samedi 17 décembre 2011
Mon gendre a 40 ans
Aujourd'hui, mon gendre a 40 ans.
Rien d'extraordinaire, me direz-vous. Ce n'est pas comme si c'était ton fils. Bah si, un peu quand même. Faut vous dire que je l'aime bien mon gendre. Je le connais depuis plus de 11 ans maintenant. Et j'ai toujours aimé cette différence bâtarde que nous avons ; 14 ans. C'est beaucoup et c'est peu. Le statut les étire et la complicité les rapproche.
Souvent, nous avons des tête-à-tête, des confidences saines, non-chargées de la pudeur ou des contentieux que nos propres enfants peuvent avoir. Nous ne sommes pas souvent d'accord sur la vie sociale, la politique, les usages. Mais nous nous retrouvons dans l'humain. Cet humain qui peut prendre dans les bras, mouiller des épaules, réchauffer à distance.
J'aime quand, plein d'humilité, il s'excuse d'ouvrir peu de livres, de ne pas être assoiffé de culture, d'être parfois "très con", de supporter le PSG et de regarder Con-Lanta.. Et pourtant, son regard est perçant et juste et son intelligence vive et précise. C'est un gars qui voit, qui sait et qui fait. Il est assez impressionnant d'efficacité malgré des chemins qui me sont totalement étrangers.
J'aime quand il ose me bousculer, sans pourtant parvenir à se défaire de ce vouvoiement auquel je ne tiens pas particulièrement. J'aime sentir cette pression intérieure qui le raidit quand il n'a pas pu, taper dans un ballon, faire n'importe quel sport ou partir à la pêche, se coltiner la forêt en courant ou pédalant, aller respirer la nature, l'épouser, s'y rouler ; et plus elle est rugueuse plus elle lui plaît. J'aime découvrir ses excès qui me feraient en plaindre d'autres : ses tonnes de gruyère, ses entrecôtes, ses Petit Prince et ses danettes au chocolat. Cet homme a besoin de s'exprimer comme ça. Faut que ça rentre et faut que ça sorte !
Aujourd'hui, mon gendre a 40 ans.
Et depuis quelques temps déjà, il "quarantainise" Ça mouline dans la tête, les changements de vie, les virages, les humilités naissantes, les charnières qui grincent. Un vrai quarantenaire lucide. Il rêve de forêts, d'étangs et de potager. Il est sévère avec notre époque et parfois je le comprends, mais souvent je le regrette. Il a "La tentation de Démocrite". Aussi je lui ai offert "Le recours aux forêts".
Avec lui, aujourd'hui, j'ai pensé à mes 40 ans. Je les ai trouvés proches. Et j'ai senti que lui, les avait trouvés lointains. C'est la vie.
Bref, je l'aime beaucoup mon gendre.
Ca roule
Lorsque j'ai pris connaissance de la sortie du livre Rouler, de Christian Oster (lire ici), ça m'a fait un choc. Une drôle de sensation. Car ce livre, j'étais en train d'une certaine manière de l'écrire dans ma tête. J'en faisais un projet, disons. Alors pensez donc l'effet que ça fait de se dire que quelqu'un quelque part non seulement a pensé peu ou prou comme vous, à sa façon bien sûr, mais en plus a déjà réalisé ce que vous projetiez de faire, à sa façon bien sûr.
Fissa, il me souvient, je suis allé acheter le bouquin.
Pendant quelques jours, je n'ai pas osé le lire.
Je le prenais, je le remettais, je n'osais plongé mon nez dedans, je brûlais de le faire.
J'ai triché.
J'ai lu quelques pages par ci, par là.
Mais c'était compliqué à vivre. J'avais peur d'être déçu, je crois. Ou laminé, c'est selon.
Et puis enfin j'ai pu le lire, ce livre. J'en suis très heureux.
D'abord, j'ai aimé. L'écriture de Christian Oster, c'est quelque chose ! Tout le monde n'aimera pas, c'est sûr. Mais moi j'adore.
Ensuite l'histoire. Il l'a traitée évidemment d'une manière qui ne me serait pas venue à l'idée. A la fois, j'ai pu mesurer en toute humilité tout le travail qui m'attend pour être capable de sortir des choses comme ça.
Ce bouquin n'est ni mon bouquin ni mon projet.
Mais il est des hasards et des connivences qui font du bien.
Fissa, il me souvient, je suis allé acheter le bouquin.
Pendant quelques jours, je n'ai pas osé le lire.
Je le prenais, je le remettais, je n'osais plongé mon nez dedans, je brûlais de le faire.
J'ai triché.
J'ai lu quelques pages par ci, par là.
Mais c'était compliqué à vivre. J'avais peur d'être déçu, je crois. Ou laminé, c'est selon.
Et puis enfin j'ai pu le lire, ce livre. J'en suis très heureux.
D'abord, j'ai aimé. L'écriture de Christian Oster, c'est quelque chose ! Tout le monde n'aimera pas, c'est sûr. Mais moi j'adore.
Ensuite l'histoire. Il l'a traitée évidemment d'une manière qui ne me serait pas venue à l'idée. A la fois, j'ai pu mesurer en toute humilité tout le travail qui m'attend pour être capable de sortir des choses comme ça.
Ce bouquin n'est ni mon bouquin ni mon projet.
Mais il est des hasards et des connivences qui font du bien.
Grimace orchestrée
C'est une intuition plus qu'une réflexion savamment posée sur des faits tangibles.
Ce sont des alertes entendues dans des bouches amies, voisines, collègues.
Le discours des gens a changé. L'inquiétude a enflé.
Et cela tranchait avec les lendemains de primaires citoyennes, où pour peu que l'on fréquente des gens de gauche, on sentait poindre une sorte d'optimisme.
On avait pendant quelques semaines parlé politique différemment.
On avait eu le sentiment que les choses se remettaient dans l'ordre, d'une certaine manière, les politiques évoquant des sujets, les médias suivant ces politiques, les citoyens précédant ces politiques.
On se demandait si la mayonnaise allait prendre ou si le soufflé allait retomber.
Les caméras, les micros, les claviers ont tranché. Non seulement le soufflé est retombé mais en plus, au règne du tout de suite la suite, après avoir avalé ce qui a fait 2011 (Tsunami, Nucléaire, Révolutions citoyennes, DSK), on est passé à autre chose.
Il y avait presque en cet automne un air de trop Il y avait surtout quelque chose de visiblement agaçant pour les autres, ceux qui sont loin de la gauche, soit parce qu'ils ne sont pas à gauche voire s'agacent de ces idées-là, soit parce qu'ils ont disparu de cette vie politique et citoyenne, lassés, agacés, désemparés, etc.
Peu à peu, le bulldozer a déposé des décombres dans nos chaumières.
Peu à peu, le sale air de la peur a fait feu de tous bois. Il s'est installé dans le paysage.
Avec le costume noir qui sied aux enterrements, nos gouvernants ont repris place dans nos écrans et nos gazettes. Avec un discours tout entier voué à nous dire comme ça va mal, à nous expliquer comme ça va mal, à nous dire que ceinture il faudra serrer, à nous expliquer comment ceinture il faudra serrer.
Sur le moment, je n'ai pas vu malice.
Et puis la France d'en haut a retrouvé son ordre si je puis dire. Avec des politiques qui réagissent, des médias qui réagissent, des citoyens qui réagissent.
Ne cherchons pas plus loin.
Le pays, en cette fin d'automne, a ressemblé à ses arbres qui perdent leurs feuilles.
Des thèmes sont apparus dans l'actualité, et avec eux, de nouveaux mots, de nouvelles formules, de nouveaux langages. On triple A, par exemple. On crise. On Europe. On reparle même du franc.
Quelqu'un qui serait parti quelques mois de nos occidentales visions et qui reviendrait se demanderait sans doute qui est décédé pour qu'à ce point, on s'apprête à fêter Noël dans la grimace généralisée.
Je lui dirais simplement à ce quelqu'un : ne t'inquiète pas tant que ça, mon ami. Tout cela est juste orchestré pour qu'en mai 2012, il n'en reste qu'un. Il ne s'agit pas de nier la crise. Il s'agit juste de la rendre plausible, cette crise. Sincère. Car pour le moment, ce n'est pas le cas. On assiste simplement à système qui implose. On nous fait croire que c'est une terrible nouvelle. Une hécatombe. Un séisme. C'est en réalité une excellente nouvelle. A condition bien sûr qu'on la prenne par le bon bout. Qu'on construise. Qu'on fonde. Nos gouvernants n'en sont pas encore capables, voilà tout.
Ce sont des alertes entendues dans des bouches amies, voisines, collègues.
Le discours des gens a changé. L'inquiétude a enflé.
Et cela tranchait avec les lendemains de primaires citoyennes, où pour peu que l'on fréquente des gens de gauche, on sentait poindre une sorte d'optimisme.
On avait pendant quelques semaines parlé politique différemment.
On avait eu le sentiment que les choses se remettaient dans l'ordre, d'une certaine manière, les politiques évoquant des sujets, les médias suivant ces politiques, les citoyens précédant ces politiques.
On se demandait si la mayonnaise allait prendre ou si le soufflé allait retomber.
Les caméras, les micros, les claviers ont tranché. Non seulement le soufflé est retombé mais en plus, au règne du tout de suite la suite, après avoir avalé ce qui a fait 2011 (Tsunami, Nucléaire, Révolutions citoyennes, DSK), on est passé à autre chose.
Il y avait presque en cet automne un air de trop Il y avait surtout quelque chose de visiblement agaçant pour les autres, ceux qui sont loin de la gauche, soit parce qu'ils ne sont pas à gauche voire s'agacent de ces idées-là, soit parce qu'ils ont disparu de cette vie politique et citoyenne, lassés, agacés, désemparés, etc.
Peu à peu, le bulldozer a déposé des décombres dans nos chaumières.
Peu à peu, le sale air de la peur a fait feu de tous bois. Il s'est installé dans le paysage.
Avec le costume noir qui sied aux enterrements, nos gouvernants ont repris place dans nos écrans et nos gazettes. Avec un discours tout entier voué à nous dire comme ça va mal, à nous expliquer comme ça va mal, à nous dire que ceinture il faudra serrer, à nous expliquer comment ceinture il faudra serrer.
Sur le moment, je n'ai pas vu malice.
Et puis la France d'en haut a retrouvé son ordre si je puis dire. Avec des politiques qui réagissent, des médias qui réagissent, des citoyens qui réagissent.
Ne cherchons pas plus loin.
Le pays, en cette fin d'automne, a ressemblé à ses arbres qui perdent leurs feuilles.
Des thèmes sont apparus dans l'actualité, et avec eux, de nouveaux mots, de nouvelles formules, de nouveaux langages. On triple A, par exemple. On crise. On Europe. On reparle même du franc.
Quelqu'un qui serait parti quelques mois de nos occidentales visions et qui reviendrait se demanderait sans doute qui est décédé pour qu'à ce point, on s'apprête à fêter Noël dans la grimace généralisée.
Je lui dirais simplement à ce quelqu'un : ne t'inquiète pas tant que ça, mon ami. Tout cela est juste orchestré pour qu'en mai 2012, il n'en reste qu'un. Il ne s'agit pas de nier la crise. Il s'agit juste de la rendre plausible, cette crise. Sincère. Car pour le moment, ce n'est pas le cas. On assiste simplement à système qui implose. On nous fait croire que c'est une terrible nouvelle. Une hécatombe. Un séisme. C'est en réalité une excellente nouvelle. A condition bien sûr qu'on la prenne par le bon bout. Qu'on construise. Qu'on fonde. Nos gouvernants n'en sont pas encore capables, voilà tout.
vendredi 16 décembre 2011
Tout à Légo
Une expo sympa à découvrir sur le site Flick.com
Plus précisément ici.
Quand l'année nous est comptée par le légo.
Au fait, vous le saviez, vous ? Le légo est né comme ça.
Plus précisément ici.
Quand l'année nous est comptée par le légo.
Au fait, vous le saviez, vous ? Le légo est né comme ça.
Des chansons dans le vent
Billet évolutif au fil de la journée.
Le vent m'a réveillé, ce matin. Je l'attendais plus tôt sur la Lorraine, au vu de ce qui était annoncé.
Une saprée affaire, le vent.
Pensées. 1999. Mais aussi il y a deux ans, en Vendée.
Visions de mer déchaînée et de bien-être chez soi, à l'abri.
Une saprée affaire, le vent.
Laïs & Gabriel Yacoub par vegestef
Musique + parole je t'emmene au vent louise... par farfadet26
Le vent m'a réveillé, ce matin. Je l'attendais plus tôt sur la Lorraine, au vu de ce qui était annoncé.
Une saprée affaire, le vent.
Pensées. 1999. Mais aussi il y a deux ans, en Vendée.
Visions de mer déchaînée et de bien-être chez soi, à l'abri.
Une saprée affaire, le vent.
Laïs & Gabriel Yacoub par vegestef
Musique + parole je t'emmene au vent louise... par farfadet26
jeudi 15 décembre 2011
Je la vis
C'est quand ma tête a heurté le mur que j'ai pris la décision de partir. De détaler. J'avais raccroché le téléphone quelques minutes plus tôt, quelques heures peut-être, et du sang glacé dégoulinait de mes oreilles éteintes. Nous avions parlé, une fois de plus, il ne nous restait finalement que cela vu que nous ne le faisions plus, mais le poids des mots qu'on ne s'était pas dits avant et qui survenaient tardifs et désordonnés me tendait le colonne vertébrale. Je n'en finissais pas de ressentir comme les phrases parfois peuvent être des poignards qui s'enfoncent en soi, et s'enfoncent encore. Nul cicatrice apparente. Pas goutte de sang. Des poignards qu'il m'arrivait parfois de m'enfoncer moi-même, dans une sorte de cri dérisoire, appelant la douleur de peur qu'elle ne se sauve ou quelque chose de cette faconde-là.
Cette réalité dont je ne voulais pas m'envahissait de partout.
Le seul constat qui valait était qu'elle était partie. Pour de bon, elle avait dit. Personnellement, je ne voyais rien de bon là-dedans, je ne voulais pas de ce départ. Je m'étais même qu'il n'était pas réel. Ou que s'il l'était, il n'était pas durable. Et que s'il l'était, ça ne durerait pas.
Je tapais des pieds rêvant de foutre mon poing dans la gueule au premier con qui passerait par là. Mais j'étais seul, plutôt bras ballants.
Il me restait mes souvenirs. Des miettes. J'en fis nourriture, ma foi. Je n'avais rien contre un peu de frugalité. Elle permettait de mesurer l'abondance.
Béa avait quitté l'appartement. Elle avait promis que ce n'était pas au bras d'un autre, ce qui m'aurait anéanti et ce dont je me fichais en même temps puisque ce n'était pas à mon bras. Elle ne savait plus où elle en était me disait-elle. Je l'écoutais, ses mots tuant les miens. Nous faisions mines de régler des détails.
Des détails, des miettes.
C'est peu de choses, finalement. Je restais dans le noir, parce que mon chez moi, me disant qu'on m'avait amputé de ma lumière. Et puis je n'avais pas toujours la force d'allumer les lampes.
Il y a des jours, il fait nuit tout le temps.
Je me surprenais de la posture conciliante que j'avais adoptée, réservant mes sanglots à plus tard, les planquant derrière je ne sais quoi, oubliant presque de dire à quel point je souffrais, à quel point cet abandon était une flèche empoisonnée. Aucune opération n'était possible. Restait le caillou.
Alors la tête qui tape le mur, ce fut le signal. L'ordre. Il me fallait faire quelque chose.
Partir fut la seule idée qui me vint.
Alors je suis parti.
A la hâte, les yeux embués, les mains la tête ailleurs. J'ai mis des affaires dans un sac, chopé quelques bouquins, choisi quelques CD, vérifié que j'avais ma carte bancaire et mes papiers. Et je suis parti.
Je me suis retrouvé le lendemain au bord de la mer. A regarder des joggeurs déambuler en secte étrange le long de la plage. A attendre qu'un bar ouvre ses portes pour boire un café. Les yeux épuisés.
C'est là que je la vis.
Cette réalité dont je ne voulais pas m'envahissait de partout.
Le seul constat qui valait était qu'elle était partie. Pour de bon, elle avait dit. Personnellement, je ne voyais rien de bon là-dedans, je ne voulais pas de ce départ. Je m'étais même qu'il n'était pas réel. Ou que s'il l'était, il n'était pas durable. Et que s'il l'était, ça ne durerait pas.
Je tapais des pieds rêvant de foutre mon poing dans la gueule au premier con qui passerait par là. Mais j'étais seul, plutôt bras ballants.
Il me restait mes souvenirs. Des miettes. J'en fis nourriture, ma foi. Je n'avais rien contre un peu de frugalité. Elle permettait de mesurer l'abondance.
Béa avait quitté l'appartement. Elle avait promis que ce n'était pas au bras d'un autre, ce qui m'aurait anéanti et ce dont je me fichais en même temps puisque ce n'était pas à mon bras. Elle ne savait plus où elle en était me disait-elle. Je l'écoutais, ses mots tuant les miens. Nous faisions mines de régler des détails.
Des détails, des miettes.
C'est peu de choses, finalement. Je restais dans le noir, parce que mon chez moi, me disant qu'on m'avait amputé de ma lumière. Et puis je n'avais pas toujours la force d'allumer les lampes.
Il y a des jours, il fait nuit tout le temps.
Je me surprenais de la posture conciliante que j'avais adoptée, réservant mes sanglots à plus tard, les planquant derrière je ne sais quoi, oubliant presque de dire à quel point je souffrais, à quel point cet abandon était une flèche empoisonnée. Aucune opération n'était possible. Restait le caillou.
Alors la tête qui tape le mur, ce fut le signal. L'ordre. Il me fallait faire quelque chose.
Partir fut la seule idée qui me vint.
Alors je suis parti.
A la hâte, les yeux embués, les mains la tête ailleurs. J'ai mis des affaires dans un sac, chopé quelques bouquins, choisi quelques CD, vérifié que j'avais ma carte bancaire et mes papiers. Et je suis parti.
Je me suis retrouvé le lendemain au bord de la mer. A regarder des joggeurs déambuler en secte étrange le long de la plage. A attendre qu'un bar ouvre ses portes pour boire un café. Les yeux épuisés.
C'est là que je la vis.
Mon métier n'est pas qu'un salaire
Envie de rebondir sur une "diversion" nichée dans les commentaires d'un billet voisin (ici).
Exprimer un ras-le-bol. Que je vais essayer de faire tenir en quelques mots.
Un discours ambiant me fatigue. C'est celui de constamment ramener un métier à un salaire et de sous-entendre "maintenant, ta gueule, tu gagnes suffisamment bien ta vie comme ça par rapport à d'autres". Ou alors "maintenant, ta gueule, toi au moins tu as un métier, alors ça suffit".
Ce discours m'exaspère parce qu'il n'y a pas que le salaire, dans un métier.
Personnellement, je ne me sens pas dans la peau de quelqu'un qu'on résumerait au chiffre inscrit en bas de ma feuille de paie.
Dire, du coup, rappeler peut-être, qu'un métier, ce sont aussi des conditions de travail. C'est du contenu. Ce sont des heures. Des échanges. Des savoir-faire.
Dire, rappeler peut-être, que parfois, ces conditions de travail ne permettent pas de faire son métier.
Dire, rappeler peut-être, que tout le monde ne bosse pas pour le salaire, qu'il est aussi des gens qui bossent parce qu'ils aiment leur métier ou parce qu'ils y croient, à leur métier.
Parfois, il n'est pas honteux de protester parce qu'on estime que son métier, on ne peut pas l'exercer.
Parfois, il n'est pas honteux non plus de montrer qu'à force, les métiers sont coupés de leur sens, n'ont plus de sens, tellement ils sont jugés par des gens qui ne les connaissent pas, leur métier, ou parce qu'ils ne sont que dans une logique comptable.
Dire, rappeler aussi, que la grève est un droit. Que ce droit, on est justement... en droit de l'exercer. Que ce droit se respecte.
Le commentaire en question est celui-ci
pendant ce temps-là, des bien-assis et bien-pensants vont faire grève, les uns parce qu'ils se croient sortis de la cuisse de Jupiter, ne veulent pas être notés, garder leur emploi à vie et continuer à l'ancienneté à être augmentés pendant 30 ans et d'autres, bien au chaud dans leur avantages de salariés d'une compagnie aérienne veulent qu'on revalorise leurs salaires. Vous avez bien lu. Ils ont cette indécence à l'heure où d'autres fouillent les poubelles. Ils me font gerber. Et je pèse mes mots. Ce cynisme dépasse les bornes. Et comme pour en remettre une couche des journalistes, dans un journal télévisé essaient de nous soutirer des larmes en nous montrant un couple avec deux enfants qui gagnait 3000 € par mois. Oui, c'est ça, on veut nous faire chialer sur 3000 € par mois. Ce monde est fou !
Exprimer un ras-le-bol. Que je vais essayer de faire tenir en quelques mots.
Un discours ambiant me fatigue. C'est celui de constamment ramener un métier à un salaire et de sous-entendre "maintenant, ta gueule, tu gagnes suffisamment bien ta vie comme ça par rapport à d'autres". Ou alors "maintenant, ta gueule, toi au moins tu as un métier, alors ça suffit".
Ce discours m'exaspère parce qu'il n'y a pas que le salaire, dans un métier.
Personnellement, je ne me sens pas dans la peau de quelqu'un qu'on résumerait au chiffre inscrit en bas de ma feuille de paie.
Dire, du coup, rappeler peut-être, qu'un métier, ce sont aussi des conditions de travail. C'est du contenu. Ce sont des heures. Des échanges. Des savoir-faire.
Dire, rappeler peut-être, que parfois, ces conditions de travail ne permettent pas de faire son métier.
Dire, rappeler peut-être, que tout le monde ne bosse pas pour le salaire, qu'il est aussi des gens qui bossent parce qu'ils aiment leur métier ou parce qu'ils y croient, à leur métier.
Parfois, il n'est pas honteux de protester parce qu'on estime que son métier, on ne peut pas l'exercer.
Parfois, il n'est pas honteux non plus de montrer qu'à force, les métiers sont coupés de leur sens, n'ont plus de sens, tellement ils sont jugés par des gens qui ne les connaissent pas, leur métier, ou parce qu'ils ne sont que dans une logique comptable.
Dire, rappeler aussi, que la grève est un droit. Que ce droit, on est justement... en droit de l'exercer. Que ce droit se respecte.
Le commentaire en question est celui-ci
pendant ce temps-là, des bien-assis et bien-pensants vont faire grève, les uns parce qu'ils se croient sortis de la cuisse de Jupiter, ne veulent pas être notés, garder leur emploi à vie et continuer à l'ancienneté à être augmentés pendant 30 ans et d'autres, bien au chaud dans leur avantages de salariés d'une compagnie aérienne veulent qu'on revalorise leurs salaires. Vous avez bien lu. Ils ont cette indécence à l'heure où d'autres fouillent les poubelles. Ils me font gerber. Et je pèse mes mots. Ce cynisme dépasse les bornes. Et comme pour en remettre une couche des journalistes, dans un journal télévisé essaient de nous soutirer des larmes en nous montrant un couple avec deux enfants qui gagnait 3000 € par mois. Oui, c'est ça, on veut nous faire chialer sur 3000 € par mois. Ce monde est fou !
mercredi 14 décembre 2011
M... in France
Le " fait en France "... (re)fait débat.
J'allais pondre un billet là-dessus quand je suis tombé sur ces quelques mots de Rémi, en commentaire sur le site le cri du contribuable (cliquer ici).
Ce com dit ceci :
J'allais pondre un billet là-dessus quand je suis tombé sur ces quelques mots de Rémi, en commentaire sur le site le cri du contribuable (cliquer ici).
Ce com dit ceci :
Ce matin d’ailleurs, sur FR2, un sondage comme quoi 72% des français seraient prêt à payer plus pour un produit français. Quoi qu’il en soit, en tant que consommateur, je remarque ceci :
- Aujourd’hui, en 2011, il est encore très difficile de savoir si un produit en rayon est effectivement français ou pas. A t-il été produit, conçu, transformé ? Beaucoup jouent sur les mots et l’on s’aperçoit souvent que l’on a été trompé…
- En tant que consommateur, et apparemment comme 72% des français, je suis prêt a payer plus pour un produit manufacturé en France et qui participe a l’économie locale. Toutefois, je ne veux pas qu’on me prenne pour un imbécile non plus. J’ai l’impression que les entreprises françaises (généralement), pour se démarquer des produits étrangers, jouent sur la sur-enchère qualitative et des prix très hauts.
Je suis le premier déçu de ce manque d’informations, pourtant pas compliqué à mettre en France, qui permettrait de faire jouer la préférence nationale sans pour autant modifier frontières et lois européennes.
Je souscris.
Et vous, z'en pensez quoi ?
Lambchop
J'ai mis du Lambchop et j'ai fermé les yeux et du piano est arrivé et puis une basse et puis une voix.
J'étais souvent fasciné par cette capacité qu'on les musiciens, les artistes, à installer en quelques secondes, en quelques notes une atmosphère, à la poser-là, à l'installer comme si elle coulait de source, comme si elle avait toujours été là alors que bien sûr, toutes ces alchimies jusqu'à la rencontre, ce n'était pas si évident que cela.
J'étais tout aussi fasciné par cette capacité qu'ils ont à donner naissance à une matière invisible, qui n'existait pas avant eux, qui existait maintenant, et pas que pour eux, au-delà d'eux, tellement ce que l'on reçoit, ce que l'on prend, ce que l'on ressent, c'est parfois du rien à voir avec ce qu'ils avaient en eux à ce moment-là. J'ai regardé la vidéo avec plein de fumée dedans et aussi du noir et aussi du blanc.
La nuit tombait dehors et c'était logique qu'elle tombât vite puisque nous avions mis les pieds dans l'hiver depuis quelques temps déjà. D'ailleurs, il faisait son chemin cet hiver, maintenant que les rues des villes étaient colorées les mains pleines d'ampoules et que les sapins entraient dans les maisons. Il avait fait froid ce matin. Très froid. Et il faisait plus chaud maintenant, en fin de journée. Peut-être que juste on s'habitue ?
En tout cas, il faisait bon dans la maison et la musique me faisait penser à un feu de cheminée qui ronronne gentiment, avec ce qu'il faut de flammes légères et de braises solides.
Kurt Wagner chantait The dail growl.
J'avais rêvé de ce prénom quelques nuits plus tôt, m'en étonnant, me demandant quel était donc ce Kurt, je ne connais pas de Kurt et pourtant c'était très clair que dans ce rêve, il y avait un Kurt. Et puis là, Kurt qui me chantait de sa voix suave le grondement du quotidien, alors qu'il était tout chuchotant, ce quotidien, niché dans ce septième jour, à se demander mais qui donc tranchera une bonne fois pour toute ? Qui donc décidera si le dimanche est le premier jour de la semaine ? Ou si c'est le dernier ?
J'étais souvent fasciné par cette capacité qu'on les musiciens, les artistes, à installer en quelques secondes, en quelques notes une atmosphère, à la poser-là, à l'installer comme si elle coulait de source, comme si elle avait toujours été là alors que bien sûr, toutes ces alchimies jusqu'à la rencontre, ce n'était pas si évident que cela.
J'étais tout aussi fasciné par cette capacité qu'ils ont à donner naissance à une matière invisible, qui n'existait pas avant eux, qui existait maintenant, et pas que pour eux, au-delà d'eux, tellement ce que l'on reçoit, ce que l'on prend, ce que l'on ressent, c'est parfois du rien à voir avec ce qu'ils avaient en eux à ce moment-là. J'ai regardé la vidéo avec plein de fumée dedans et aussi du noir et aussi du blanc.
La nuit tombait dehors et c'était logique qu'elle tombât vite puisque nous avions mis les pieds dans l'hiver depuis quelques temps déjà. D'ailleurs, il faisait son chemin cet hiver, maintenant que les rues des villes étaient colorées les mains pleines d'ampoules et que les sapins entraient dans les maisons. Il avait fait froid ce matin. Très froid. Et il faisait plus chaud maintenant, en fin de journée. Peut-être que juste on s'habitue ?
En tout cas, il faisait bon dans la maison et la musique me faisait penser à un feu de cheminée qui ronronne gentiment, avec ce qu'il faut de flammes légères et de braises solides.
Kurt Wagner chantait The dail growl.
J'avais rêvé de ce prénom quelques nuits plus tôt, m'en étonnant, me demandant quel était donc ce Kurt, je ne connais pas de Kurt et pourtant c'était très clair que dans ce rêve, il y avait un Kurt. Et puis là, Kurt qui me chantait de sa voix suave le grondement du quotidien, alors qu'il était tout chuchotant, ce quotidien, niché dans ce septième jour, à se demander mais qui donc tranchera une bonne fois pour toute ? Qui donc décidera si le dimanche est le premier jour de la semaine ? Ou si c'est le dernier ?
Lambchop
J'ai mis du Lambchop et j'ai fermé les yeux et du piano est arrivé et puis une basse et puis une voix.
J'étais souvent fasciné par cette capacité qu'on les musiciens, les artistes, à installer en quelques secondes, en quelques notes une atmosphère, à la poser-là, à l'installer comme si elle coulait de source, comme si elle avait toujours été là alors que bien sûr, toutes ces alchimies jusqu'à la rencontre, ce n'était pas si évident que cela.
J'étais tout aussi fasciné par cette capacité qu'ils ont à donner naissance à une matière invisible, qui n'existait pas avant eux, qui existait maintenant, et pas que pour eux, au-delà d'eux, tellement ce que l'on reçoit, ce que l'on prend, ce que l'on ressent, c'est parfois du rien à voir avec ce qu'ils avaient en eux à ce moment-là. J'ai regardé la vidéo avec plein de fumée dedans et aussi du noir et aussi du blanc.
La nuit tombait dehors et c'était logique qu'elle tombât vite puisque nous avions mis les pieds dans l'hiver depuis quelques temps déjà. D'ailleurs, il faisait son chemin cet hiver, maintenant que les rues des villes étaient colorées les mains pleines d'ampoules et que les sapins entraient dans les maisons. Il avait fait froid ce matin. Très froid. Et il faisait plus chaud maintenant, en fin de journée. Peut-être que juste on s'habitue ?
En tout cas, il faisait bon dans la maison et la musique me faisait penser à un feu de cheminée qui ronronne gentiment, avec ce qu'il faut de flammes légères et de braises solides.
Kurt Wagner chantait The dail growl.
J'avais rêvé de ce prénom quelques nuits plus tôt, m'en étonnant, me demandant quel était donc ce Kurt, je ne connais pas de Kurt et pourtant c'était très clair que dans ce rêve, il y avait un Kurt. Et puis là, Kurt qui me chantait de sa voix suave le grondement du quotidien, alors qu'il était tout chuchotant, ce quotidien, niché dans ce septième jour, à se demander mais qui donc tranchera une bonne fois pour toute ? Qui donc décidera si le dimanche est le premier jour de la semaine ? Ou si c'est le dernier ?
J'étais souvent fasciné par cette capacité qu'on les musiciens, les artistes, à installer en quelques secondes, en quelques notes une atmosphère, à la poser-là, à l'installer comme si elle coulait de source, comme si elle avait toujours été là alors que bien sûr, toutes ces alchimies jusqu'à la rencontre, ce n'était pas si évident que cela.
J'étais tout aussi fasciné par cette capacité qu'ils ont à donner naissance à une matière invisible, qui n'existait pas avant eux, qui existait maintenant, et pas que pour eux, au-delà d'eux, tellement ce que l'on reçoit, ce que l'on prend, ce que l'on ressent, c'est parfois du rien à voir avec ce qu'ils avaient en eux à ce moment-là. J'ai regardé la vidéo avec plein de fumée dedans et aussi du noir et aussi du blanc.
La nuit tombait dehors et c'était logique qu'elle tombât vite puisque nous avions mis les pieds dans l'hiver depuis quelques temps déjà. D'ailleurs, il faisait son chemin cet hiver, maintenant que les rues des villes étaient colorées les mains pleines d'ampoules et que les sapins entraient dans les maisons. Il avait fait froid ce matin. Très froid. Et il faisait plus chaud maintenant, en fin de journée. Peut-être que juste on s'habitue ?
En tout cas, il faisait bon dans la maison et la musique me faisait penser à un feu de cheminée qui ronronne gentiment, avec ce qu'il faut de flammes légères et de braises solides.
Kurt Wagner chantait The dail growl.
J'avais rêvé de ce prénom quelques nuits plus tôt, m'en étonnant, me demandant quel était donc ce Kurt, je ne connais pas de Kurt et pourtant c'était très clair que dans ce rêve, il y avait un Kurt. Et puis là, Kurt qui me chantait de sa voix suave le grondement du quotidien, alors qu'il était tout chuchotant, ce quotidien, niché dans ce septième jour, à se demander mais qui donc tranchera une bonne fois pour toute ? Qui donc décidera si le dimanche est le premier jour de la semaine ? Ou si c'est le dernier ?
mardi 13 décembre 2011
Triste ambition
Il est de ceux qui ne voient que ce qui se voit et pensent qu'il faut être très tordu pour inventer ce genre de phrases. Il prend sa pensée primaire pour de la simplicité et sa spontanéité pour de la sincérité.
D'aucuns diraient qu'il est idiot, mais ils se tromperaient. Il est seulement ce qu'il est. C'est du moins ce qu'il dit. Cherchez à mieux le comprendre et il vous trouvera compliqué, lorsque vous n'êtes que salutairement complexe. Vous fonctionnez dans le mouvement, vers un but, recherchant des solutions pour rendre la vie belle et simple. Il vous voit comme un coupeur de cheveux en quatre qui retourne les cerveaux.
Vous finissez vous-même par dire qu'il est idiot. Et vous vous trompez. Rangez vos références, son monde est statique, construit de certitudes saines et rassurantes et pourtant sectaires et individualistes. A toute tentative de remise en question, d'appel à l'ouverture, il sort l'arme fatale, celle qui est censée vous faire taire sur le champ : Tout est goûts et couleurs, ce que vous dites n'est bon que pour vous et chacun est différent. Vous aviez pourtant pris la précaution de n'avancer que ce qui est partageable, compréhensible par tous, validé par des éminences, objectivement démontrable. Cela n'a pas suffi. Ne lui enlevez pas ses tuteurs, il s'étiolerait. Si, couche supplémentaire, vous lui expliquez son mécanisme de défense, sa vulnérabilité démasquée sort l'artillerie lourde et le primaire explose comme pour mieux vous donner raison.
Vous tempérez votre jugement et le pensez basique. Soit, il est basique. Mais taisez-le que diable ! Sa réaction risquerait de vous le confirmer par décibels et agressivité interposés.
Sa culture se résume aux aphorismes-vérités interprétés à sa propre sauce ; rassurants et encourageants, ils peuvent accompagner une vie comme les proverbes, dits de bon sens, accompagnèrent celle de ses aïeux. Voilà, c'est son bagage, il fait avec et ça lui suffit. Comme l'homme des bois vit d'instinct, d'une bite et d'un couteau, lui, vit de réactions, de trois croyances et mille certitudes.
Osez lui dire que la plaine est morne, que gravir la montagne renforce, qu'au-delà des sommets le soleil éclaire, que la curiosité construit, que la culture affirme et que le risque récompense, et vous lui faites plus de mal que de bien. Ajoutez que se laisser vivre, c'est se laisser mourir et votre compte est bon, vous n'aimez que les mots, pas les gens.
Alors, pissez dans d'autres violons, celui-là n'émet aucun son. Bois mort, il ne vibre pas. Il n'est qu'instrument, pas musique.
dimanche 11 décembre 2011
Le nouvel oeil
| Photo Francis Beurrier |
Là, c'était un peu différent. Je m'étais réveillé comme on se réveille un matin même si c'était l'après-midi. 15 h 43 pour être précis. Je m'étais réveiller sans chercher plus que cela sauf que je venais de passer quelques temps ailleurs. C'était bizarre, comme sensation. J'étais de nouveau conscient, mais incapable de dire si je l'étais depuis quelques heures, quelques jours ou quelques minutes. Je n'avais plus vraiment la notion du temps. Je n'en avais plus besoin, non plus. Mes yeux s'étaient comme rallumés, je le savais de toutes parts, mais ils voyaient tout d'un autre oeil. Ce nouvel oeil me plaisait bien. Au début, j'ai donc décidé de prolonger un peu.
A côté de moi, un écran affichait des chiffres, mais ce n'était rien d'autre que le comptage robotique voire hynotique des battements de mon coeur. J'appréciais que la machine soit silencieuse. J'aimais moins, par contre, ces lettres vertes sur fond noir. Je ricanais tout seul. A-t-on besoin de vérifier sur une machine avec des chiffres en gros ce qui est par ailleurs évident. Naturel. Un corps qui respire, ça se voit. Le mien carburait bien, semble-t-il, mais je commençais à avoir mal à la tête. Je me demandais même si ce n'était pas si qui m'avait amené à retrouver mes sensations. La télé marchait, il y avait de la musique, les lampes étaient grandes allumées, partout autour de moi, des photos, des mots affichés, des papa, des je t'aime, des on est là. Des mots parcours, aussi. Chêne, foot, calumet, village, chamalow... Mes mots préférés.
Le coma est une abolition de la conscience et de la vigilance, m'avait expliqué une infirmière, plus douce que les autres, je veux dire, plus attentive. Elle m'avait expliqué qu'un coma était forcément consécutif à une lésion cérébrale, et que c'était lié à un traumatisme. Elle s'appelait Olivia et c'était l'une des rares personnes avec qui je me sentais bien. Tranquille. En harmonie avec ma manière toute nouvelle et pour tout dire franchement épatante de considérer la vie. Epatante pour quelqu'un comme moi. On ne peut pas dire, en effet, que mes quarante cinq premières années aient été d'une placidité à toute épreuve. Plutôt le genre qui ne tenait pas en place, j'étais un gamin plus avide de l'après que du maintenant. Plus tard, j'étais plutôt du genre actif qui réfléchit après qu'un réfléchit qui agit en connaissance de cause.
Là, non seulement je restais goulument assis ou couché dans mon lit mais en plus, j'y prenais un plaisir certain. C'est comme ça que cela a commencé. Dans ce bazar. Plein de choses me sont venues à l'esprit. Je sentais que paradoxalement, il me faudrait prendre rapidement une décision. Il y a des moments comme ça, dans la vie, où une espèce de conscience vous glisse à l'oreille que cette fois, ç y est, vous y êtes, vous êtes devant, au pied du mur, au début d'une fin, à la fin d'un début. Coma ou pas, absence ou non, c'est du pareil au même.
Il y a ce moment qui est là, ce moment unique, ce maintenant absolu, avec l'avant d'un côté, l'après de l'autre, vous au milieu, quelques secondes pas plus. Mais ces secondes là, c'est clair, valent des éternités à chaque fois.
Pour le coup, je n'étais pas mal placé. Je ne savais pas franchement si j'avais ou non fait un voyage, je sentais juste que j'avais le choix, un choix, et même dans ces lieux bleus de blanc, ça me semblait être un luxe extraordinaire.
Je savais. Que quand la porte s'ouvrirait, il me faudrait avoir choisi.
Je n'étais pas mal à l'aise. Décider ne m'a jamais posé trop de soucis. Surtout face à rien et revenant de nulle part. A moins que ce ne soit l'inverse. Face à nulle part et ne revenant de rien.Je n'avais finalement pas décidé de me taire, ce qui était la meilleure des décisions. C'est le silence qui s'est imposé à moi. Il s'est faufilé là-dedans je ne sais comment, nous nous observions lui et moi, peut-être bien depuis un sacré moment. C'est comme s'il me parlait tout doucement à l'oreille. Il y avait des gens autour de moi. Pas un n'a esquissé le moindre signe laissant penser qu'ils avaient entendu. Le silence me disait, attends, attends un peu, ne va pas trop vite. Prends le temps. Ne te laisse pas aspirer. Tu as mis tellement d'énergie pour te sortir de tout cela... Je comprenais ce qu'il me disait même si je ne saisissais pas tout ce à quoi ça faisait allusion. J'étais d'accord et cela me semblait suffisant. Alors non, je n'avais pas décidé de me taire. J'avais juste compris que le mieux serait de ne pas parler. L'alibi était parfait : je sortais d'un coma. Du coma. Un « sommeil profond » , pour reprendre l'expression d'où elle vient, c'est à dire du grec ancien.
(à suivre)
Errer Humanum Est*
Il n'a pas titubé jusqu'au lit mais il s'y est effondré. Face contre oreiller. Il s'est réveillé comme ça quelques heures plus tard. Mal au dos. Froid. Vague démangeaison dans un orteil. Un moustique, peut-être.
Il s'est levé. Il a allumé l'ordinateur. Il s'est promené ça et là. Il a bu un café. Il s'est allumé une cigarette. Un autre café. Une autre cigarette. D'autres pages sur le net. Et puis il se lève. Met un blouson. Il part.
Il est monté dans sa voiture. Il l'a démarrée. Ils ont roulé.Contrarié.Surtout lui.
Il n'aime pas ne pas savoir où il va. Il n'aime pas n'avoir aucune raison de tourner là, de se rendre ici.
Alors il décide de faire un jeu.Voir où cela le conduit. Laisser les pensées choisir le chemin. Partir, revenir.Aller, venir. Il verra bien. Il verra surtout ce qui se niche entre les deux.
Maintenant Il roule.
Il se retrouve au Luxembourg, il y achète des cigarettes. Et des gâteaux. Chocolat fraise. Pas de mangue. Il n'est pas encore l'heure pour autre chose. Il a regardé quelques journaux, quelques revues. RAS. Des gens partout, qui se croisent, qui attendent, qui repartent, qui se lavent, qui pissent, qui se regardent, qui se heurtent. Un chien dehors. Se frotte les pattes dans la pelouse humide. Regard fatigué de qui le tient en laisse.
Vaguement, il pense se prendre un café et s'asseoir, regarder cette société. Il se contente d'une pièce d'un euro vingt et d'un gobelet. A défaut, c'est une boisson chaude.
Ca s'anime ensuite.
Au lieu d'aller tout droit à la bretelle de Bettencourt, il prend à droite.Ses yeux n'en finissent pas de se poser sur des endroits où il ne s'est jamais rendu. Il longe. Il note que le soleil s'éveille. Un peu. Il pleuvait tout à l'heure. C'est mieux. Il trouve que ça lui fait bien, l'air de la découverte. Il a presque envie de mettre cap au nord et d'aller voir la mer.L'idée lui suffit. Il reste sur sa route cependant. Il s'est vu débouler sur une immense plage, avec mer et dunes. Il n'aime pas les stations balnéaires. Surtout en cette saison.
Il se dirige vers l'Allemagne, lui dit un panneau, alors il bifurque et se retrouve devant les énormes cheminées de la centrale nucléaire. Cela ne lui inspire pas grand chose. Il s'en fout. Il sent juste la commune fortunée. Le revêtement des trottoirs, ici, ne sont pas comme ailleurs. Il espère que les pauvres ont droit à plus d'aides qu'ailleurs et espère mieux encore, qu'il n'y ait pas de pauvres. Se dit que s'il y en avait, sûrement qu'on les aurait aidé à partir ailleurs. Des immeubles, là-bas. C'est sûrement ça.
Il est maintenant près de midi. Il trouve un Super U à la sortie de la ville, il a suivi les panneaux, il s'est trompé, il a tourné dans le rond-point, il a trouvé. Il apprécie d'y trouver une boulangerie, boulangère lourdement maquillée, il s'achète un sandwich bourré de mayonnaise, enfin ça il le saura après, pour le mayonnaise, il prend aussi un chausson aux pommes et une boite de jus de pomme. Elle lui glace les doigts.Il n'a pas encore mis de musique et ça l'étonne. Encore moins la radio. Trop de mots. Trop peu de silence.
Il s'arrête finalement non loin de là. Dans un champ. Pas envie, pas besoin mais la mayonnaise dégouline. Il ne peut pas conduire. Manger ou conduire, il choisit de manger.Il tente une sieste à suivre mais l'endroit ne l'inspire pas. Les pensées s'éparpillent dans sa tête. Il fait froid. Il reprend la route. La nuit menace. Elle rôde, en tout cas.
Un panneau indique une cité thermale, un nom se terminant par « les eaux ». Il décide de s'y rendre. Qui sait, il y aura un casino, il fera fortune. Mais il n'a pas d'argent sur lui. Il ne jouera pas. N'ira pas au Casino. N'y va plus. Passons. Il traverse des routes vides et des villages éteints. Puis il arrive dans la cité toute grimée. C'est tout du moins l'impression qu'elle lui donne. Partout des lampadaires colorés et des massifs fleuris. Du pavé. Du granit scintillant. Centre-ville est interdit aux voitures. Il contourne. Pas un fil, tout est enterré. On dirait une ville qui se cache. Mais ce ne sont que trois rues. Des vitrines clignotent. C'est un peu ridicule. Elles clignotent pour qui ? Pourquoi ?Il ne s'arrête pas.
Il longe les terrains de sport en surplomb de la cité et plonge vers la suite.C'est le début du massif des Vosges. Il se sent chez lui. Faut sombre, pourtant. Les routes sont sinueuses. Les forêts de sapins s'étalent. La roche est rouge. Il se sent chez lui et c'est la première information de cette journée. Il rentrera, se dit-il. Il n'en était pas sûr.
Il est surpris, longeant un ruisseau, de découvrir au beau milieu de nulle part une riche demeure estampillée restaurant avec étoiles. Plusieurs voitures haut de gamme sont garées. De l'autre côté de la route, un hôtel high tech a été construit. Il lui semble apercevoir des silhouettes. Il se demande s'il va s'arrêter, se dit que s'il avait joué au casino peut-être pourquoi pas, se souvient qu'il a décidé de rentrer chez lui. Il se promet juste, passant, d'aller jeter un œil sur le net plus tard, pour voir les prix, pour renifler les menus.
Il décide de suivre le ruisseau. Il prend à droite, et se demande dans quelle rivière il va se jeter. Le ruisseau.
Il traverse des villages. Et encore des villages. Ils semblent endormis. Pas éteints.
Un panneau station verte de vacances l'a prévenu. Ces maisons vides sont sans doute des maisons de vacances. Il essaie d'imaginer les vacanciers qui arrivent, ce qui s'installe, des pêcheurs sûrement, des repas arrosés, des éclats de voix, et s'en repart.La nuit approche. Il suit un chemin qui file dans la montagne. Il décide la sieste, là, maintenant. S'endort en se demandant où il se réveillera.
* Titre emprunté à HF Théifaine. Paroles ici.
Il s'est levé. Il a allumé l'ordinateur. Il s'est promené ça et là. Il a bu un café. Il s'est allumé une cigarette. Un autre café. Une autre cigarette. D'autres pages sur le net. Et puis il se lève. Met un blouson. Il part.
Il est monté dans sa voiture. Il l'a démarrée. Ils ont roulé.Contrarié.Surtout lui.
Il n'aime pas ne pas savoir où il va. Il n'aime pas n'avoir aucune raison de tourner là, de se rendre ici.
Alors il décide de faire un jeu.Voir où cela le conduit. Laisser les pensées choisir le chemin. Partir, revenir.Aller, venir. Il verra bien. Il verra surtout ce qui se niche entre les deux.
Maintenant Il roule.
Il se retrouve au Luxembourg, il y achète des cigarettes. Et des gâteaux. Chocolat fraise. Pas de mangue. Il n'est pas encore l'heure pour autre chose. Il a regardé quelques journaux, quelques revues. RAS. Des gens partout, qui se croisent, qui attendent, qui repartent, qui se lavent, qui pissent, qui se regardent, qui se heurtent. Un chien dehors. Se frotte les pattes dans la pelouse humide. Regard fatigué de qui le tient en laisse.
Vaguement, il pense se prendre un café et s'asseoir, regarder cette société. Il se contente d'une pièce d'un euro vingt et d'un gobelet. A défaut, c'est une boisson chaude.
Ca s'anime ensuite.
Au lieu d'aller tout droit à la bretelle de Bettencourt, il prend à droite.Ses yeux n'en finissent pas de se poser sur des endroits où il ne s'est jamais rendu. Il longe. Il note que le soleil s'éveille. Un peu. Il pleuvait tout à l'heure. C'est mieux. Il trouve que ça lui fait bien, l'air de la découverte. Il a presque envie de mettre cap au nord et d'aller voir la mer.L'idée lui suffit. Il reste sur sa route cependant. Il s'est vu débouler sur une immense plage, avec mer et dunes. Il n'aime pas les stations balnéaires. Surtout en cette saison.
Il se dirige vers l'Allemagne, lui dit un panneau, alors il bifurque et se retrouve devant les énormes cheminées de la centrale nucléaire. Cela ne lui inspire pas grand chose. Il s'en fout. Il sent juste la commune fortunée. Le revêtement des trottoirs, ici, ne sont pas comme ailleurs. Il espère que les pauvres ont droit à plus d'aides qu'ailleurs et espère mieux encore, qu'il n'y ait pas de pauvres. Se dit que s'il y en avait, sûrement qu'on les aurait aidé à partir ailleurs. Des immeubles, là-bas. C'est sûrement ça.
Il est maintenant près de midi. Il trouve un Super U à la sortie de la ville, il a suivi les panneaux, il s'est trompé, il a tourné dans le rond-point, il a trouvé. Il apprécie d'y trouver une boulangerie, boulangère lourdement maquillée, il s'achète un sandwich bourré de mayonnaise, enfin ça il le saura après, pour le mayonnaise, il prend aussi un chausson aux pommes et une boite de jus de pomme. Elle lui glace les doigts.Il n'a pas encore mis de musique et ça l'étonne. Encore moins la radio. Trop de mots. Trop peu de silence.
Il s'arrête finalement non loin de là. Dans un champ. Pas envie, pas besoin mais la mayonnaise dégouline. Il ne peut pas conduire. Manger ou conduire, il choisit de manger.Il tente une sieste à suivre mais l'endroit ne l'inspire pas. Les pensées s'éparpillent dans sa tête. Il fait froid. Il reprend la route. La nuit menace. Elle rôde, en tout cas.
Un panneau indique une cité thermale, un nom se terminant par « les eaux ». Il décide de s'y rendre. Qui sait, il y aura un casino, il fera fortune. Mais il n'a pas d'argent sur lui. Il ne jouera pas. N'ira pas au Casino. N'y va plus. Passons. Il traverse des routes vides et des villages éteints. Puis il arrive dans la cité toute grimée. C'est tout du moins l'impression qu'elle lui donne. Partout des lampadaires colorés et des massifs fleuris. Du pavé. Du granit scintillant. Centre-ville est interdit aux voitures. Il contourne. Pas un fil, tout est enterré. On dirait une ville qui se cache. Mais ce ne sont que trois rues. Des vitrines clignotent. C'est un peu ridicule. Elles clignotent pour qui ? Pourquoi ?Il ne s'arrête pas.
Il longe les terrains de sport en surplomb de la cité et plonge vers la suite.C'est le début du massif des Vosges. Il se sent chez lui. Faut sombre, pourtant. Les routes sont sinueuses. Les forêts de sapins s'étalent. La roche est rouge. Il se sent chez lui et c'est la première information de cette journée. Il rentrera, se dit-il. Il n'en était pas sûr.
Il est surpris, longeant un ruisseau, de découvrir au beau milieu de nulle part une riche demeure estampillée restaurant avec étoiles. Plusieurs voitures haut de gamme sont garées. De l'autre côté de la route, un hôtel high tech a été construit. Il lui semble apercevoir des silhouettes. Il se demande s'il va s'arrêter, se dit que s'il avait joué au casino peut-être pourquoi pas, se souvient qu'il a décidé de rentrer chez lui. Il se promet juste, passant, d'aller jeter un œil sur le net plus tard, pour voir les prix, pour renifler les menus.
Il décide de suivre le ruisseau. Il prend à droite, et se demande dans quelle rivière il va se jeter. Le ruisseau.
Il traverse des villages. Et encore des villages. Ils semblent endormis. Pas éteints.
Un panneau station verte de vacances l'a prévenu. Ces maisons vides sont sans doute des maisons de vacances. Il essaie d'imaginer les vacanciers qui arrivent, ce qui s'installe, des pêcheurs sûrement, des repas arrosés, des éclats de voix, et s'en repart.La nuit approche. Il suit un chemin qui file dans la montagne. Il décide la sieste, là, maintenant. S'endort en se demandant où il se réveillera.
* Titre emprunté à HF Théifaine. Paroles ici.
Errer Humanum Est*
Il n'a pas titubé jusqu'au lit mais il s'y est effondré. Face contre oreiller. Il s'est réveillé comme ça quelques heures plus tard. Mal au dos. Froid. Vague démangeaison dans un orteil. Un moustique, peut-être.
Il s'est levé. Il a allumé l'ordinateur. Il s'est promené ça et là. Il a bu un café. Il s'est allumé une cigarette. Un autre café. Une autre cigarette. D'autres pages sur le net. Et puis il se lève. Met un blouson. Il part.
Il est monté dans sa voiture. Il l'a démarrée. Ils ont roulé.Contrarié.Surtout lui.
Il n'aime pas ne pas savoir où il va. Il n'aime pas n'avoir aucune raison de tourner là, de se rendre ici.
Alors il décide de faire un jeu.Voir où cela le conduit. Laisser les pensées choisir le chemin. Partir, revenir.Aller, venir. Il verra bien. Il verra surtout ce qui se niche entre les deux.
Maintenant Il roule.
Il se retrouve au Luxembourg, il y achète des cigarettes. Et des gâteaux. Chocolat fraise. Pas de mangue. Il n'est pas encore l'heure pour autre chose. Il a regardé quelques journaux, quelques revues. RAS. Des gens partout, qui se croisent, qui attendent, qui repartent, qui se lavent, qui pissent, qui se regardent, qui se heurtent. Un chien dehors. Se frotte les pattes dans la pelouse humide. Regard fatigué de qui le tient en laisse.
Vaguement, il pense se prendre un café et s'asseoir, regarder cette société. Il se contente d'une pièce d'un euro vingt et d'un gobelet. A défaut, c'est une boisson chaude.
Ca s'anime ensuite.
Au lieu d'aller tout droit à la bretelle de Bettencourt, il prend à droite.Ses yeux n'en finissent pas de se poser sur des endroits où il ne s'est jamais rendu. Il longe. Il note que le soleil s'éveille. Un peu. Il pleuvait tout à l'heure. C'est mieux. Il trouve que ça lui fait bien, l'air de la découverte. Il a presque envie de mettre cap au nord et d'aller voir la mer.L'idée lui suffit. Il reste sur sa route cependant. Il s'est vu débouler sur une immense plage, avec mer et dunes. Il n'aime pas les stations balnéaires. Surtout en cette saison.
Il se dirige vers l'Allemagne, lui dit un panneau, alors il bifurque et se retrouve devant les énormes cheminées de la centrale nucléaire. Cela ne lui inspire pas grand chose. Il s'en fout. Il sent juste la commune fortunée. Le revêtement des trottoirs, ici, ne sont pas comme ailleurs. Il espère que les pauvres ont droit à plus d'aides qu'ailleurs et espère mieux encore, qu'il n'y ait pas de pauvres. Se dit que s'il y en avait, sûrement qu'on les aurait aidé à partir ailleurs. Des immeubles, là-bas. C'est sûrement ça.
Il est maintenant près de midi. Il trouve un Super U à la sortie de la ville, il a suivi les panneaux, il s'est trompé, il a tourné dans le rond-point, il a trouvé. Il apprécie d'y trouver une boulangerie, boulangère lourdement maquillée, il s'achète un sandwich bourré de mayonnaise, enfin ça il le saura après, pour le mayonnaise, il prend aussi un chausson aux pommes et une boite de jus de pomme. Elle lui glace les doigts.Il n'a pas encore mis de musique et ça l'étonne. Encore moins la radio. Trop de mots. Trop peu de silence.
Il s'arrête finalement non loin de là. Dans un champ. Pas envie, pas besoin mais la mayonnaise dégouline. Il ne peut pas conduire. Manger ou conduire, il choisit de manger.Il tente une sieste à suivre mais l'endroit ne l'inspire pas. Les pensées s'éparpillent dans sa tête. Il fait froid. Il reprend la route. La nuit menace. Elle rôde, en tout cas.
Un panneau indique une cité thermale, un nom se terminant par « les eaux ». Il décide de s'y rendre. Qui sait, il y aura un casino, il fera fortune. Mais il n'a pas d'argent sur lui. Il ne jouera pas. N'ira pas au Casino. N'y va plus. Passons. Il traverse des routes vides et des villages éteints. Puis il arrive dans la cité toute grimée. C'est tout du moins l'impression qu'elle lui donne. Partout des lampadaires colorés et des massifs fleuris. Du pavé. Du granit scintillant. Centre-ville est interdit aux voitures. Il contourne. Pas un fil, tout est enterré. On dirait une ville qui se cache. Mais ce ne sont que trois rues. Des vitrines clignotent. C'est un peu ridicule. Elles clignotent pour qui ? Pourquoi ?Il ne s'arrête pas.
Il longe les terrains de sport en surplomb de la cité et plonge vers la suite.C'est le début du massif des Vosges. Il se sent chez lui. Faut sombre, pourtant. Les routes sont sinueuses. Les forêts de sapins s'étalent. La roche est rouge. Il se sent chez lui et c'est la première information de cette journée. Il rentrera, se dit-il. Il n'en était pas sûr.
Il est surpris, longeant un ruisseau, de découvrir au beau milieu de nulle part une riche demeure estampillée restaurant avec étoiles. Plusieurs voitures haut de gamme sont garées. De l'autre côté de la route, un hôtel high tech a été construit. Il lui semble apercevoir des silhouettes. Il se demande s'il va s'arrêter, se dit que s'il avait joué au casino peut-être pourquoi pas, se souvient qu'il a décidé de rentrer chez lui. Il se promet juste, passant, d'aller jeter un œil sur le net plus tard, pour voir les prix, pour renifler les menus.
Il décide de suivre le ruisseau. Il prend à droite, et se demande dans quelle rivière il va se jeter. Le ruisseau.
Il traverse des villages. Et encore des villages. Ils semblent endormis. Pas éteints.
Un panneau station verte de vacances l'a prévenu. Ces maisons vides sont sans doute des maisons de vacances. Il essaie d'imaginer les vacanciers qui arrivent, ce qui s'installe, des pêcheurs sûrement, des repas arrosés, des éclats de voix, et s'en repart.La nuit approche. Il suit un chemin qui file dans la montagne. Il décide la sieste, là, maintenant. S'endort en se demandant où il se réveillera.
* Titre emprunté à HF Théifaine. Paroles ici.
Il s'est levé. Il a allumé l'ordinateur. Il s'est promené ça et là. Il a bu un café. Il s'est allumé une cigarette. Un autre café. Une autre cigarette. D'autres pages sur le net. Et puis il se lève. Met un blouson. Il part.
Il est monté dans sa voiture. Il l'a démarrée. Ils ont roulé.Contrarié.Surtout lui.
Il n'aime pas ne pas savoir où il va. Il n'aime pas n'avoir aucune raison de tourner là, de se rendre ici.
Alors il décide de faire un jeu.Voir où cela le conduit. Laisser les pensées choisir le chemin. Partir, revenir.Aller, venir. Il verra bien. Il verra surtout ce qui se niche entre les deux.
Maintenant Il roule.
Il se retrouve au Luxembourg, il y achète des cigarettes. Et des gâteaux. Chocolat fraise. Pas de mangue. Il n'est pas encore l'heure pour autre chose. Il a regardé quelques journaux, quelques revues. RAS. Des gens partout, qui se croisent, qui attendent, qui repartent, qui se lavent, qui pissent, qui se regardent, qui se heurtent. Un chien dehors. Se frotte les pattes dans la pelouse humide. Regard fatigué de qui le tient en laisse.
Vaguement, il pense se prendre un café et s'asseoir, regarder cette société. Il se contente d'une pièce d'un euro vingt et d'un gobelet. A défaut, c'est une boisson chaude.
Ca s'anime ensuite.
Au lieu d'aller tout droit à la bretelle de Bettencourt, il prend à droite.Ses yeux n'en finissent pas de se poser sur des endroits où il ne s'est jamais rendu. Il longe. Il note que le soleil s'éveille. Un peu. Il pleuvait tout à l'heure. C'est mieux. Il trouve que ça lui fait bien, l'air de la découverte. Il a presque envie de mettre cap au nord et d'aller voir la mer.L'idée lui suffit. Il reste sur sa route cependant. Il s'est vu débouler sur une immense plage, avec mer et dunes. Il n'aime pas les stations balnéaires. Surtout en cette saison.
Il se dirige vers l'Allemagne, lui dit un panneau, alors il bifurque et se retrouve devant les énormes cheminées de la centrale nucléaire. Cela ne lui inspire pas grand chose. Il s'en fout. Il sent juste la commune fortunée. Le revêtement des trottoirs, ici, ne sont pas comme ailleurs. Il espère que les pauvres ont droit à plus d'aides qu'ailleurs et espère mieux encore, qu'il n'y ait pas de pauvres. Se dit que s'il y en avait, sûrement qu'on les aurait aidé à partir ailleurs. Des immeubles, là-bas. C'est sûrement ça.
Il est maintenant près de midi. Il trouve un Super U à la sortie de la ville, il a suivi les panneaux, il s'est trompé, il a tourné dans le rond-point, il a trouvé. Il apprécie d'y trouver une boulangerie, boulangère lourdement maquillée, il s'achète un sandwich bourré de mayonnaise, enfin ça il le saura après, pour le mayonnaise, il prend aussi un chausson aux pommes et une boite de jus de pomme. Elle lui glace les doigts.Il n'a pas encore mis de musique et ça l'étonne. Encore moins la radio. Trop de mots. Trop peu de silence.
Il s'arrête finalement non loin de là. Dans un champ. Pas envie, pas besoin mais la mayonnaise dégouline. Il ne peut pas conduire. Manger ou conduire, il choisit de manger.Il tente une sieste à suivre mais l'endroit ne l'inspire pas. Les pensées s'éparpillent dans sa tête. Il fait froid. Il reprend la route. La nuit menace. Elle rôde, en tout cas.
Un panneau indique une cité thermale, un nom se terminant par « les eaux ». Il décide de s'y rendre. Qui sait, il y aura un casino, il fera fortune. Mais il n'a pas d'argent sur lui. Il ne jouera pas. N'ira pas au Casino. N'y va plus. Passons. Il traverse des routes vides et des villages éteints. Puis il arrive dans la cité toute grimée. C'est tout du moins l'impression qu'elle lui donne. Partout des lampadaires colorés et des massifs fleuris. Du pavé. Du granit scintillant. Centre-ville est interdit aux voitures. Il contourne. Pas un fil, tout est enterré. On dirait une ville qui se cache. Mais ce ne sont que trois rues. Des vitrines clignotent. C'est un peu ridicule. Elles clignotent pour qui ? Pourquoi ?Il ne s'arrête pas.
Il longe les terrains de sport en surplomb de la cité et plonge vers la suite.C'est le début du massif des Vosges. Il se sent chez lui. Faut sombre, pourtant. Les routes sont sinueuses. Les forêts de sapins s'étalent. La roche est rouge. Il se sent chez lui et c'est la première information de cette journée. Il rentrera, se dit-il. Il n'en était pas sûr.
Il est surpris, longeant un ruisseau, de découvrir au beau milieu de nulle part une riche demeure estampillée restaurant avec étoiles. Plusieurs voitures haut de gamme sont garées. De l'autre côté de la route, un hôtel high tech a été construit. Il lui semble apercevoir des silhouettes. Il se demande s'il va s'arrêter, se dit que s'il avait joué au casino peut-être pourquoi pas, se souvient qu'il a décidé de rentrer chez lui. Il se promet juste, passant, d'aller jeter un œil sur le net plus tard, pour voir les prix, pour renifler les menus.
Il décide de suivre le ruisseau. Il prend à droite, et se demande dans quelle rivière il va se jeter. Le ruisseau.
Il traverse des villages. Et encore des villages. Ils semblent endormis. Pas éteints.
Un panneau station verte de vacances l'a prévenu. Ces maisons vides sont sans doute des maisons de vacances. Il essaie d'imaginer les vacanciers qui arrivent, ce qui s'installe, des pêcheurs sûrement, des repas arrosés, des éclats de voix, et s'en repart.La nuit approche. Il suit un chemin qui file dans la montagne. Il décide la sieste, là, maintenant. S'endort en se demandant où il se réveillera.
* Titre emprunté à HF Théifaine. Paroles ici.
Chansons que voilà
Un dimanche. A la maison. Côté musique, c'est chanson française. Je partage avec vous.C'est oreille tendue en mode aléatoire. Une centaine d'albums réunis dans un dossier. VLC fait sa tambouille. Je reçois. Comme ça vient.Les chansons et les artistes se succèdent, formant un monde particulier, rempli de phrases et de mots, qui crie parfois, chuchote aussi. Des femmes, des hommes. Des refrains. Des sons. Voyage.
Le périple débute par Je t'oublie, de Yves Jamait. Se poursuit avec Un homme couvert de femmes, de Miossec. Miossec qui dit ça fait mal, mal, mal. Et puis voilà Gwazigan, vieux groupe quebecquois méconnu. Dehors, il fait froid, il fait givre, il fait ciel bleu et il tombe bien, cet accent à nul autre pareil. Cet accent et cette ambiance musicale, aussi. Guitares sèches, violon. Un côté feu de cheminée pour conter Marcoux Labonté. Quelques souvenirs, aussi. Voilà un groupe que j'ai programmé il y a de cela quelques années. J'avais aimé cette rencontre. Cet échange aussi avec quelques uns des anciens de la Bottine Souriante. Une bottine, soit dit en passant, qui m'avait à l'époque sans qu'il ait de rapport avec la semoule les souliers sont rouge, groupe mythique pour moi, malheureusement éteint (à moins qu'il ne se réveille un de ces quatre) ? Qui s'est réveillé, un matin. Parlez-moi de vos villes, dit le chanteur. Je pense à vous souvent, précise Cyril Mokaiesh. Je me souviens de tout. Je vous écris ces quelques fleurs avec mon coeur à l'intérieur. Surgit Maurane, qui conseille de prendre une petite laine. Accordéon, bon petit rythme, ça swingue. Mademoiselle Madeleine se souvient de l'instant, dit la chanteuse. Évoque le soleil couchant. Avant de laisser le micro Jeanne Plante. Qui évoque aussi le réveil qui sonne. Ces matins sous la couette. Le bain. On est bien.Un côté Le jour d'avant, avec cette fois Yann Tiersen au violon et à l'accordéon. Un morceau instrumental qui ressemble à un voyage tranquille, en barque sur un canal, ou à vélo sur une route tranquille. Qui s'accélère. Peut-être des rencontres. Ou l'orage qui arrive en courant. En tout cas, je sifflote.
Bertrand Cantat entonne alors l'air suivant. Sa voix s'élève. Retrouvailles Noir Désir avant guitares saturées et batterie qui scande. Qui assène. Il demande, lost, Pourras-tu le faire ? Après les certitudes, au delà des bords. Collines enflammées. Courir ventre à terre. Consommer, consumer, cracher de l'air. Dans le dérisoire, dans les accessoires, dans le feu des possibles. Dans les corridors. Sous les baies vitrées.
Et voilà Aaron. Seeds of gold. Un piano synthétique. Une voix rauquisante qui surgit. C'est celle de Simon. Comme sortie d'un brouillard, la voix, comme deux phares dans la nuit. Ou de la buée, sur une vitre.
Et puis c'est le tour de Mickael Miro. Parler du monde, il dit. Ecrire quand même. Pas d'humeur à parler de guerre. D'où vient cette envie d'écrire, demande-t-il. Non non non non, je n'ai pas de thème. Ecrire quand même...
Surgit alors Bernard Joyet. Qui évoque Ma Bible. Une chanson nichée dans une compilation dénichée par hasard sous le titre de Mécréant. Quelqu'un a compilé pas mal de chansons plutôt critiques à l'égard de la religion. On est dimanche ou on n'y est pas ;-)
Le périple débute par Je t'oublie, de Yves Jamait. Se poursuit avec Un homme couvert de femmes, de Miossec. Miossec qui dit ça fait mal, mal, mal. Et puis voilà Gwazigan, vieux groupe quebecquois méconnu. Dehors, il fait froid, il fait givre, il fait ciel bleu et il tombe bien, cet accent à nul autre pareil. Cet accent et cette ambiance musicale, aussi. Guitares sèches, violon. Un côté feu de cheminée pour conter Marcoux Labonté. Quelques souvenirs, aussi. Voilà un groupe que j'ai programmé il y a de cela quelques années. J'avais aimé cette rencontre. Cet échange aussi avec quelques uns des anciens de la Bottine Souriante. Une bottine, soit dit en passant, qui m'avait à l'époque sans qu'il ait de rapport avec la semoule les souliers sont rouge, groupe mythique pour moi, malheureusement éteint (à moins qu'il ne se réveille un de ces quatre) ? Qui s'est réveillé, un matin. Parlez-moi de vos villes, dit le chanteur. Je pense à vous souvent, précise Cyril Mokaiesh. Je me souviens de tout. Je vous écris ces quelques fleurs avec mon coeur à l'intérieur. Surgit Maurane, qui conseille de prendre une petite laine. Accordéon, bon petit rythme, ça swingue. Mademoiselle Madeleine se souvient de l'instant, dit la chanteuse. Évoque le soleil couchant. Avant de laisser le micro Jeanne Plante. Qui évoque aussi le réveil qui sonne. Ces matins sous la couette. Le bain. On est bien.Un côté Le jour d'avant, avec cette fois Yann Tiersen au violon et à l'accordéon. Un morceau instrumental qui ressemble à un voyage tranquille, en barque sur un canal, ou à vélo sur une route tranquille. Qui s'accélère. Peut-être des rencontres. Ou l'orage qui arrive en courant. En tout cas, je sifflote.
Bertrand Cantat entonne alors l'air suivant. Sa voix s'élève. Retrouvailles Noir Désir avant guitares saturées et batterie qui scande. Qui assène. Il demande, lost, Pourras-tu le faire ? Après les certitudes, au delà des bords. Collines enflammées. Courir ventre à terre. Consommer, consumer, cracher de l'air. Dans le dérisoire, dans les accessoires, dans le feu des possibles. Dans les corridors. Sous les baies vitrées.
Et voilà Aaron. Seeds of gold. Un piano synthétique. Une voix rauquisante qui surgit. C'est celle de Simon. Comme sortie d'un brouillard, la voix, comme deux phares dans la nuit. Ou de la buée, sur une vitre.
Et puis c'est le tour de Mickael Miro. Parler du monde, il dit. Ecrire quand même. Pas d'humeur à parler de guerre. D'où vient cette envie d'écrire, demande-t-il. Non non non non, je n'ai pas de thème. Ecrire quand même...
Surgit alors Bernard Joyet. Qui évoque Ma Bible. Une chanson nichée dans une compilation dénichée par hasard sous le titre de Mécréant. Quelqu'un a compilé pas mal de chansons plutôt critiques à l'égard de la religion. On est dimanche ou on n'y est pas ;-)
Chansons que voilà
Un dimanche. A la maison. Côté musique, c'est chanson française. Je partage avec vous.C'est oreille tendue en mode aléatoire. Une centaine d'albums réunis dans un dossier. VLC fait sa tambouille. Je reçois. Comme ça vient.Les chansons et les artistes se succèdent, formant un monde particulier, rempli de phrases et de mots, qui crie parfois, chuchote aussi. Des femmes, des hommes. Des refrains. Des sons. Voyage.
Le périple débute par Je t'oublie, de Yves Jamait. Se poursuit avec Un homme couvert de femmes, de Miossec. Miossec qui dit ça fait mal, mal, mal. Et puis voilà Gwazigan, vieux groupe quebecquois méconnu. Dehors, il fait froid, il fait givre, il fait ciel bleu et il tombe bien, cet accent à nul autre pareil. Cet accent et cette ambiance musicale, aussi. Guitares sèches, violon. Un côté feu de cheminée pour conter Marcoux Labonté. Quelques souvenirs, aussi. Voilà un groupe que j'ai programmé il y a de cela quelques années. J'avais aimé cette rencontre. Cet échange aussi avec quelques uns des anciens de la Bottine Souriante. Une bottine, soit dit en passant, qui m'avait à l'époque sans qu'il ait de rapport avec la semoule les souliers sont rouge, groupe mythique pour moi, malheureusement éteint (à moins qu'il ne se réveille un de ces quatre) ? Qui s'est réveillé, un matin. Parlez-moi de vos villes, dit le chanteur. Je pense à vous souvent, précise Cyril Mokaiesh. Je me souviens de tout. Je vous écris ces quelques fleurs avec mon coeur à l'intérieur. Surgit Maurane, qui conseille de prendre une petite laine. Accordéon, bon petit rythme, ça swingue. Mademoiselle Madeleine se souvient de l'instant, dit la chanteuse. Évoque le soleil couchant. Avant de laisser le micro Jeanne Plante. Qui évoque aussi le réveil qui sonne. Ces matins sous la couette. Le bain. On est bien.Un côté Le jour d'avant, avec cette fois Yann Tiersen au violon et à l'accordéon. Un morceau instrumental qui ressemble à un voyage tranquille, en barque sur un canal, ou à vélo sur une route tranquille. Qui s'accélère. Peut-être des rencontres. Ou l'orage qui arrive en courant. En tout cas, je sifflote.
Bertrand Cantat entonne alors l'air suivant. Sa voix s'élève. Retrouvailles Noir Désir avant guitares saturées et batterie qui scande. Qui assène. Il demande, lost, Pourras-tu le faire ? Après les certitudes, au delà des bords. Collines enflammées. Courir ventre à terre. Consommer, consumer, cracher de l'air. Dans le dérisoire, dans les accessoires, dans le feu des possibles. Dans les corridors. Sous les baies vitrées.
Et voilà Aaron. Seeds of gold. Un piano synthétique. Une voix rauquisante qui surgit. C'est celle de Simon. Comme sortie d'un brouillard, la voix, comme deux phares dans la nuit. Ou de la buée, sur une vitre.
Et puis c'est le tour de Mickael Miro. Parler du monde, il dit. Ecrire quand même. Pas d'humeur à parler de guerre. D'où vient cette envie d'écrire, demande-t-il. Non non non non, je n'ai pas de thème. Ecrire quand même...
Surgit alors Bernard Joyet. Qui évoque Ma Bible. Une chanson nichée dans une compilation dénichée par hasard sous le titre de Mécréant. Quelqu'un a compilé pas mal de chansons plutôt critiques à l'égard de la religion. On est dimanche ou on n'y est pas ;-)
Le périple débute par Je t'oublie, de Yves Jamait. Se poursuit avec Un homme couvert de femmes, de Miossec. Miossec qui dit ça fait mal, mal, mal. Et puis voilà Gwazigan, vieux groupe quebecquois méconnu. Dehors, il fait froid, il fait givre, il fait ciel bleu et il tombe bien, cet accent à nul autre pareil. Cet accent et cette ambiance musicale, aussi. Guitares sèches, violon. Un côté feu de cheminée pour conter Marcoux Labonté. Quelques souvenirs, aussi. Voilà un groupe que j'ai programmé il y a de cela quelques années. J'avais aimé cette rencontre. Cet échange aussi avec quelques uns des anciens de la Bottine Souriante. Une bottine, soit dit en passant, qui m'avait à l'époque sans qu'il ait de rapport avec la semoule les souliers sont rouge, groupe mythique pour moi, malheureusement éteint (à moins qu'il ne se réveille un de ces quatre) ? Qui s'est réveillé, un matin. Parlez-moi de vos villes, dit le chanteur. Je pense à vous souvent, précise Cyril Mokaiesh. Je me souviens de tout. Je vous écris ces quelques fleurs avec mon coeur à l'intérieur. Surgit Maurane, qui conseille de prendre une petite laine. Accordéon, bon petit rythme, ça swingue. Mademoiselle Madeleine se souvient de l'instant, dit la chanteuse. Évoque le soleil couchant. Avant de laisser le micro Jeanne Plante. Qui évoque aussi le réveil qui sonne. Ces matins sous la couette. Le bain. On est bien.Un côté Le jour d'avant, avec cette fois Yann Tiersen au violon et à l'accordéon. Un morceau instrumental qui ressemble à un voyage tranquille, en barque sur un canal, ou à vélo sur une route tranquille. Qui s'accélère. Peut-être des rencontres. Ou l'orage qui arrive en courant. En tout cas, je sifflote.
Bertrand Cantat entonne alors l'air suivant. Sa voix s'élève. Retrouvailles Noir Désir avant guitares saturées et batterie qui scande. Qui assène. Il demande, lost, Pourras-tu le faire ? Après les certitudes, au delà des bords. Collines enflammées. Courir ventre à terre. Consommer, consumer, cracher de l'air. Dans le dérisoire, dans les accessoires, dans le feu des possibles. Dans les corridors. Sous les baies vitrées.
Et voilà Aaron. Seeds of gold. Un piano synthétique. Une voix rauquisante qui surgit. C'est celle de Simon. Comme sortie d'un brouillard, la voix, comme deux phares dans la nuit. Ou de la buée, sur une vitre.
Et puis c'est le tour de Mickael Miro. Parler du monde, il dit. Ecrire quand même. Pas d'humeur à parler de guerre. D'où vient cette envie d'écrire, demande-t-il. Non non non non, je n'ai pas de thème. Ecrire quand même...
Surgit alors Bernard Joyet. Qui évoque Ma Bible. Une chanson nichée dans une compilation dénichée par hasard sous le titre de Mécréant. Quelqu'un a compilé pas mal de chansons plutôt critiques à l'égard de la religion. On est dimanche ou on n'y est pas ;-)
Plaisir d'offrir
C'est de saison, n'est-ce pas ?
Avec décembre arrivent les traditionnelles questions relatives aux cadeaux. Quoi offrir ? Et à qui ?
Je précise d'emblée que j'aime, ces questions-là, et que d'ailleurs, je n'attends pas la seule période de Noël pour me la poser.
Mais on ne peut nier qu'elle prend un sacré volume en cette période.
Passons si vous le voulez bien sur cette frénésie mercantile orchestrée. Là n'est pas le sujet.
J'ai dans Psychologies Magazine un article intéressant, sur le sujet. On peut le trouver en cliquant ici.
J'ai notamment bien aimé cette idée : les cadeaux ont une âme.
Personnellement, j'aime faire des cadeaux.
Et peut-être surtout y penser.
Par opposition, évidemment, j'ai horreur du cadeau bâclé. Du machin qu'on refile. Sans âme, justement. Et de ce point de vue, je dirais que je fais partie de ceux qui n'aiment guère la manière dont au fil des années, la période des fêtes et des cadeaux a évolué, de ce point de vue là.
Les fêtes de fin d'année, c'est sûr, sont devenues pour l'homo capitalisme, un temps important où presque le cadeau est devenu un devoir. Un impératif. Les sollicitations ne manquent pas. Il n'est qu'à voir le nombre de courriels que l'on reçoit dans cette période, tous plus incitatifs les uns que les autres. Sans parler des yeux des enfants, qui brillent devant vitrines et catalogues. Ils savent. Que des portes vont s'ouvrir. Que des cadeaux vont tomber. Nous pensions du ciel. Ils savent que c'est du porte-monnaie.
Je n'aime pas quand les gens ne réfléchissent pas au cadeau qu'ils vont faire, demandant des listes, dans lesquelles ils puiseront. S'impliquent pas. Je n'aime pas les cadeaux qui ne ressemblent finalement ni à celui qui offre, ni à celui qui reçoit. Je pense souvent à tout ce fric qui est bazardé dans le vide, me disant qu'à tout choisir, je préférerais qu'il n'y ait pas de cadeau, parfois. Un morceau de pain suffirait. Un sourire. Un baiser. Mais ce n'est pas trop dans les us et coutumes. Et je ne parle pas de la bouffe, qui s'amoncelle sur les tables, parfois jusqu'à la crise de foie potentielle.
Pourtant...
Laisser le projet germer, utiliser quelques virages, faire son chemin.Y'a du sourire, là-dedans. Du chaud. De l'impatience, parfois.
J'aime l'idée que le cadeau est une rencontre, une passerelle, entre soi et l'autre. J'aime penser à l'autre, ce qu'il aime, ce qu'il représente pour moi, ce que je j'ai envie de lui donner, de partager avec lui.
C'est que le risque est sympa, aussi, dans le cadeau. On peut en effet se louper, ça peut ne pas plaire. Et c'est ça qui est bon. Ca qui n'a finalement pas de prix.
Avec décembre arrivent les traditionnelles questions relatives aux cadeaux. Quoi offrir ? Et à qui ?
Je précise d'emblée que j'aime, ces questions-là, et que d'ailleurs, je n'attends pas la seule période de Noël pour me la poser.
Mais on ne peut nier qu'elle prend un sacré volume en cette période.
Passons si vous le voulez bien sur cette frénésie mercantile orchestrée. Là n'est pas le sujet.
J'ai dans Psychologies Magazine un article intéressant, sur le sujet. On peut le trouver en cliquant ici.
J'ai notamment bien aimé cette idée : les cadeaux ont une âme.
Personnellement, j'aime faire des cadeaux.
Et peut-être surtout y penser.
Par opposition, évidemment, j'ai horreur du cadeau bâclé. Du machin qu'on refile. Sans âme, justement. Et de ce point de vue, je dirais que je fais partie de ceux qui n'aiment guère la manière dont au fil des années, la période des fêtes et des cadeaux a évolué, de ce point de vue là.
Les fêtes de fin d'année, c'est sûr, sont devenues pour l'homo capitalisme, un temps important où presque le cadeau est devenu un devoir. Un impératif. Les sollicitations ne manquent pas. Il n'est qu'à voir le nombre de courriels que l'on reçoit dans cette période, tous plus incitatifs les uns que les autres. Sans parler des yeux des enfants, qui brillent devant vitrines et catalogues. Ils savent. Que des portes vont s'ouvrir. Que des cadeaux vont tomber. Nous pensions du ciel. Ils savent que c'est du porte-monnaie.
Je n'aime pas quand les gens ne réfléchissent pas au cadeau qu'ils vont faire, demandant des listes, dans lesquelles ils puiseront. S'impliquent pas. Je n'aime pas les cadeaux qui ne ressemblent finalement ni à celui qui offre, ni à celui qui reçoit. Je pense souvent à tout ce fric qui est bazardé dans le vide, me disant qu'à tout choisir, je préférerais qu'il n'y ait pas de cadeau, parfois. Un morceau de pain suffirait. Un sourire. Un baiser. Mais ce n'est pas trop dans les us et coutumes. Et je ne parle pas de la bouffe, qui s'amoncelle sur les tables, parfois jusqu'à la crise de foie potentielle.
Pourtant...
Laisser le projet germer, utiliser quelques virages, faire son chemin.Y'a du sourire, là-dedans. Du chaud. De l'impatience, parfois.
J'aime l'idée que le cadeau est une rencontre, une passerelle, entre soi et l'autre. J'aime penser à l'autre, ce qu'il aime, ce qu'il représente pour moi, ce que je j'ai envie de lui donner, de partager avec lui.
C'est que le risque est sympa, aussi, dans le cadeau. On peut en effet se louper, ça peut ne pas plaire. Et c'est ça qui est bon. Ca qui n'a finalement pas de prix.
Rubrique
Aimer,
Constater,
Décrypter,
Echanger,
Evoquer,
Questionner,
Ressentir,
S'enthousiasmer,
S'indigner,
Témoigner
Inscription à :
Commentaires (Atom)






