits. Fait passerelle. Entre deux rives.



Friche ô ma friche

Léon, s'en revenant de faire ses courses, est passé devant ce qui était il y a quelques mois encore un petit supermarché.
L'enseigne a déménagé, construisant un peu plus loin son nouveau temple lumineux et d'orange teinté.
Léon s'est une fois encore offusqué de cette "ruine" laissée-là en l'état, délaissée, délabrée comme il se doit.
Il trouve cela insupportable et pense qu'une enseigne qui quitte ainsi un endroit pour aller un peu plus loin sûrement parce que c'est mieux devrait dans son programme être obligée de détruire elle-même l'ancien bâtiment.
Trop facile sinon.
Et coûteux pour le contribuable. Bien souvent, en effet, ce sont les communes ou les intercommunalités qui "récupèrent" ces lieux à charge pour elles de détruire ou de recycler.
A charge pour nous, se dit Léon. Pénible.

L'après

Ce que je n'aimais pas, c'était après. Après après. Après le concert. Après le temps des sourires, des bravos, des dédicaces. Je m'étonnais toujours qu'on ne comprenne pas plus à quel point j'étais fatigué, alors. Au-delà, je veux dire. Plus loin que la fatigue. Je ne sentais plus mon corps, ma voix, mes jambes me tenaient à peine. Je faisais de mon mieux. Et puis je tenais aussi parce que je redoutais cet après que je n'avais jamais vraiment réussi à dompter. Ce moment qui est comme une porte qui se referme. Ce moment amplifié par toutes ces portes qui se referment presque en même temps. Nous nous étions dits bonne nuit, à demain.
Souvent, je restais dos contre la porte.
Souvent, je me laissais tomber.
Le vide me tombait dessus. Il était rempli de silence. Rempli de la ventilation. Rempli de moi alors que je me sentais expurgé de tout.
Les gens imaginent toujours des choses. Même les proches. Beaucoup pensaient qu'on n'avait qu'à lever des filles et s'épuiser en dessinant sur leurs corps avant de s'effondrer et de se réveiller sur les coups de midi. Ce fut quelques fois le cas. Mais la plupart du temps, je me cognais cet océan de rien et je me sentais désemparé face à lui. J'avais tout essayé. Ecrire. Lire. Regarder la télé. M'endormir. Téléphoner. Surfer sur le net. Prendre un bain. Je ne faisais que me crever les yeux.
J'étais allé voir quelques psys qui tous m'avaient invité à la même chose, finalement. Accepter la situation. Accepter de me coltiner à moi-même. Je n'en avais ni l'audace ni l'énergie.
Les tournées étaient terribles pour moi. Ces villes, ces hôtels. Ce n'était pas la route, le pire. Ce n'étaient pas les balances et les courbettes le soir. Ce n'étaient pas les collations. Même les élus locaux qui parfois venaient faire un saut ne me dérangeaient pas.
Cet après, pour moi, chaque soir, c'était une mort.
J'étais fatigué de claquer ainsi tous les jours.

L'après

Ce que je n'aimais pas, c'était après. Après après. Après le concert. Après le temps des sourires, des bravos, des dédicaces. Je m'étonnais toujours qu'on ne comprenne pas plus à quel point j'étais fatigué, alors. Au-delà, je veux dire. Plus loin que la fatigue. Je ne sentais plus mon corps, ma voix, mes jambes me tenaient à peine. Je faisais de mon mieux. Et puis je tenais aussi parce que je redoutais cet après que je n'avais jamais vraiment réussi à dompter. Ce moment qui est comme une porte qui se referme. Ce moment amplifié par toutes ces portes qui se referment presque en même temps. Nous nous étions dits bonne nuit, à demain.
Souvent, je restais dos contre la porte.
Souvent, je me laissais tomber.
Le vide me tombait dessus. Il était rempli de silence. Rempli de la ventilation. Rempli de moi alors que je me sentais expurgé de tout.
Les gens imaginent toujours des choses. Même les proches. Beaucoup pensaient qu'on n'avait qu'à lever des filles et s'épuiser en dessinant sur leurs corps avant de s'effondrer et de se réveiller sur les coups de midi. Ce fut quelques fois le cas. Mais la plupart du temps, je me cognais cet océan de rien et je me sentais désemparé face à lui. J'avais tout essayé. Ecrire. Lire. Regarder la télé. M'endormir. Téléphoner. Surfer sur le net. Prendre un bain. Je ne faisais que me crever les yeux.
J'étais allé voir quelques psys qui tous m'avaient invité à la même chose, finalement. Accepter la situation. Accepter de me coltiner à moi-même. Je n'en avais ni l'audace ni l'énergie.
Les tournées étaient terribles pour moi. Ces villes, ces hôtels. Ce n'était pas la route, le pire. Ce n'étaient pas les balances et les courbettes le soir. Ce n'étaient pas les collations. Même les élus locaux qui parfois venaient faire un saut ne me dérangeaient pas.
Cet après, pour moi, chaque soir, c'était une mort.
J'étais fatigué de claquer ainsi tous les jours.

Vivement la fin de la récré

A son grand dam, Léon a fini par devenir observateur de la campagne présidentielle. 
Il aimerait plus mais ils ne le permettent pas.C'est déjà pas mal que Léon ne tourne pas le dos et qu'il reste concerné par le fond. Il a d'autres chats à fouetter, il faut dire. Une vie à vivre, un métier, des enfants, des amis. Il n'aime pas toutes les souffrances qu'il perçoit parce que les uns sont massacrés dans leur taf, d'autres vieillissent sans autre perspective que le cimetière, et que d'autres avancent en se demandant où tout cela les mène.Léon n'est pas un serviteur de l'état. Il lui suffit d'être une vache à lait.Il s'en veut juste parfois un peu de participer de cette société qui transforme à chaque fois des élections citoyennes en opération comptable digne du tiercé.Léon, ce n'est pas qui va gagner qui lui importe.Ce n'est pas non plus qui va perdre.Ce qui lui importe, ce sont les idées, les projets, le cap, les perspectives.Il a bien compris que les bavards étaient des buvards. Ils aspirent. Ils ne donnent pas. Ils n'embarquent pas.Tout étant pollué, force est de reconnaître que les candidats ressemblent plus à des gamins dans une cour de récréation ou sur un terrain en train de piquer la balle à l'autre.Léon ne le dit pas trop, mais il pense souvent, et merde.Il a compris dés le lendemain de l'annonce de la candidature de l'actuel président que les impétrants 1) ne méritaient pas son vote et 2) ne faisaient que se parler entre eux dés lors qu'un micro ou une caméra se dressent. Ils se surveillaient les uns, les autres, comme le lait sur le feu.Léon aimerait parler au conditionnel, au présent, au futur. Il use de l'imparfait. C'est dire.Il y a beaucoup d'indécence, dans tout cela, pense Léon. Qui n'aime évidemment pas cette ambiance et à la fois, n'en est pas plus étonné que cela.Il observe que depuis dix ans, on se cogne un type et sa clique et leur idéologie. La division est la seule fonction disponible sur leurs calculettes.Dans son coin de France, Léon fait partie de ceux que ça n'amuse pas, tout cela. Pas du tout.

Vivement la fin de la récré

A son grand dam, Léon a fini par devenir observateur de la campagne présidentielle.
Il aimerait plus mais ils ne le permettent pas.
C'est déjà pas mal que Léon ne tourne pas le dos et qu'il reste concerné par le fond. Il a d'autres chats à fouetter, il faut dire. Une vie à vivre, un métier, des enfants, des amis. Il n'aime pas toutes les souffrances qu'il perçoit parce que les uns sont massacrés dans leur taf, d'autres vieillissent sans autre perspective que le cimetière, et que d'autres avancent en se demandant où tout cela les mène.
Léon n'est pas un serviteur de l'état. Il lui suffit d'être une vache à lait.
Il s'en veut juste parfois un peu de participer de cette société qui transforme à chaque fois des élections citoyennes en opération comptable digne du tiercé.
Léon, ce n'est pas qui va gagner qui lui importe.
Ce n'est pas non plus qui va perdre.
Ce qui lui importe, ce sont les idées, les projets, le cap, les perspectives.
Il a bien compris que les bavards étaient des buvards. Ils aspirent. Ils ne donnent pas. Ils n'embarquent pas.
Tout étant pollué, force est de reconnaître que les candidats ressemblent plus à des gamins dans une cour de récréation ou sur un terrain en train de piquer la balle à l'autre.
Léon ne le dit pas trop, mais il pense souvent, et merde.
Il a compris dés le lendemain de l'annonce de la candidature de l'actuel président que les impétrants 1) ne méritaient pas son vote et 2) ne faisaient que se parler entre eux dés lors qu'un micro ou une caméra se dressent. Ils se surveillaient les uns, les autres, comme le lait sur le feu.
Léon aimerait parler au conditionnel, au présent, au futur. Il use de l'imparfait. C'est dire.
Il y a beaucoup d'indécence, dans tout cela, pense Léon. Qui n'aime évidemment pas cette ambiance et à la fois, n'en est pas plus étonné que cela.
Il observe que depuis dix ans, on se cogne un type et sa clique et leur idéologie. La division est la seule fonction disponible sur leurs calculettes.
Dans son coin de France, Léon fait partie de ceux que ça n'amuse pas, tout cela. Pas du tout.

Aujourd'hui, c'est chez Dub

Par moments, sans que je m'explique pourquoi mais ainsi est la magie de la musique, et des arts en général, il n'est pas toujours nécessaire de le savoir, j'ai des envies de dub.
Un genre musical dont je ne suis pas à proprement parler un grand spécialiste mais qui m'a toujours séduit.
Je pense qu'on vient au Dub par le Reggae, dont il est en quelque sorte un cousin, ou plutôt, un rejeton.
Sur wikipédia, l'histoire du Dub et son comment sont plutôt bien narrés.
Moi, j'ai découvert cela par hasard, à l'époque de ma vie dans l'ouest de la France. Fnac de Nantes. Un rayon de CD met en avant tous genres confondus les groupes du coin. Des inconnus du bataillon. Deux tombent entre mes oreilles et l'alchimie se produit. C'est d'une part Zenzile, c'est d'autre part Orange Blossom.
A l'époque, je consomme pas mal de musiques traditionnelles, j'adore les métissages, un peu de sons électroniques s'ajoutent à la panoplie.
Par la suite, j'aurai toujours une oreille attentive pour ce style musical dont j'aime évidemment la force du rythme, adepte que je suis et même plus du duo basse-batterie. Longues envolées musicales, de surcroît. Sons bien décomposés. Tout pour me plaire !
Encore quelques liens ? Je vous propose d'aller ici ou .
Ci-dessous quelques vidéos pour vous faire une idée.

Vu sur le net / La garde alternée a dix ans

Une semaine chez papa, une semaine chez maman, deux chambres, deux maisons: voilà le quotidien des enfants qui vivent sous le régime de la garde alternée Aujourd’hui, la loi permettant ce mode de garde en alternance a dix ans mais continue à susciter le débat. Certains veulent aller plus loin, tandis que d'autres considèrent que le système actuel est déjà difficile à supporter pour bien des enfants, notamment les plus jeunes d’entre eux.

Lire l'article ici : La garde alternée a dix ans : quel est son bilan


vendredi 2 mars 2012

En forme d'aumônière.

Cela fait déjà longtemps que je la croise. Souvent. Toujours au même endroit.
C'est à l'heure où j'ai terminé mon jogging, que je m'accroche aux grilles du parc voisin pour faire mes étirements, qu'elle promène son chien.
C'est une jolie cinquantenaire fraiche et à l'allure soignée. Nos regards se croisent sans se toiser, se frôlent sans se poser. Nous partageons la même discrétion et sans doute les mêmes interrogations. Deux beaux yeux intelligents scrutent et pensent de façon évidente. Pour faire vite, disons qu'il y a du niveau derrière le front.
Si dans sa tête c'est comme dans la mienne, elle doit me fabriquer un statut, une histoire, des goûts et des tranches de vie. Elle n'est pas belle, mais on pourrait dire que c'est une belle femme, comme on dit parfois de celles qui l'ont été. J'ai souvent, pendant que, transpirant, je tirais sur mes muscles, avoué une pointe de jalousie envers ces messieurs d'un autre âge, qui, profitant d'un compérage de maitres de chien, lui adressaient la parole sans retenue et sans préliminaires. En trois phrases, ces gens-là se connaissent, se reconnaissent et se trouvent des complicités, des ressemblances, des expériences communes de croquettes, de nonosses et de vétérinaires. Cela me rappelle le temps où, aux sorties d'école, j'avais plaisir à échanger, d'un faux air détaché, avec les jolies mamans des autres enfants. C'était facile. Les parents parlent aux parents. Et les propriétaires de clébards parlent aux propriétaires de cleps. En bout de laisse. Mais les joggeurs et les maîtresses, fussent-elles jolies et distinguées, ne s'adressent pas la parole spontanément.
Mon imagination a eu le temps de faire des siennes et de se persuader que la dame était une divorcée de longue date, un divorce décidé par elle-même. Sa première déception amoureuse fut la dernière et plus jamais elle ne fit confiance. Alors, elle se vengea sur la carrière professionnelle. Intraitable et insatiable, elle monta les marches à la vitesse d'une descente de toboggan, sans difficultés et sans jamais jeter le moindre regard, ni derrière, ni sur les côtés. Elle reporta son affection sur un chien, qui n'était certainement pas le premier, ersatz de mari, d'enfants et d'idéal. Les prétendants étaient nombreux mais les élus n'étaient autorisés qu'à consommer et se faire consommer, jamais à aimer ou à l'être. Je les imagine, promeneurs de canidés à la séduction, sinon facile, au moins facilitée.

J'ai revu la dame aujourd'hui. Mais le contexte était très différent.
J'étais en civil et la rencontre a eu lieu dans un autre quartier. Un échange de regards qui disait : "Je t'ai reconnu, je sais que tu m'as reconnu aussi". Nous nous sommes reconnus et avons failli nous saluer comme si nous nous connaissions. Nous freinâmes à temps. Je quittai les yeux d'azur et les miens, de cochon, filèrent vers la main droite de ma semi-connaissance. Elle pinçait, entre pouce et index, auriculaire en l'air, avec une distinction proprement éblouissante, un petit paquet en forme d'aumonière. Que contient donc le paquet ? J'imagine des dragées, des macarons colorés, des chocolats haut de gamme... Le temps de me poser la question que je comprends la réponse. Je relève les yeux vers les yeux. La promeneuse a compris que j'ai compris. Le rose aux joues jaillit et le charme construit par des mois d'imagination, s'évanouit immédiatement.
La si-raffinée-belle-femme, la si-distinguée-jolie-dame, la si-impressionnante-voisine-de-parc, tenait dans sa main droite, un mouchoir en papier contenant les excréments de son chien. De la merde dans un kleenex en forme d’aumônière ! C'est dégueulasse !

Qui ?

Sachez le.
Pour les indécis
En treize questions, le site Je vote qui en 2012 peut vous aider à déterminer quel candidat vous correspond le plus.

Vu sur le net / Le troc

Finis l’achat et la revente ! Le troc revient au goût du jour grâce aux réseaux de l’internet et à l’inventivité des entrepreneurs de l’économie collaborative. Remède anti-crise, développement du système D ou réponse à des aspirations plus profondes des consommateurs mutants, la montée des pratiques de troc interroge…
Lire l'article ici : L’argent est mort, vive le troc.

jeudi 1 mars 2012

Mouches bleues

Léon sort d'une réunion. Elle était curieuse, cette réunion, en ce que les participants, finalement, réussissaient ce tour de force de s'adresser la parole sans se parler. Roulements de pupilles, gestes à l'avenant.
Pas tout à fait du dialogue de sourds, plutôt plus du mime, ou pire, du pousse-toi de là que je m'y mette.
Un étrange ballet qui a eu vite fait de transformer Léon en grenouille de bénitier. Léon a prié, en effet. Pour que son portable sonne, par exemple. Ou pour qu'une fée débarque avec sa baguette magique, on dirait que...
De cette réunion sans ordre du jour ne devrait logiquement suivre aucun compte-rendu.
Tellement il n'y a rien à dire de ce qui s'est dit puisque ce qui se disait ne disait pas son nom et ce qui ne se disait pas criait en silence dans les oreilles.
Ecrit-on c'est moi le plus fort, le plus beau, le plus qui a raison ?
Ecrit-on regardez moi comme je brille avec toutes mes lampes éteintes ?
Ecrit-on mais bordel de merde pourquoi je suis si nerveu(se)x ?
Ecrit-on bien sûr que je ne suis pas compétent(e) mais est-ce une raison pour se taire ? Non, au contraire. L'ouvrir, mieux que la boucler.
Heureusement, se dit Léon, les paroles s'envolent.
Comme des mouches qui s'écrasent la gueule contre les vitres. Des mouches bleues, évidemment.

Vu sur le net / Histoire d'eau

La vie fit son apparition dans la période archéenne, i l y a de cela 2,5 à 3,7 milliards d'années et, même dès ces temps primordiaux, elle semble avoir joué un rôle dans la conservation des réserves d eau sur Terre.

Lire ici :
Encyclopédie de L'Agora | Rivière
Related Posts with Thumbnails