samedi 5 février 2011

Mon amour du foot

Cet article s'adresse à celles et ceux qui ne comprennent pas comment on peut aimer le foot.
Qui trouvent con qu'on puisse à ce point idolâtrer un truc qui fait qu'on court derrière un ballon et qu'on est en transe lorsque le cuir s'en va épouser les filets.
C'est assez simple pour ce qui me concerne, mesdames et messieurs.
Je vous demande juste un effort de mémoire.
Rappelez-vous vos plus tendres années. Esquissez un sourire à la première pensée qui vous vient. Esquissez même de la tendresse pour ces moments ou ce sourire. N'hésitez d'ailleurs pas à le partager dans les commentaires, dites-nous où il vous a conduit, ce sourire, où elle vous a mené, cette tendresse.
Moi, c'est le foot. Et je vais vous dire pourquoi.

C'est le foot parce que ce jeu était celui que je pratiquais tout le temps et n'importe où, de préférence n'importe quand et partout.
C'est le foot parce que mon corps était en mouvement, en liberté.
C'est le foot parce que lorsque je ne jouais pas, je rêvais aux parties futures.
C'est le foot parce que c'est le jeu où je pouvais exister par moi-même, où j'étais moi si vous préférez. Où je n'avais pas peur d'être vu, regardé, où la vie en 3D ne m'effrayait pas, bien au contraire, mordre dedans, comme on mord dans le ballon.
C'est le foot parce que ce jeu était le seul qui me permettait de vibrer à l'unisson avec mes frères, avec mon père, à certains moments avec des oncles, voire même des tantes, des adultes, en tout cas, et l'enfant que j'étais souffrait sans doute de cette cloison étanche que les adultes savent si bien mettre avec les enfants. Alors le foot gommait les frontières. Balayait cela. Permettait l'échange, le vrai. Une passe que l'on fait, un centre que l'on reçoit, c'était de l'amour, pour moi.
Le foot était harmonie, rire, jeu. Il faisait du bien. Il était fête. Il était bonheur.
C'est le foot parce que copains, personnalités qui s'essaient, qui s'expriment.
C'est le foot parce qu'espoirs, espoir d'en faire mon métier, espoir d'être bon, espoir d'exister.
Vous comprenez mieux, j'en suis sûr, comment et pourquoi on peut aimer le foot, pourquoi c'est blessant de le ramener à des histoires de QI de moule et de débiles qui cavalent connement sur un pré, derrière une baballe.
Le foot, pour moi, c'est la vie, tout simplement. La belle vie. La vie heureuse. La vie collective. C'est la compétition au sens noble du terme. C'est aussi la possibilité de s'exprimer dans un cadre. La possibilité d'être accepté comme on est.
Ma passion est restée intact parce que portée par tout cela.

2 commentaires:

  1. Je comprends. Mais...
    en ce qui me concerne j'ai ressenti tout cela, et d'autres choses, mais jusqu'à mes vingt ans environ. Aujourd'hui reste le plaisir de regarder un match (de bon niveau) à la télé et de suivre un classement de Ligue ; le tableau et les possibilités.
    Pour revenir à l'exercice même, j'ai respiré foot de dix à vingt ans. Je me prenais tous les matins un caillou devant chez moi et l'emmenais de coup de pied en coup de pied jusqu'au collège. Quand je ne trouvais personne pour jouer, je passais des heures contre un mur avec un ballon dur comme la pierre que j'avais bichonné à la graisse de phoque (je crois que s'appelait comme ça) comme les groles, trop dures, trop grandes d'abord, et trop petites plus tard.
    Je pourrais en écrire des pages de cette période... puis pfuut, échappé, envolé. (et j'en connais les raisons)

    Autre chose : Vu l'autre soir sur Arte un excellent film, dur, retournant, troublant, "Libero". Ce n'est pas le sujet principal du film, mais le petit garçon rêve de jouer au foot quand son père l'a inscrit à la natation. On sent la frustration énorme et ça finit par "...et pourquoi pas Libero ; c'est bien aussi Libero" (je crois qu'on dit défenseur central aujourd'hui)

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  2. Ce n'est pas foot, parce qu'avec mes pieds, je sais courir, sauter, marcher, danser ... et très maladroit pour conduire un ballon, viser une cible, jongler ...
    Puis j'aime avec les mains, les coups d'épaules, attraper, saisir, tirer, pousser ... tout mon corps s'exprime.
    J'ai découvert le rugby à seize ans, j'y ai joué de 18 à 40 ans.
    J'y ai souffert, mais éprouvé mes plus grandes joies.

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