jeudi 9 février 2012

Les uns, les autres, la route

Le trajet ordinaire, c'est une demi-heure. Là, neige oblige, les flocons sont tombés pile l'autre soir à l'heure de la sortie, ça m'a pris un peu plus de deux heures.
Bien au chaud dans mon cockpit, j'en ai profité pour écouter de le musique. Grignoter un Snickers. Et aussi... écouter la radio.
Cela m'arrive rarement.
Là, c'était le France Bleu local. Mandaté pour "faire la route ensemble". Idéal en cas de bouchon. On écoute l'animateur nous dire les dernières prévisions et nous expliquer ce que nous sommes en train de vivre. Surtout, le susdit donne régulièrement la parole à des comme moi, bloqués sur la route, qui témoignent. Josiane est à tel endroit et signale ceci. Marc est là. Il raconte. Et chacun d'inviter à la patience, à la prudence, non sans saluer les "gars du déneigement" qui se déploient.
Certains m'épatent. Ils sont à fond dedans. Doivent prendre des notes, c'est pas possible autrement.
Un grand moment de fraternité.
Devant moi, une voiture. Normal, on est dans un bouchon. Elle colle la voiture qui la précède. La colle tellement qu'elle ne permet pas aux autres à sa droite de tourner à leur gauche. N'y a pas l'espace. Une longue file se créé face à nous. Il eut suffit qu'elle ne bouge pas le coup précédent, qu'elle laisse passer. Ca n'aurait pas changé grand chose à son statut.
Toutes sortes de citoyens...
Ceci dit, on peut aussi lire ceci.

lundi 6 février 2012

Merci Arte

Vol dans le nid

Vraisemblablement, nous avons été "cambriolés" cette nuit.
Mais là n'est pas l'objet de ce billet, il ne s'agit pas de pousser des cries d'orfraie, tout ça.
Je me punis tout seul : la porte n'était pas à clé fermée (cette erreur, ce défaut de vigilance sera nonobstant rectifié dés ce soir).
Non, ce qui m'invite à griffonner ce petit mot en passant, c'est l'aplomb du ou des gars qui sont passés nous rendre une visite nocturne alors que tout le monde dormait dans la casa.
Un aplomb qui est allé jusqu'à laisser derrière le mur les porte-monnaie vides de leur contenu. Et même une montre. Et même un enregistreur mp3. Genre on veut que de la thune.
Aplomb, disais-je.
Car quand même, faut des nerfs pour aller chez les gens la nuit lorsque ces gens-là sont chez eux.
Il faut être sacrément sûr de soi (ou totalement inconscient) pour ensuite, sur place, prendre le le temps de  regarder le "butin" et de  laisser sur place ensuite ce qui n'intéresse pas.
Un reproche, quand même. A l'intention de le ou les gars.
Z'auriez quand même pu refermer la porte à repartant. Avec le froid de ces temps-ci, ça caillait ce matin quand je me suis levé.
Et puis une info, le ou les mecs : la thune, c'était celle des enfants. Leur argent de poche.
Et merde !

Vu sur le net / La tentation du sac à dos

Ils ont 18 ou 35 ans, s’offrent des billets 
sans retour pour l’étranger, et vont chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas en France : cursus, job, amour ou liberté. Qui sont-ils ? 
Que gagnent-ils à larguer les amarres ?
A lire sur le site de sciences humaines.
S'évader. La tentation du sac à dos - Anne-Laure Pommery

Question du fils

Maman, demande ce matin gars de 9 ans, je ne serai plus là, en 2158 ?
Vos réponses ?

Vu sur le net / La musique de l’amour

Depuis de nombreuses années, j’écoute les musiciens, les cinéastes, les comédiens, les danseurs, les peintres, les sculpteurs et les romanciers. Chaque fois, je me rends compte que les artistes parlent bien mieux des êtres humains, avec leurs mots à eux, leurs mots simples, leurs mots de tous les jours, que les « psychistes » qui ont un vocabulaire spécialisé devenu langue morte.

La musique de l’amour - Tomasella Saverio

dimanche 5 février 2012

Né un cinq février

Je me suis retrouvé dans les rues endormies parfaitement éveillé la paupière étrange, à gambader, à me dire, ça y est. Ca y est. Ca y est !
C'était au terme d'une nuit improbable, attendue, redoutée, finalement passée muscles endoloris entre un fauteuil amer et du mauvais café, de ceux qui tombent dans des gobelets après qu'on ait inséré des pièces. Madame était pour sa part entrée dans une sixième dimension, la peur jouant avec la douleur, l'inquiétude comme tatouée d'un embryon d'espoir, d'envie de voir enfin sa bouille et crainte qu'elle ne fut pas... Disons-le : elle fut.
C'était une nuit passée à tenter de se décontracter dans l'attente des contractions, l'oreille parfois collée au portable, échangeant avec les uns, prévenant les autres, les loins surtout. De ces nuits qui s'écoulent comme les gouttes d'une perfusion,  lentement s'étirent, aiguilles de l'horloge comme figées. Temps suspendu.
Alors aussi on arpente des couloirs médicalisés pendant que se mêlent des relents de soupe et d'éther, parfois quelques grincements, portes qui se ferment, bip bip, ronflements. Il en va ainsi des silences à plusieurs. De ces nuits navette, où l'on va jeter oeil interrogatif à la chambre, scruter, demander, deviner, aller, venir, s'étirer, s'époumoner.
De ces nuits où l'on ne trouve pas le sommeil parce qu'on ne le cherche pas. Il est inutile.Il n'est pas de saison.Envahi par l'événement qui est là, à fleur de peaux, à portée de ventre.
Niché, encore, et petit à petit enclin à sortir la tête.
Je me souviens que des heures durant, il se passa cette attente qui échappait à toute échelle rationnelle du temps et soudain, tout s'accéléra; comme on bascule dans une septième, huitième, dixième dimension. Je fus devant, je fus derrière, j'étais nulle part, j'étais partout. La vie s'invitait. Nous avions rendez-vous avec elle. Nous l'attendions comme un soleil à venir.
N'en louper pas une miette. Je notai tout et ne retint rien. Tout fixer dans la bobine, imprimer que dalle. Langage du coeur au pays des corps.
L'enfant né, je m'étais retrouvé plus tard dans les rues, hurlant ma joie, brandissant ma fierté, hagard, totalement ailleurs, bien dans cet ailleurs.
Je sautillais d'un pied sur l'autre, je ne me souviens même plus du temps qu'il faisait, la cinquième saison s'était installée. J'esquissais juste une danse improbable, connue seulement de moi-même, issue des siècles précédents sans doute.
J'étais ici, j'étais ailleurs, j'étais la terre, l'enfant était venu, il était là, tout s'était "bien" passé.
Il faisait doux, évidemment. Né un cinq février. Fier comme artaban.

Le marché du dimanche

D'un dimanche l'autre. Que dire de cette semaine qui vient de s'écouler à travers quelques liens internet notés ça et là. Que ressort-il de cette semaine ?

D'abord le froid qui a donc déboulé au dernières lueurs de janvier, d'un coup, et comme toujours, voilà que la société et moi avons pensées pour celles et ceux qui n'ont pas demeure, pas chauffage. Côté présidentielle, on évoque largement le logement, c'est à qui se précipitera pour clamer son désir de changer les choses dans ce domaine.
Un domaine, rappelons-le, qui met hors la loi en toute impunité un certain nombre d'élus de la république, dont on se demande si à la longue, ils ne finissent pas par être des gestionnaires et c'est tout. Pas toujours de très bon gestionnaires, donc.
J'ai aussi lu que d'autres alibis rigoureux pointaient le bout de leur nez et que si le prisme ne changeait pas, on n'allait pas sortir aussi facilement que cela de l'auberge. On peut en tout cas affronter le frimas en chansons.

Ensuite noter que la Saint-Valentin approche, maintenant que les fêtes, les soldes, la frangipane et les crêpes sont (déjà) derrière nous. Et que c'est occasion non de se précipiter dans les échoppes pour l'annuel cadeau à la dulcinée, mais pour se pencher quelques instants sur un dossier qui évoque l'amour courtois.
Au menu : une évolution sociale à travers l’idéalisation de l’amour est surtout le besoin d’une élévation morale et du dépassement de soi. L’homme médiéval cherchait à transcender la matière afin de hisser son esprit dans les sphères d’un plaisir hors du commun, un plaisir qui lui permettait de cultiver patience, maîtrise de soi, humilité, fidélité, savoir-vivre. Les troubadours, hérauts d’une façon de vivre plus civilisée, plus policée, tentaient d’extirper leurs semblables de la brutalité et de la grossièreté propres à la société féodale. Or si le projet d’un amour idéal a échoué sur un long terme, il semble qu’il ait néanmoins permis à l’homme du Moyen-Âge d’adoucir ses mœurs et d’envisager doucement le raffinement de la Renaissance.

Côté environnement, j'ai noté, lard ou cochon ?, que l'idée d'une ONU de l'environnement fait son chemin. Et que côté nucléaire, si on ne nous dit pas tout, on nous en dit davantage progressivement. Du coup, rêvons à la Lune. Sans rapport avec la semoule, un article sur ce qui a changé cinq ans après la loi anti-tabac. Quelques surprises. Toujours sans rapport, mais cette fois parlons bouffe, et malbouffe, et tant qu'à faire, bonne bouffe.En découvrant ce site et en lisant ce site. J'aime en tout cas cette idée : Contrairement aux idées reçues, il est possible de nourrir tous les habitants de la planète sans nuire ni à notre environnement ni à notre santé.

Enfin, noté ici ceci : le radicalisme rigoureux peut conforter la pensée, il peut tuer l’activisme. Il y a des compromis qu’il ne faut surement pas faire pour ne pas basculer dans la réversibilité de l’action ou du programme, reste à savoir lesquels, mais il en est qui pourraient bien devoir être nécessairement faits pour rester en masse progressiste et progressive, reste à savoir lesquels.

samedi 4 février 2012

Aujourd'hui, c'est chez Gabriel

Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous un des chanteurs que je prends de plus en plus de plaisir à écouter.
Il y a une voix, unique, dont j'aime comme elle se charge d'émotions et sait nous les transmettre.
Il y a des paroles, qui disent le temps, les saisons, la Loire même.
Et il y a des sons, qui font une ambiance, mieux qu'habiller ces paroles et cette voix.
Ce chanteur, c'est Gabriel Yacoub. Pas le plus connu de tous.
Il a eu une vie avant, c'était avec le groupe Malicorne notamment.
Il conduit une carrière solo. Et parallèlement, accompagne, guide, fait découvrir d'autres artistes.
J'aime ces chanteurs qui portent un univers, l'ouvrent sans cesse, et surtout le partagent. Avec une douceur qui n'empêche pas gravité. Et une gravité qui n'obère pas sourire.
En 2008, 7 ans après son précédent disque (un délai qui paraît-il s'explique par la perte des maquettes de ses nouvelles chansons dans l'incendie de sa maison qu'il évoque dans Souvenirs oubliés"), il  publie De la nature des choses. De la belle ouvrage.
Sa bio sur wikipedia est ici. Egalement un très belle interview là. Et enfin le site d'un adepte.

Si vous avez envie d'écouter, ci-dessous quelques vidéos.

Sudbury Valley School

Une école Sudbury ça ressemble à ça. Il y en a partout dans le monde (2 en Belgique, en Allemagne, au Japon, etc) mais pas encore en France. Si vous connaissez Summerhill en Angleterre, c"'est le même genre, ou le Lycée auto-géré de Paris.

vendredi 3 février 2012

Les chaussures italiennes




C’est le roman que j’ai aimé lire en 2011. Loin, (très loin) devant les autres.
Je n’ai pu en fin d’année passée écrire le billet que j’aurais aimé partager avec vous.
Aussi, je vous en livre les premières lignes.
En cliquant sur votre moteur de recherche, vous pourriez en savoir plus, mais cela serait dommage. Partir, dans ce roman d’Henning Mankell, ce n’est pas seulement pour les Baltiques mais pénétré page après page les thèmes qui font (où ne font pas) la vie d’un  être.
J’y ai personnellement retrouvé  les thèmes qui me sont chers dans ma démarche de résilience et si j’ajoute que l’écriture est à la fois simple et très belle, je vous aurais peut-être donné envie de lire Les chaussures italiennes

Je me sens toujours plus seul quand il fait froid.
Le froid de l'autre côté de la vitre me rappelle celui
qui émane de mon propre corps. Je suis assailli des
deux côtés. Mais je lutte, contre le froid et contre la
solitude. C'est pourquoi je creuse un trou dans la glace
chaque matin. Si quelqu’un, posté sur les eaux gelées
avec des jumelles, me voyait faire, il me prendrait pour
un fou. Il croirait que je prépare ma mort. Un homme
nu dans le froid glacial, une hache à la main, en train
de creuser un trou ?!
Au fond je l'espère peut être, ce quelqu'un, ombre
noire dans l'immensité blanche qui me verra un jour et
se demandera s'il ne faut pas intervenir avant qu'il ne
soit trop tard. Pour ce qui est de me sauver, en tout cas,
c'est inutile. Je n'ai pas de projet de suicide.

Henning Mankell, Les chaussures italiennes. En poche dans la collection POINTS.


Ce cher modèle allemand

Ça cause pas mal du modèle allemand, ces temps-ci du côté de notre douce France.
C'est à qui nous expliquera comme c'est génial ce pays en phase avec l'arsenal du parfait candidat à la présidentielle.
Je veux dire celles et ceux qui causent règles d'or, rigueur, économie, déficits, tout ça.
Revers de la médaille ?
Il est peut-être à découvrir en lisant ceci :
L'industrieuse Allemagne menacée d'une épidémie de "burnout"?
On peut aussi bifurquer là, variation sur le même thème (la dépression, pas l'Allemagne) ?
"Et sur les indications du diable, on créa l'école.
L'enfant aime la nature : on le parqua dans les salles closes.
L'enfant aime bouger : on l'obligea à se tenir immobile.
Il aime manier des objets : on le mit en contact avec des idées (...)
Il voudrait raisonner : on le fit mémoriser.
Il voudrait s'enthousiasmer : on inventa les punitions"

Adolphe Ferrière, début du XXème siècle
Pédagogue

Le ruisseau

Ô que je m'en souviens, de ce petit ruisseau. Que je l'aimais, quelles que soient les saisons.
Comme on s'y glaçait les os, et les mains, et les pieds, à mesure qu'on s'acharnait à le faire chemin, où a en détourner le cours, avec de frêles constructions de bois, quelques branches, un peu de mousse, quelques cailloux.
Ô oui, comme il faisait froid les pieds dans l'eau, et que nous cheminions, aventuriers arrachant tant bien que mal feuillages et ronces, à l'abri des poissons et des limaces, nous écorchant la peau, gouttes de sang qui suintaient et que nous ramenions trophées.
C'était derrière le champ qui était de l'autre côté de la route qui était devant la maison.
Nous n'avions pas encore toutes ces années derrière nous, pas encore ces cicatrices à venir.
Un dimanche après-midi suffisait, c'était tout l'univers, qu'il fasse soleil d'été ou ciel bas d'automne.
Les champs riaient. Ils étaient remplis de rigoles dans lesquelles parfois nos chevilles vrillaient au détour d'un match de foot qui n'avait de foot que le ballon, tant il fallait dompter les éléments, herbes folles, boues tactiles, poteaux carrés et pieds hésitants.
La terre était rouge quand elle n'était pas boue. Il y avait de la mousse le long des arbres.

Source d'inspiration

 

lundi 30 janvier 2012

Le 21 avril... 10 ans... et vous ?

Finalement, j'aime bien ce genre d'articles en ce qu'ils participent d'une sorte de machine à " faire peur". Eventuellement.
http://www.telos-eu.com/fr/article/les-fantomes-du-21-avril-2002
J'aime les lire. J'aime me dire qu'on n'est pas loin du vote utile, tout ça.
Personnellement, je ne crains pas un nouveau 21 avril. Ne serait-ce que parce que... 10 ans se sont passés. Et pas plus hier qu'aujourd'hui, je ne me sens en trouille.
Il y a dix ans, il faut dire, je n'avais pas voté Chirac. Pas voté FN non plus.
De miennes connaissances flippent à cette idée de revivre ça.
Vous aussi ?
Que se passerait-il, d'ailleurs ?

Vu sur le net / 10 raisons de ne pas commenter un blog

Ce qui est certain, c’est que pour commenter, il faut de bonnes raisons. Et il y a aussi des raisons qui explique qu’on ne commente pas votre blog. En voici quelques unes:
A lire sur le blog de Eric Mainville.
10 raisons de ne pas commenter un blog.

Du même auteur, sur le même blog, également une définition de ce qu'est un blogueur. C'est-à-dire, je cite :
  • Un être libre. Il le clame. Tellement libre qu’il en devient agaçant. Influent, influençable, mais pas manipulable. Trop lucide, trop conscient des jeux de pouvoir, d’action et de réaction qui animent la blogosphère. 
  • Un être inutile. Ça, c’est moins drôle. Le blogueur le découvre, un jour où l’autre. Il ne sert à rien, ne pèse rien, n’a aucune utilité. Et souvent, il a envie d’être utile, quitte à perdre sa liberté…

dimanche 29 janvier 2012

Le marché du dimanche

Sur le carnet de liens de la semaine, de butinades en butineries, et parallèlement au show Hollande de jeudi, lequel à suivi le soit disant "off" présidentiel qui l'avait précédé etc (mais diantre jusque quand pollueront-ils ainsi le débat, ces "gouvernants" qui flippent en songeant davantage à leur bout de gras qu'autre chose), ci-dessous quelques  adresses,  phrases, réflexions and co. Faites votre marché !
N'hésitez pas à proposer votre moisson, bien sûr :-)


Avec pour commencer, le rayon antiquité. Relevé ceci :
C’est une chose courante, en notre siècle et nos pays, que d’entendre des gens déclarer : « Moi, je ne fais pas de politique… je ne m’intéresse pas à la politique… je me tiens en dehors de la politique… », comme s’ils se décernaient un brevet de sagesse ou d’honorabilité en refusant de participer aux affaires publiques. À Athènes, celui qui, dans une guerre civile, n’avait pas pris les armes avec un des partis était privé de ses droits civiques ; il perdait sa qualité de citoyen. Celle loi avait été formulée par Solon, pour éviter que, dans les conflits qui, souvent, divisaient l’État, « certains citoyens, par indifférence, ne s’en remissent au hasard des événements.
C'est de Maurice Druon  et c'est extrait du bouquin Le pouvoir, paru en 1964)


Un avis du Spiegel sur la presse écrite française
Etrange pays au sein duquel tout ce qui n’est pas imaginé, écrit et publié à Paris ne semble avoir aucune signification réelle. Un pays dont la capitale est tellement puissante et moniprésente que des journaux comme Nice Matin, Ouest France ou La Voix du Nord renoncent à traiter des nouvelles nationales et se bornent volontairement aux infos régionales et à l’insignifiant plutôt que de profiter de la distance qui les sépare de Paris pour jeter un regard critique et clair sur ce qui s’y décide.” 
(lien : Les influences : des idées et des hommes)


Une jolie phrase, sur l'artisanat
L’artisanat est à lui tout seul un monde d’écriture. Les menuisiers, les maçons, les plombiers passent leur temps à tracer des repères, inscrire le résultat de leurs calculs sur les murs, dans le bois, marquer les pièces qu’ils fabriquent pour en retrouver l’ordre lorsqu’ils les assemblent. “int”, “ext”, “droite”, “bas”… Généralement, une fois le produit de leur activité terminé, nous n’avons pas accès à cette littérature. Nous n’imaginons pas que les espaces que nous traversons, les bâtiments où nous habitons, leurs canalisations, nos meubles, les jouets de nos enfants, sont partiellement faits de cette matière scripturale.” (lire ici : Artisanat | Scriptopolis)

Côté carnet de lecture, repéré  Je vais beaucoup mieux que mes copains morts, Viviane Chocas. Il est précisé ceci :  Les souvenirs, parfois anciens et douloureux refont surface, et Blanche veut utiliser ce matériau pour atteindre un objectif : « Les redresser, leur rendre la parole. Mais c’est sous ses pieds aujourd’hui que s’ouvre la trappe du verbe. Sous ses pauvres pieds. Pour enfin témoigner. 

A propos du net
Les chercheurs de Facebook, menés par Eytan Bakshy, ont publié une nouvelle étude s’intéressant à comment les gens recevaient et réagissaient à l’information dans le cadre du réseau social. Une étude qui nous invite à “Repenser la diversité de l’information dans les réseaux (voir le papier de recherche, intitulé, lui, plus modestement, “Le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information”). Tout savoir en cliquant ici
L'occasion de rappeler que Le Huffington Post et sa calligraphie bien française déboulent cheu nous. La patronne, Anne Sinclair (cliquer ici) en cause et dit ceci pendant que des initiatives parallèles se déclenchent et qu'un débat s'engage sur l'exploitation... des blogeurs (sous l'angle comment se faire de la thune en donnant mandat à des gens qui vont bosser gratos) : 
Nous serons un site de news à double vocation : livrer l’information “chaude”, celle qui tombe tous les jours, bonne ou mauvaise, heureuse ou malheureuse, réconfortante ou dérangeante, sérieuse ou plus légère. Nous le ferons avec ambition et modestie à la fois, en essayant de choisir un angle, un traitement pour rendre cette information la plus vivante possible, permettant la réaction, votre réaction à vous qui surferez sur Le Huffington Post. Ce sera le travail de notre rédaction composée de jeunes journalistes, rompus au métier de la presse et aux techniques du web, à la couverture de campagnes présidentielles, comme à la recherche de ce qui se dit sur les réseaux sociaux.

samedi 28 janvier 2012

Le temps des Nits

Aujourd'hui, aucune raison particulière à cela, grande journée The Nits.
Ce sera mon fond sonore de la journée. Je vous en propose quelques gouttes ici. Avec notamment ce morceau, compagnon de ma route depuis quelques années maintenant, l'un des premiers que j'ai découvert d'ailleurs (avec celui-ci).


Car c'est insupportable.
Ce groupe de musique, que je classerais pour ma part dans un genre pop-folk soyeux, assurément l'un des meilleurs du monde, l'un des plus durable aussi, n'a pas l'audience qu'il mérite.
Voilà une formation qui trace pourtant son sillon, évolue en permanence, se renouvelle toujours, et ce depuis de longues années.
Bonheur pour moi que de les compter parmi mes amis au fil des années, eux que j'avais découvert par hasard à la fin des années 1980, alors que je profitais de mes années étudiantes pour parfois m'installer durablement dans la cabine d'écoute d'un disquaire nancéien.
Ainsi qu'on peut le voir sur wikipédia (cliquez ici), le groupe est hollandais. Il chanter en anglais. Je me retrouve plutôt bien dans ce qui est décrit sur le site de l'encyclopédie :
" Leur style musical a beaucoup évolué durant leur carrière. D'abord très marqué par la vague New wave et l'influence des Beatles et des Kinks, le groupe s'est forgé au cours des années 1980 un style bien à lui, une pop tantôt drôle et entraînante, tantôt mélancolique, toujours mélodique avec des chansons de plus en plus construites. Parmi les morceaux qui ont attiré l'attention du public durant cette période, on peut citer Adieu Sweet Bahnhof, Nescio, Sketches of Spain et In the Dutch Mountains. Surtout connus pour leur sens aigu de la mélodie et la finesse de leur jeu, les Nits, malgré leur discrétion, ont séduit de nombreux mélomanes à travers une vingtaine d'albums en trois décennies" .
Au fait, Nits, ça se traduit par... poux.
Explication de Philippe Barbot, chroniqueur : Nits, en fait, ça veut dire « lente », ces petits trucs qu’on traque dans les chevelures enfantines, surtout dans le primaire. Quand ça s’attrape, il  est difficile de s’en débarrasser. Exactement comme les Nits : il suffit de les découvrir pour devenir accro.
Le site officiel est là.
Quelques articles dénichés sur le net : Télérama, blog des disques rayés (The Nits 1, 2, 3 et 4), Pourquoi il faut aimer les Nits,
Bon samedi !
Ci-dessous quelques vidéos de morceaux des Nits !

vendredi 27 janvier 2012

Présidentielle : nos idées pour la France !


Billet à plusieurs mains ? Je le souhaite. En tout cas, je vous le propose.
Je suis en train de préparer un programme pour l'élection présidentielle.
Du coup, je recherche, et trouve parfois, des idées simples.
Je vous propose de déposer vos idées ici. Je les compilerai dans une page France 2012 qui est installée dans la barre de menu sous le titre de ce blog.
Terra Philia pourra ainsi participer à sa manière au grand débat qui s'annonce.
En le tirant si possible par le haut.

jeudi 26 janvier 2012

Communication(s)

[Quelques extraits de la synthèse d'une étude récemment réalisée)
- Il n’est pas rare d’entendre que la France est « en retard » dans l’adoption des nouvelles technologies. Par rapport à la moyenne européenne, les Français sont, au contraire, plutôt en avance dans l’accès à Internet à domicile. Une étude réalisée en février 2011, conduite par la commission européenne dans le cadre de l’Eurobaromètre, indique que la France, avec 69% des foyers équipés à domicile d’une connexion Internet, se classe au septième rang au palmarès des pays où les ménages sont les mieux équipés.
- 41% des internautes déclarent avoir du mal à se passer d’Internet plus de trois jours ; 25% pourraient s’en passer plus d’un mois sans que cela leur manque. 46% des personnes équipées d’un ordinateur portable l’emportent en vacances ; 25% le font occasionnellement et 21% systématiquement. Parmi les services jugés les plus indispensables, le courriel arrive largement en tête, suivi de la possibilité de consulter les sites d’information ou d’actualités et la connexion avec les réseaux sociaux.
- Aujourd’hui, le principal frein à l’utilisation d’internet est le manque de protection des données individuelles (34%), cité devant la complexité de l’outil (13%) et son coût (13%). Pour autant, parfaitement conscients de l’importance d’Internet dans leur vie de tous les jours, les trois quarts des individus estiment que les personnes qui disposent de très faibles revenus devraient pouvoir bénéficier d’un tarif social moins cher pour pouvoir se connecter à Internet à domicile.
- 28% des individus déclarent avoir vendu un produit ou un service par Internet au cours des douze derniers mois. Non seulement Internet est devenu un moyen courant de réaliser ses achats (48% de la population l’ont fait en 2011), mais il permet également à environ 15 millions de consommateurs de passer de l’autre côté de la relation marchande.
- En même temps que les usages du téléphone mobile se diversifient, la pratique consistant à envoyer des SMS s’intensifie. Pour être plus précis, elle ne semble plus s’étendre à de nouvelles catégories de la population (depuis trois ans, en effet, la proportion de possesseurs d’un téléphone mobile qui envoient des SMS se stabilise autour de 70-75%), mais le nombre d’envois de messages textuels continue de progresser : en 2011, les abonnés déclarent en envoyer 75 en moyenne par semaine, contre 57 en 2010. Cela correspond à environ 10 SMS par jour en moyenne, un nombre qui pourrait paraître élevé à ceux qui se contentent d’en envoyer une poignée par semaine, mais qui s’explique en grande partie par les pratiques des plus jeunes. Ces
dernières années, ceux-ci ont en effet pris l’habitude d’élargir le cercle de leurs destinataires : un même message est ainsi envoyé à plusieurs personnes en même temps, à l’instar de ce qui se fait par courriel, dans les forums de discussion, les réseaux sociaux ou par messagerie instantanée.

Télécharger le rapport
www.arcep.fr/fileadmin/uploads/tx_gspublication/rapport-credoc-diffusion-tic-2011.pdf

Vu sur le net / C'est qui les classes moyennes ?

Les classes moyennes occupent le débat public. Mais de qui parle-t-on exactement ? Le concept est plus que flou. Quelques éléments pour tenter d’y voir plus clair.
Les classes moyennes se situent entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés. Elles représentent 50 % de la population.

Qui sont les classes moyennes ?
En savoir plus : lire l'article Observatoire des inégalités
Par Valérie Schneider et Louis Maurin de l’ Observatoire des inégalités.

lundi 23 janvier 2012

Vu sur le net / Facebook, c’est quoi ?

logo Facebook


Le 19 janvier 2012, le portail des Éditions Milan 1jour1actu (Les clés de l’actualité) destiné aux enfants et aux adolescents a consacré un dossier au réseau social Facebook : C’est quoi, Facebook ? Derrière cette interrogation, le fait d’expliciter la raison d’être de ce réseau social, son histoire, son utilité et ses risques avec un article de fond et un quiz.

Lire ici : Facebook, c’est quoi ? (dossier)


dimanche 22 janvier 2012

D'un dimanche à l'autre

Dimanche, j'ai pu boucler la lecture de j'ai débranché. Je conseille.
Ce bouquin, écrit par Thierry Crouzet, raconte l'expérience d'un accro aux réseaux sociaux, échanges sur le net, and co. Il décroche d'un coup et observe. J'ai accroché. C'est bien écrit. L'auteur livre ses réflexions sur cette ère nouvelle qui est la nôtre. Et rappelle à quel point on n'a pas de repères dans tout ça. A quel point nous sommes des pionniers. Je partage.
Comme un écho, noté cette phrase de Cécile Portier :  Disons qu’écrire Internet, j’aimerais que ça signifie, écrire dans un espace public. Un espace ou se réunir, sans avoir a montrer patte blanche sur qui on est et ce qu’on veut. Pas de transparence. Un espace ou les individus soudain se rapprochent, se reconnaissent comme personnes. Pas de distance. Ou cette proximité neuve n’est pas aussitôt dévoyée en décryptage, ciblage, vente. Pas d’atteinte. Dit comme cela, peut être qu’on voit mieux que c’est aussi une question politique.

Côté musique, écouté avec plaisir une chanson de Zaz et noté que l'heure de la consécration venait lentement mais sûrement du côté de Hubert-Félix Thiéfaine.
J'ai repensé à l'une de ses vieilles chansons, Psychanalyse du singe, dans laquelle il dit par exemple ceci : Émerveillé par l'art pour l'art / Comme une poule devant un mégot / J'étais déjà un petit barbare / Qui chantait pour sa libido / Et franchement c'est beaucoup plus tard / Que j'appris à être cabot.
Egalement cela : Pour être chanteur populaire / Faut avoir l'esprit de mission / La position du missionnaire / Ça manque pas d'imagination / Et je me jette sous les projos / Avec mon sourire engagé / En me disant: vas-y coco / T'as la meilleure place pour tomber.
Et enfin : Le jour de ma naissance / un éléphant / est mort / Et depuis ce jour-là je le porte à mon cou / Je me fais un peu prétentiard / Mais c'est la règle des gogos / À trop squatter les lupanars / On prend l'affreux rire de l'idiot / Alors je me montre et me marre / En agitant tous mes grelots / Je ne chante pas pour passer le temps / Mais pour me rendre intéressant.

Côté bouffe, d'étranges retrouvailles. J'ai mangé du corned beef. Cela devait faire deux cent trente trois ans que je n'avais pas dégusté ce plat qu'enfant je mangeais parfois. Ce qui m'a épaté, c'est qu'enfant, j'aimais cela. Alors que cette semaine, pouah. L'horreur. Dégeu, ce truc. Mais ça m'a aussi rappelé mes années dans l'Ouest. Le fameux corned beef était en effet fabriqué là où j'habitais.

Côté boulot, j'ai eu la chance de partager un moment avec un auteur de bandes dessinées. C'était réjouissant.  

Lundi, j'ai appris que nous traversions un jour bleu. Le jour le plus déprimant de l'année, disent des scientifiques. Je n'ai pas spécialement trouvé. Pas plus, pas moins.
Dans la semaine, également, le rapport de l'INSEE sur la vie quotidienne des français m'a également intéressé. En particulier cette synthèse :  Les activités quotidiennes les plus appréciées sont celles qui relèvent du temps libre. Il est particulièrement agréable de se promener ou de pratiquer des activités culturelles artistiques, ludiques et sportives, un peu moins de surfer sur Internet ou de regarder la télévision. Dormir et partager un repas sont également très appréciés. En revanche, une activité contraignante comme étudier, travailler ou se soigner, est jugée moins agréable. Le contexte reste un élément déterminant du jugement : faire un trajet seul est désagréable, faire un trajet accompagné l’est beaucoup moins ; un temps ensoleillé éclaire notre journée.

Pour finir, citation cadeau. Elle est de l'écrivain Stanislas Wails. Il dit :
L’idée qu’il faut abandonner nos réflexes conservateurs, et accepter que la vie n’est rien d’autre qu’un perpétuel et merveilleux changement. Il me semble inutile et douloureux de regretter ce qui disparaît ou se transforme. Absurde de s’accrocher aux choses matérielles. Il faudrait arriver à se laisser aller au gré du courant, varier avec les éléments. S’en convaincre, l’apprendre à nos enfants. Ou nous ne serons jamais heureux.

PS : rien sur la présidentielle ? Non, rien. Si ce n'est que je lis régulièrement ceci et cela. Et j'aime.

samedi 21 janvier 2012

Train

Photo Francis Beurrier


Et alors, je suis monté dans le train.
Je suis retrouvé dans un compartiment, celui-là par exemple.
Je me suis enfoncé aussi loin que je le pouvais dans un siège qui ne s'avéra pas si confortable à l'usage mais perdu dans mes pensées, je mis du temps à m'en apercevoir. Cela n'avait aucune importance.
Les fourmis dans les jambes me faisaient changer de position très souvent, ce qui amusait Maud.
Je ne connaissais pas cette femme. Elle était venue s'installer en face de moi. Elle portait un imperméable beige, je la classai aussitôt en catégorie prof de fac, bibliothécaire, quelque chose comme cela.
Elle avait des lunettes, aussi. Et j'avais aimé son côté maladroit.
Elle s'était cognée en arrivant. Ce devait être une habitude, chez elle. Elle avait juste sourit, en me demandant si elle pouvait s'asseoir.
Sa présence me contrariait et ne me contrariait pas.
Elle lisait maintenant, jetait de temps à autres des coups d'oeils par la fenêtre, se frottait l'oreille, lorsque nous sortions d'un tunnel.
Je ne réalisais pas.
J'imaginais les flics tourner autour de la caravane, ouvrir le trou, l'un battrait la semelle dans le froid un portable pendu à son cou, d'autres seraient à genou dans la boue. Il y aurait les gyrophares, qu'ils laisseraient, qui se verraient loin, plein de gens se demanderaient ce qu'il se passait, des voitures ralentiraient en passant non loin, j'entendais presque les essuie-glaces,
Je n'osais penser à Caro, qui se retrouvait avec un chagrin imprévu, quel choc ça avait dû être pour elle.
J'étais loin de m'imaginer qu'ils avaient allumé des bougies. Caro avait voulu qu'il y en ait une pour ceci, une pour cela, et c'est sûrement Thierry qui l'avait aidée, et de bougies en bougies, ça avait dressé une drôle de lueur dans le village. Des voisins avaient peut-être déboulé.
Maud me sortait du noir.

Train

Photo Francis Beurrier


Et alors, je suis monté dans le train.
Je suis retrouvé dans un compartiment, celui-là par exemple.
Je me suis enfoncé aussi loin que je le pouvais dans un siège qui ne s'avéra pas si confortable à l'usage mais perdu dans mes pensées, je mis du temps à m'en apercevoir. Cela n'avait aucune importance.
Les fourmis dans les jambes me faisaient changer de position très souvent, ce qui amusait Maud.
Je ne connaissais pas cette femme. Elle était venue s'installer en face de moi. Elle portait un imperméable beige, je la classai aussitôt en catégorie prof de fac, bibliothécaire, quelque chose comme cela.
Elle avait des lunettes, aussi. Et j'avais aimé son côté maladroit.
Elle s'était cognée en arrivant. Ce devait être une habitude, chez elle. Elle avait juste sourit, en me demandant si elle pouvait s'asseoir.
Sa présence me contrariait et ne me contrariait pas.
Elle lisait maintenant, jetait de temps à autres des coups d'oeils par la fenêtre, se frottait l'oreille, lorsque nous sortions d'un tunnel.
Je ne réalisais pas.
J'imaginais les flics tourner autour de la caravane, ouvrir le trou, l'un battrait la semelle dans le froid un portable pendu à son cou, d'autres seraient à genou dans la boue. Il y aurait les gyrophares, qu'ils laisseraient, qui se verraient loin, plein de gens se demanderaient ce qu'il se passait, des voitures ralentiraient en passant non loin, j'entendais presque les essuie-glaces,
Je n'osais penser à Caro, qui se retrouvait avec un chagrin imprévu, quel choc ça avait dû être pour elle.
J'étais loin de m'imaginer qu'ils avaient allumé des bougies. Caro avait voulu qu'il y en ait une pour ceci, une pour cela, et c'est sûrement Thierry qui l'avait aidée, et de bougies en bougies, ça avait dressé une drôle de lueur dans le village. Des voisins avaient peut-être déboulé.
Maud me sortait du noir.

Vu sur le net / Réussir sa carrière et être une bonne mère sans culpabiliser

Les femmes se trouvent ainsi tiraillées entre leur travail qu'elles aiment ou dont elles ont besoin et leurs enfants qu'elles chérissent, elles oscillent entre l'image d'une femme indépendante et celle de la mama. Dès qu'un enfant rencontre une difficulté, la coupable est toute trouvée : la mère est fautive de travailler, ce qui l'empêche de concentrer toute son attention sur sa progéniture !
Jamais on ne se demande ce que fait le père, comme s'il n'avait là aucune responsabilité. Étonnant, non ? D'ailleurs, se pose-t-on la question : « Un père qui travaille est-il un bon père ? » Jamais. On considère que son rôle est de nourrir sa famille. Point. Le reste incombe à la mère.
Jamais ?

Test

Internet Stress Scale Test d'Orman dépendance internet web

Source : ici.

vendredi 20 janvier 2012

Vu sur le net / Quand les marques deviennent des acteurs politiques

Le politique a trop le monopole du débat politique. Les entreprises ne se réduisent pas à des équations marketing et financières. Les "marques-corporate", ont plus que jamais des responsabilités publiques et politiques en tant que parties prenantes totalement intégrées et co-responsables de nos enjeux de société. Alain Renaudin répond à Dominique Wolton.

V u sur le net / Une étude sur la réception des images sportives par les adolescents

Les auteurs ont interrogé 878 collégiens et lycéens (50 % de sexe masculin, 50 % de sexe féminin) de la région Provence Alpes Côte d’Azur au sujet des images sportives et du spectacle sportif. Les résultats montrent que les hommes sont majoritaires dans le panthéon des athlètes les plus appréciés, quel que soit le genre des individus interrogés mais pas pour les mêmes raisons. Les garçons les choisissent pour des raisons qui touchent essentiellement à l’action sportive ; les filles les choisissent pour des raisons plus esthétiques et individuelles.

Lire ici : Le spectacle sportif, l’héroïsation et la construction du genre.

jeudi 19 janvier 2012

Le (beau) travail d'une vie

Etre Fils de ou fille de, pour avancer dans la vie peut être un avantage ou un désavantage (cf Jean ou Marine). Mais j'e conviens, les exemples sont mauvais.
Les parents ont tendance à dire qu'ils sont fiers de leur progéniture mais on peut être fiers de nos parents ceux à qui l'on doit (normalement), ce que l'on est.
Dans mon cas, le mélange a été assez détonant… ceux qui me connaissent peuvent le certifier. Un mélange de chaud et froid, de doux et d'amer. Une espèce de concentration explosive…
M'enfin, là est un autre sujet.
je disais donc qu'il y a des jours où l'on peut être fier de ses parents, des jours où juste quelques mots nous rappellent qu'ils sont extraordinaires, et le terme n'est pas exagéré puisqu'il peut être scindé en 2 : "Extra ordinaire".
Lorsque j'entends les parents d'élèves taper sur les profs, je ne peux pas m'empêcher de penser à lui, cet instit qui durant plus de 40 ans s'est dévoué à ses élèves et avec une préférence pour les cas, ceux que les autres ne supportaient pas, ceux que l'on enfermait dans un coin, entre 2 bibliothèques, une année entière parce qu'ils étaient turbulents, perturbateurs, et sans la moindre envie de travailler, ceux qui arrivaient dans son bureau de Directeur pour un sérieux savon, un secouage par les oreilles, par les épaules, ou une gifle quand ils dépassaient les bornes (les quelles? les leurs? celles de l'instit? du Dirlo? des parents?) .
je le revois remonter à la maison après son travail administratif, dîner à la maison, puis redescendre dans sa classe jusqu'à point d'heure pour corriger les cahiers.

Le coup du Panda

Elle est sympa, cette histoire de Pandas loués pendant dix ans à des chinois par des propriétaires d'un zoo du Loir-et-Cher.
Ils ont de bonnes bouilles, Rondouillard et Joyeuse.
On peut tout savoir ici.
Assurément, nous tenons l'évènement culturel et zoologique de 2012.
Le grand ours chat est parmi nous ! Et il n'est plus seulement un logo.

Le panda Yuan Zi avale jusqu'à 40 kg de bambous par jour.

mercredi 18 janvier 2012

Vu sur le net / L'eau dans le monde

Alors qu’une partie de l’humanité, la plus pauvre évidemment, ne bénéfice pas du minimum d’eau acceptable pour vivre dignement, nous mesurons insuffisamment les risques d’une aggravation de la situation, d’un point de vue humanitaire, environnemental, ainsi que pour la paix et la stabilité du monde. Pourtant, l’eau est une ressource vitale qui « irrigue » nos sociétés, nos économies et notre planète. Les cours d’eau sont les artères de l’humanité, au même titre que les forêts en sont les poumons. Peu considèrent l’eau douce au titre des ressources qualifiables de patrimoine commun de l’humanité, même si la question est ouverte concernant les aquifères de grande profondeur et les glaces des pôles. En revanche, les notions de bien commun, bien public, patrimoine commun prolifèrent, à juste titre. Les tensions autour de l’accès à l’eau pour satisfaire les différents usages sont en forte expansion et comme le prochain Forum mondial de l’eau de Marseille en 2012 le rappelle, l’heure est aux solutions.

N° 4070 - Rapport d'information de M. Jean Glavany déposé en application de l'article 145 du règlement, par la commission des affaires étrangères, en conclusion des travaux d'une mission d'information sur la géopolitique de l'eau

mardi 17 janvier 2012

Dis-moi où tu es né... je te dirai où tu habites

Vu cette info, j'aurais pas pensé autant !

Sept personnes sur dix habitent dans la région où elles sont nées. C'est ce qu'indique le "bilan démographique" publié aujourd'hui par l'Insee. La proportion varie d'une région à l'autre. Sur dix personnes nées en Champagne-Ardenne, six y habitent aujourd'hui. Cette proportion est supérieure à huit sur dix en Alsace.
Les personnes qui ne vivent plus dans leur région de naissance sont principalement installées soit en Ile-de-France, soit dans les régions proches de leur lieu de naissance, par exemple en Lorraine pour les Alsaciens.
Les retraités vivent plus souvent dans leur région d'origine que le reste de la population, mais les différences entre régions sont encore plus marquées. Ainsi, un retraité sur deux né en Ile-de-France y vit toujours, contre plus de 80% des retraités nés dans le Midi ou en Rhône-Alpes. Contrairement aux idées reçues, les retraités qui ne vivent plus dans leur région de naissance n'ont pas tous choisi le sud: ils sont également nombreux dans les régions de l'ouest et le pourtour parisien.
Dans les années 1980, la population augmentait surtout autour des grandes villes. Depuis dix ans, la croissance de la population est plus homogène, mais il subsiste une "diagonale moins dynamique", qui va des Ardennes au nord de la région toulousaine en passant par le Massif central.

Autre chose, en lien avec ce rapport de l'INSEE.
Une page intéressante sur le site de l'institut de la statistique. Titre sympa au pays du chiffre roi : les moments agréables de la vie quotidienne.

lundi 16 janvier 2012

Fragrance (4)

Le début de l'histoire est là.
Le second épisode est ici.
Le troisième est là.



Daniel s’était donné la mort. J’avais longtemps médité ces quelques mots. Pouvait-on se donner la mort ? Qu’est-ce qu’on se donnait alors ?
Lorsque j'avais appris la nouvelle, j'avais à la fois été atterré et à la fois je n'étais pas tombé des nues.
Caroline m’avait raconté le terrible hurlement de sa fille à l'annonce, le regard de l'adulte qui ne parvenait pas à oser affronter celui de l'enfant, le gémissement qui avait suivi, le râle plutôt, qui avait duré plusieurs éternités avant qu’elle ne s’effondre. Qu'elles ne s'enlacent. Les mots ne servaient plus à rien.
Elle avait pleuré, pleuré encore, hurlé aussi, retrouvé un vieux dessin dont elle faisait désormais talisman, et puis dés le lendemain matin, elle avait arrêté. Net. Comme transformée en granit.
Plus personne n’avait réellement réussi à l’approcher, je veux dire, à entrer en communication avec elle et son dessin. Un dessin d’enfant avec un soleil en haut à doite, quatre silhouettes, un arbre, une maison, une fenêtre éclairée, ma chambre, elle disait.
Je faisais confiance à cette lueur en me demandant comment j’allais réussir à entrer dans son dessin, pour la rejoindre dans sa chambre, et ensuite, la ramener sur le perron. Ne doutant pas d’y parvenir.  Melissa gérait son affaire. A l’école, elle avait gardé ses copines. Ses résultats restaient bons. Elle avait tout compris du minimum vital. Elle avait juste construit une forteresse entre elle et le reste du monde dés le premier jour de sa nouvelle vie, ressemblant déjà en cela à sa mère. Qui s’agaçait mais devait s’y retrouver quand même.
La gamine ne disait rien quand des hirsutes trébuchant dans des cadavres de bouteilles quittaient le lit de sa mère un sourire épais aux lèvres ou quand vers midi, elle se préparait une assiette de pâtes le temps que les cachets absorbés par Caroline n’estompent leur effet et lui permettent d’aller retrouver le chemin de son travail, qui avait appelé à quelques reprises déjà.
Je savais que, dûssais-je y laisser ma peau, c’était à moi de trouver l’interrupteur pour raviver cette petite fille dont je caressais les cheveux avec la fierté immense d’être quasiment le seul qu’elle autorisait à le faire. Les filles morflaient depuis un paquet d’années maintenant. Comme si le destin s’était mélangé les pinceaux, décochant ses flèches, sans interruption. Nous n’en revenions pas.
 Jamais on aurait pensé que la vie puisse un jour se transformer en averses à répétitions, et que ça déluge encore et encore, jamais nous n’aurions pensé que pendant si longtemps, des galères, des souffrances puissent enfanter d’autres galères, d’autres souffrances. Caro ne se plaignait pas. Elle encaissait. Je me demandais ce qu’elle avait pu faire pour déclencher à ce point les événements. C’était il y a quelques années. Elle évoquait avec joie, fierté même, son retour dans la capitale, comme nous l’appelions. Au téléphone, sa voix chantait. Dans ses mails, les points d’exclamation fleurissaient de partout. Elle revenait par la grande porte. Elle se faisait fort de réussir là ou tant d’autres avaient échoué. Je vais prendre le temps, elle disait. Vous allez voir.  Vous le savez bien. Rien n’est impossible, jamais. C’était aboutissement pour elle, fruit de patientes semailles, riposte efficace à la sentence paternelle qui avait décrété que cette fille ne serait décidément bonne à rien. Le moment croyait-elle était venu de récolter mais les nœuds s’étaient accumulés. Comme si c’était ça le signal. Ce retour. Elle avait lâché un jour que finalement, son père avait raison. Qu’elle n’était bonne à rien.  Des maladies s’étaient déclarées.  Il y avait eu son divorce, une vie ensuite entre deux lieux, les gardes alternées, le cancer de sa mère, la mort de chagrin de son père, l’accident de son frère. L’Australie me protégeait, croyais-je. J’étais juste revenu quelques jours pour son divorce. Je m’en souvenais bien. Avec Manu, nous nous étions crus malins, spirituels même, fiers de nous sur le coup, de lui offrir une nuit d’enterrement de sa vie de femme mariée. Après tout, nous avions été les témoins à son mariage, on avait voulu non retrouver de la magie, ni même lui faire croire quoi que ce soit, encore moins lui faire croire que c’était une fête, un divorce. Nous nous étions juste trouvés positifs, on avait organisé cette soirée, cette tournée des bars sans queue ni tête pour lui changer les idées, marquer le coup. C’était notre amitié que nous voulions célébrer. On lui témoignait notre présence indéfectible. On la choisissait. Tant pis pour Daniel. Après tout, c’est lui qui était tombé raide dingue amoureux d’une plus jeune. Lui qui foutait le bordel.  Marie avait douze ans, Melissa cinq ans. Caroline avait beaucoup pleuré cette nuit-là. Et nous serré les poings. Mélange de rage et d’impuissance.

Ecrire internet

[source : remue.net : Écrire s'adresse]

Disons qu’écrire Internet, j’aimerais que ça signifie, écrire dans un espace public. Un espace ou se réunir, sans avoir a montrer patte blanche sur qui on est et ce qu’on veut. Pas de transparence. Un espace ou les individus soudain se rapprochent, se reconnaissent comme personnes. Pas de distance. Ou cette proximité neuve n’est pas aussitôt dévoyée en décryptage, ciblage, vente. Pas d’atteinte. Dit comme cela, peut être qu’on voit mieux que c’est aussi une question politique. Et que cette question, c’est : ce que l’écriture change à internet. Cécile Portier - 19 janvier 2011

Vu sur le net / Aujourd'hui c'est Blue Monday

[source : Quoi info]

Un psychologue, sur le site du quotidien anglais The Guardian, explique pourquoi le troisième lundi du mois de janvier n'est pas, contrairement à ce que plusieurs médias déclarent chaque année, le jour le plus déprimant de l'année.
Il aurait été prouvé statistiquement que le troisième lundi du mois serait LE jour le plus déprimant de l'année. Il est même surnommé "Blue Monday" en Angleterre.
En réalité, comme l'explique Dean Burnett, ce résultat a été calculé selon une équation grotesque, à base de variables arbitraires tels que la "dette", la "motivation", le "temps" ou encore le "besoin de s'activer"...
Or, la dépression clinique se constate en raison de facteurs bien plus complexes. Et il est très peu probable qu'une population entière souffre de déprime le même jour de l'année. Qui plus est, cette équation a été conçue pour une agence de voyage. Son inventeur a lui-même reconnu qu'elle n'avait aucun sens !
Selon Dean Burnett, c'est plutôt le fait de faire croire aux gens que cette équation est scientifique, qui finit par les convaincre que ce lundi est vraiment déprimant.

dimanche 15 janvier 2012

Dans la file


Bruno était sorti de la voiture et s'était approché de la rivière.
Il grimpa sur quelques rochers. Fit quelques sauts de puce. Arriva à bon port. S'allongea. Au bord de l'eau, il tendit le bras et fut saisi par le froid. Trembla.
Il revint vers la voiture où je l'avais attendu, un peu en surplomb, l'oeil dans le vague. Je n'avais toujours pas réussi à arrêter de fumer.
Tout de go, il me lança ce qui le taraudait.
Tu sais, ce que je crois, c'est que si on ne fait pas plus attention, ils vont finir par tous nous faire nous opposer les uns aux autres. Et on sera comme des cons, chacun dans nos vies, à vivre les uns à côté des autres, à ne plus savoir comment vivre les uns avec les autres.
Il ajouta, pendant que je ne disais rien : le problème, ce n'est pas ce ils, comprend moi bien. Je cherche pas des coupables. Ni des responsables. On l'est tous, plus ou moins. Et l'un et l'autre. Non, le problème, il est dans cette individualisation dont on ne se rend même plus compte. A laquelle finalement on ne propose aucune alternative. Et crois-moi, je sais de quoi je parle !
Je souris. Je savais, c'est sûr. Ca m'avait d'ailleurs toujours agacé ou peiné, cette propension qu'il avait, à un moment donné, à se faire les choses seul. Pour lui. J'appréciais son retour de flamme. Il m'avait dit quelques jours plus tôt que c'était comme s'il revenait d'un long voyage. Le mien fut immobile.
Nous évoquions le maintenant et le demain avec envie.
Nous nous étions offerts quinze jours de vacances rien que lui et moi, c'était une retraite en réalité, et nous étions fermement décidés à la quitter en ayant compris quelque chose. Comme à chaque fois, le temps s'écoulait sans accrocs. Je nous trouvais en bon chemin.
Nous n'étions pas de ceux qui avaient besoin de s'affronter pour discuter. Au contraire. Et j'aimais nos nos échanges parce qu'ils se prolongeaient, s'élargissaient, se recentraient, se répondaient.
Nous avions toujours été très différents lui et moi et alors qu'il plongeait le bras dans l'eau, je me félicitais de cette étrange alchimie qui nous réunissait cette fois-là encore.
A une époque, on s'adonnait joyeusement à ces retraites. On partait quelque part, on créait plus ou moins, on était ensemble, surtout. Et puis les rythmes et les géographies de chacun avaient fait leur office. Nous avaient éloigné.
Les retraites étaient des projets que nous ne faisions plus, des promesses que nous ne tenions pas. Nous avions eu le bon goût de ne pas en rajouter.
Et puis c'était revenu. Et puis nous étions là, non loin des gorges du Verdon, non loin du gîte que nous avions loué. Nos dos vieillis et tassés aimaient moins le camping. A moins que nos esprits endormis appréciaient davantage le confort. Nous tentions de les réveiller.
Le soir, nous nous faisions un feu de cheminée bien que le printemps de cette année-là fut doux.
Il nous arrivait de nous taire longuement. Nous réservions la musique à nos temps en voiture. Car on passait du temps à rouler ça et là, au hasard, parfois par jeu, parfois en nous rendant précisément quelque part.
Là, il avait dit, on redescend et je vais toucher l'eau.
Nous y étions.
Je poursuivis l'échange. Je ne sais même pas si le problème c'est cette individualisation. Je me demande plutôt si ce n'est pas le fait que nous devons faire avec un tas de choses nouvelles, et que notre société ne sait pas y répondre. Elle ne se pose pas les questions. Alors de là à se poser les bonnes questions.
Il ajouta : nous sommes des pionniers, c'est ça ? C'est ça que tu penses ?
Je confirmai. Oui, il y a de cela. S'invente devant nous une nouvelle terre, on mesure mieux ce qui ne va pas, on commence à voir ce qui est aberrant, et devant nous, il y a une sorte de trou immense que personne n'avait auparavant le temps de voir. Ils avaient leurs croisades, leurs guerres. Ils construisaient, détruisaient, reconstruisaient. L'économie était basée là-dessus. Nous, avec le nucélaire, on a inventé la paix durable. Je crois que l'homme ne sait pas trop quoi en faire, de cette paix. Il a consommé. Maintenant, il se consume.
J'aimais ces formules, là-dessus, j'étais irrécupérable. Je fus gré à Bruno de ne pas m'accuser de simplisme. Il avait le front soucieux. Je savais que nos idées faisaient salade, que ça triturait, chez lui comme chez moi. Ce soir-là, nous mangeâmes une fondue. Trois fromages.
Le lendemain, il déclara que c'était pas con, mon truc. Qu'effectivement, à force de ne plus faire de guerre, les hommes se sont ennuyés. Alors ils ont comme laissé faire et le naturel reprend le dessus. Vois comme on reparle de religions. Vois comme les seigneurs taxent les vassaux. Vois comme la violence qui ne peut plus se montrer se cache et continue d'agir.
J'ajoutai : Et vois comme on ne voit plus rien tellement tout est plus visible... Je crois que chacun se débat avec tout ça, s'isole, finalement, parce que c'est aussi dans la nature humaine.  


Au bord de la rivière (5)


Episode 1 là.
Episode 2 ici.
Episode 3 ici.
Episode 4 là.



Elle l’avait croisé le lendemain de son arrivée. A la caféteria. Ce fut une décharge qui la cloua de part en part. Elle s’était organisée une vie à peine différente. Aucun homme n’était venu à sa rencontre. Et vice versa. Elle n’avait pas cherché.
Elle avait vendu le pavillon, elle n’avait jamais aimé les pavillons, surtout celui-là.
Elle fut agréablement surprise à la vente : l’acheteur lui demanda si c’était possible qu’elle lui cède également les meubles et l’équipement. Elle avait accepté. Même de lui vendre la voiture et d’autres bricoles. Elle fut assez surprise de garder si peu de choses. Quelques photos. Une bague. Ses disques. Un ordinateur. Elle ne sentait pas à faire table rase du passé. Elle trouvait plutôt que ce passé ne pesait pas bien lourd. Elle pensait parfois à Daniel. Mais sans plus. Elle se rendait par devoir sur sa tombe. Appréciant surtout le calme du lieu, surtout l'été suivant, il faisait bon, alors.
Elle avait repris son travail. S’était habituée à être la veuve.
Quelques mois plus tard, elle vit Eric à la cafétéria. Elle sentit que son nulle part venait de basculer et que peut-être même il allait l’emmener quelque part. Elle ne lâcha pas le morceau. Laissa cet homme bousculer ses pensées. Réveiller ses rêves. Ils s'étaient pourtant à peine parlé.
Malgré le rien qui accompagna pendant quelques temps leur aventure, connaissant son amie et son incroyable patience, Sandra venait de temps à autres aux nouvelles.
- On n’est pas non plus dans une course de vitesse, avait dit Audrey un jour.
- Oui mais quand même. Tu ne vas pas passer ta vie à attendre, transie, qu’il te dise quelque chose !
- Mais je n’attends pas, je n’attends rien, Sandra. Je ne suis pas comme toi, moi. Je sais que j’ai besoin de temps. Et je pense que lui aussi. Je m'accommode très bien de la situation, crois-moi. 
- Tu parles, tu ne sais même pas s’il t’a vue. Si ça se trouve, il n’a aucune idée du fait qu’une Audrey l’attend quelque part. Euh, je veux dire, est tout près de lui, là, sous ses yeux, tous les jours. Une Audrey qui a flashé sur lui et qui ne dit rien, parce que jamais elle ne dit les choses, elle attend que ça se passe.
Audrey ne s’offusquait jamais des envolées de Sandra. Elles étaient si différentes, elle s’était habituée. Elle n’en loupait pas une miette, même.
Sandra était de tous les coups, si l’on peut dire. Présente sur les réseaux sociaux, prompte une semaine sur deux à fréquenter les boites les plus sombres et à répondre aux invitations y compris les plus loufoques, charmeuse, et puis l’autre semaine, celle où avait ses enfants, métamorphosée en mère admirable et disponible, en mère éplorée, aussi, car alors, sa solitude lui déchirait les tympans.
Chaque jour devenait une gorgée dont elle s’emplissait et dont elle se vidait sitôt les enfants retournés chez leur père.
Même à cela Audrey s’était habitué. L’avait admis. Accepté. D’emblée. Une simple question de principe. Elle avait toujours eut cette capacité, ce don disaient ses parents, cette force ajoutait Sandra.
- Comment tu fais donc pour être comme ça ? lui demandait souvent son amie.
Ce jour-là, elles en parlèrent. Sandra s’était resservi un verre de Porto.
- Tu bois trop. Il n’est que 16 heures.
- Je n’aime pas le Porto, de toutes façons.
- Alors, tu me réponds ? Comment tu fais pour prendre les événements comme ça ? Tu es égale. On dirait que rien ne te choque. Que rien ne te surprend. Des fois, franchement, ça me fait peur. J’ai peur pour toi. 
- Mais non. Tu le sais comme moi. C’est pour toi, que tu as peur. Et on en a déjà parlé six mille fois. Je n’ai pas peur.
- Alors pourquoi il ne se passe rien avec ton Eric ?
- Ce n’est pas mon Eric. Et il se passe rien parce que pour le moment, il n’y a aucune raison que quelque chose se passe. Je suis bien, moi, avec cette sensation qui me fait penser à lui, qui me saisit quand je l’aperçois. Je m’endors avec le soir. Des fois, je me réveille avec elle. Je n’en demande pas plus.
Eric, de son côté, n’avait rien vu. Rien capté, disons.
Il l’avait aperçue à la cafeteria, il avait regardé sa nuque pendant qu’il attendait pour son café, aimant cette nuque, se disant on dirait qu'elle n'attend que moi et puis il s’en était retourné à ses occupations.
Dans ces grosses boites, on croise toujours beaucoup de gens et si l'on s'arrête quelques instants sur un nouveau visage, on reprend vite ses habitudes, comme de vieux chaussons.
Le lendemain, elle était passée dans le couloir, cherchant de quoi décorer son bureau. Il ne se rappelait plus tellement le son de sa voix mais se remit la nuque en tête. Sourit. Apprécia cette femme qui lui donnait un sourire. Elle s’était servie en affiches diverses et s’en était repartie. Par la suite, il l’avait aperçue quelques fois. Elle travaillait là elle aussi.

samedi 14 janvier 2012

Derrière l'écran, des blogueurs


Derrière l’écran, des blogueurs : Histoires imaginaires où il est permis de se reconnaître, un peu,  beaucoup ou pas du tout.
23 heures 32,  Olivier a déjà éteint son pc. Demain entrainement à la salle de sport et pas question de ne pas avoir son compte d’heure de sommeil. Mais il a du mal à trouver le sommeil, il repense à ce billet qu’il a  programmé à  00H02 ! C’est l’heure ou la terre entière pourra lire son dernier  texte,  un sujet qui fera sans doute polémique…Mais il y aura du commentaire, donc du partage c’est sûr et puis, enfin ! Le fameux débat va être relancé. 
Brigitte vient de finir le tour des blogs amis. Elle a déposé un mot plus long que les autres sur ce texte qui l’a particulièrement touché. Elle referme le dernier livre de Christian Bobin dont elle vient de mettre une citation en exergue en dessous de la photo prise le week-end dernier dans un grand champ avec au fond, une barrière bleue qui laisse deviner une maison, sans doute aux volets de la même couleur.
Line vient de s’apercevoir qu’elle a passé la soirée à trainer sur plein de blogs et qu’elle n’a pas envoyé le courriel qui référence les dernières aquarelles qu’elle doit exposer à la maison des arts.  Au lit ! L’écran allumé le lui rappellera demain, cela tombe bien, elle doit se lever tôt.
Frédéric est furieux, les trois commentaires qu’il avait déposé  ne sont pas passés ! Pas étonnant, il s’agit du même éditeur de blogues, « s’arrangent  pas ceux-là » !!!
Laurence a mal aux yeux, « faut éteindre ton pc ma vieille, tu n’a plus l’âge de passer 3 h sur l’écran après ta journée de boulot ». Mais ne se dit-elle pas çà tous les soirs ? Demain c’est sûr, elle va enfin appliquer ses résolutions du jour de l’an. Et merde, le frigo est vide et demain c’est dimanche.
Le sac à dos de Jeanine est posé au milieu de la pièce.
Dix jours de marche sur le GR 20 et  sept cartes mémoires qui attendent ! Bientôt, il y aura du chemin, des fleurs, du chamois, quelques chapelles et refuges sur « Les traces de ma vie ».
Décalage horaire et autre bout du monde réel, c’est l’heure de la pause et Sonia en profite pour basculer discrètement du fichier Excel vers le moteur de recherche pour taper les noms des cinq sites qu’elle ne raterait pour rien au monde là-bas sur le vieux continent. Un mot par-ci, un bisou virtuel par là et vite, vider l’historique avant le retour de cette pisseuse qui fume dans les chiots mais qui se fait mousser en caftant au patron !
Dans le car qui la ramène de la ville vers sa campagne, Lorie, l’œil rivé à sa tablette et l’oreille à son smartphone  se moque gentillement de son Papa qui vient de déposer  sur son blogue « Je jardine »  une série interminable de photos de sa dernière récolte, tomates et courgettes, baies de fruits rouges et autres salades vertes…
Vous pouvez écrire des suites si vous le voulez, voilà une page d’écriture qui (pour une fois) ne m’a demandé aucun effort. Tiens j’ai peut-être écrit comme un blogueur…Il est aussi permis de corriger les fautes éventuelles.

vendredi 13 janvier 2012

Vu sur le net / Comment lutter contre le gaspillage alimentaire ?

On estime qu'à l'échelle de la planète, un tiers des aliments produits pour la consommation humaine est perdu ou gaspillé. Selon la FAO, ces pertes concernent environ 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires par an. Il y a urgence !
Crises alimentaires, dilapidation des ressources (en eau, énergie, travail...), réchauffement climatique, etc., les conséquences de ce gâchis sont innombrables. Mais comment lutter ? A chaque stade de la chaîne alimentaire, des pertes et gaspillages sont constatés. Pour les réduire, il est nécessaire de commencer par bien connaître non seulement la répartition du gaspillage entre les différents acteurs de notre alimentation, mais aussi ses causes précises, qui varient grandement d'un acteur à l'autre. Face au manque de données dans ce domaine, le ministère de l'alimentation a donc réalisé une étude sur le gaspillage alimentaire en restauration collective et commerciale et dans la distribution, dont voici les principaux résultats.


Voir notre dossier spécial gaspillage alimentaire

Un vendredi 13



Paroles ici.

jeudi 12 janvier 2012

Des gens attendent

Des gens attendent. Ils ont pris place. Devant les magasins, dans les rues. Bravant le froid qui revient, ou le vent, prenant l'air. D'autres sont devant leur téléphone, ou devant leur ordinateur, chez eux.

Certains ont pris un congé pour ne pas rater ça.

Des gens attendent. Noël est tout juste derrière. Les soldes à peine devant. Beaucoup ne parlent que de ça. Oubliée quelques instants, la crise, la gravité, ceci, cela. On vit, aujourd'hui, monsieur. On vit un moment rare. 3 millions, ils ont dit. Pas un de plus.

Alors on se bouscule au portillon. L'évènement est là. Indubitablement. Il est là puisqu'ils en sont.

Des gens attendent. Le désir en bandoulière. L'espoir aux lèvres. Prêts à jouer des coudes. Prompts à lever les bras, au retour, s'ils ont réussi à l'avoir. Yes, disent les sourires. J'en suis. Je l'ai. C'est bon. C'est un grand jour, comme une année en réserve quelques uns.

Des gens attendent.D'autres n'attendent que ça.

De quoi s'agit-il ? D'un téléphone. Mobile. Moins cher.

Demain, c'est vendredi 13. Beaucoup joueront.

Des gens attendent.



Source de l'image ici.



Bénabar - Politiquement correct

Bon je suis une inconditionnelle de la première heure. Alors peut-être pas très objective...

J'ai adoré son sixième album. Les mélodies sont tour à tour dansantes et légères. Il conforte son style, fait de délicatesse, de poésie et d'humour. J'aime particulièrement son œil gentillement sociologique sur notre société.

Et puis, pour ne rien gâcher certaines chansons, je pense notamment à L'agneau et Quelle histoire, m'évoque clairement Renaud. Renaud qui est dans mon Panthéon aux côtés de Ferrat, Brassens et... Bénabar. C'est éclectique, inégal peut-être, mais c'est mon p'tiot Panthéon perso.

Et comme dans chaque album, il a placé 2 ou trois chansons que je suis in-ca-pable d'écouter sans pleurer.

samedi 7 janvier 2012

Clairière


Il m'a dit, Dans une forêt, tu sais c'est quoi que je préfère ?
Non, j'ai répondu.
Eh bien ce sont les clairières !
Puis il a ajouté :
J'adore les clairières. Ça me fait penser à une île ensoleillée au beau milieu d'un océan sombre. Soudain, ça semble rigoler là-dedans, l'herbe est là, le vert est plus aéré, on a envie de gambader, tu sais, comme la petite dernière dans La Petite Maison dans la Prairie, celle qui court et qui tombe dans l'herbe en éclatant de rire. On la sent moelleuse, cette herbe. Eh ben les clairières, ça me donne la même sensation. On s'y sent bien. On est à l'abri, aussi. Les grandes colonnes d'arbres dessinent des remparts. On a envie de se mettre les joues au soleil, d'écouter le vent dans les arbres, de comprendre leurs chuchotements. On a envie de regarder les fleurs et de sourire aux abeilles. Une biche pourrait passer là qu'on la laisserait faire ses bonds. On trouve ça magnifique dans une clairière. On s'arrête, en fait.
Il prit un air plus grave, suivant sa pensée : alors que la plupart du temps, on ne s'arrête pas. On passe à côté. On ne sait même plus que c'est là. On suit les phares de devant. La courbe des routes. Les plus jeunes, c'est pire : ils ne savent même pas que c'est là, que ça existe, que ça peut exister. Y montrent pas ça à la télé, sur les consoles de jeux. On sait pas ça dans les tours d'immeubles, on peut pas le savoir, c'est pas possible. Et nous, on est des cons. On leur offre des consoles à Noël. On ferait mieux de leur offrir des clairières. On leur dit qu'on veut pas leur acheter ceci, ou cela. On ferait mieux de les conduire dans ces endroits, de les laisser parler ces endroits, d'ailleurs, on fermerait nos gueules. Parce que dans les clairières, c'est comme au bord d'un lac, sur une plage, prêt d'une rivière. Tu sais ce qu'on fait ? Tu sais c'est quoi la première chose qu'on fait ?
Non.
On se tait. On regarde. On écoute. On se laisse imprégner. On prend ses marques. On ressent. 
De nos jours, ce sont les marques qui nous prennent. On ressent rien. On ne ressent plus. Et on est comme des cons avec nos ressentis qu'on ne sait plus nommer. 

jeudi 5 janvier 2012

dimanche 1 janvier 2012

Deux mots

Il m'a dit, alors, qu'est-ce qu'on te souhaite pour la nouvelle année et je lui ai répondu sans sourire ni grimacer que on ne me souhaitait rien, que c'était pas la peine, que on,  je connaissais pas, et n'en avait pas véritablement l'intention, en fait, pas uniquement d'ailleurs parce que on est un con, dit-on, mais aussi parce que on est comme un absence, un manque, un oublie, un effacement le cas échéant, en tout cas c'est l'idée que je m'en fais, et c'est logique chacun en conviendra, je n'attends donc aucun souhait du silence ou de son remplaçant, surtout pas même ai-je envie d'ajouter, par contre, si tu me dis ce que toi tu me souhaites, toi que je connais, même un peu, je prendrai bien sûr tes souhaits, en espérant qu'ils s'adresseront à moi, qu'ils ressembleront à quelque chose disons, et donc en espérant au fond qu'ils ne seront pas ceux que tu pourrais dire à tous ceux qui passent par là, lampadaires compris, à moins que plus sûrement, tu me demandes ce que moi je te souhaite, ce qui est envisageable car je sais tout l'intérêt que tu portes à ta personne, eh bien je te dirais que j'y ai beaucoup réfléchi ces jours-ci, et que de fil en aiguille, de guirlandes en boules dorées, j'ai fini par comprendre que deux mots se détachaient du lot, deux mots seulement me suffiront pour te souhaiter ce qu'à moi je souhaite, et ces deux mots, selon comme tu les prends, pourront être reliés par un tiret ou pas, c'est à toi de voir, à toi de choisir en tout cas je te le souhaite pour 2012. Etre Bien.

Je complète les écritures des deux billets précédents par une photo prise il y a quelques jours à Nantes.
A toutes celles et ceux qui déposent ici un instant de vie, aux visiteurs de ce blogue qui aiment la Terre et la Philia, mes voeux d'une belle  année d'amour, de vie et de sérénité. 


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